Dans le cadre du festival liégeois ImagéSanté, Echo(e)s a particulièrement retenu notre attention. À travers une série de témoignages poignants, ce film plonge les spectateurs au cœur de violences gynécologiques et obstétricales vécues en France et en Belgique. Quatremille vous fait un compte rendu de cette œuvre bouleversante.
« Hé regardez, il y a une fille qui a ses clés dans ses cheveux » lance La Picoleuse au cours de la réception faisant suite à la remise des prix de cette 16ème édition du Festival Imagésanté. Ah, il est loin le temps où les tenues de soirée étaient obligatoires lors des réceptions mondaines. Maintenant, certains se permettent des excentricités aussi originales qu’incompréhensibles. Mais qui s’en plaindra ? Certainement pas Thierry Michel, qui a vu des choses autrement plus graves dans sa vie. Le réalisateur de L'Homme qui répare les femmes : La Colère d'Hippocrate était venu tout spécialement pour recevoir un prix pour son film et a eu droit à une véritable standing ovation pour l’ensemble de son œuvre.

En parlant d’œuvre engagée, un autre film a attiré notre attention : Echo(e)s. On y découvre des situations particulièrement dramatiques, comme la pose de prothèses mammaires non conformes aux normes médicales après un cancer ou la pression exercée sur certaines femmes pour avorter en raison d’un âge avancé et d’une tendance à l’obésité. Dans ce documentaire, la réalisatrice belge Chloé De Bon met en lumière ces expériences trop souvent minimisées, banalisées ou passées sous silence. Des violences aux répercussions physiques et psychologiques pourtant indéniables. Et quoi de plus puissant que la parole de celles qui les ont subies ?

Pendant 50 minutes, le public plonge dans l’intimité de huit victimes de violences gynécologiques et obstétricales. D’âges et d’horizons différents, elles partagent une même réalité : celle d’une souffrance infligée dans un cadre médical. Filmées dans un lieu abandonné, elles livrent chacune leur histoire. Au fil des témoignages, une vague d’émotions traverse le spectateur : colère, compassion, peur, et parfois même dégoût. Mais surtout, c’est le sentiment d’injustice qui domine. Comment accepter que ces violences restent impunies ? Comment supporter l’idée que ceux qui les ont commises continuent d’exercer en toute impunité, tandis que leurs patientes portent seules le poids de ces actes depuis des années ? Dans la salle, un silence absolu. Face à ces récits à la fois choquants et tristement ordinaires, on ne peut que se taire. C’est là toute la force du documentaire : il renverse le rapport de pouvoir en donnant la parole à celles dont la douleur a trop longtemps été invisibilisée. Un message fort, qui laisse espérer un changement nécessaire.