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Quatremille s’est rendu au Musée de la Boverie pour visiter l’exposition de Yan Conteau. Nous vous livrons la chronique d’Anaïse Lafontaine.

La Ville de Liège offre de nombreuses possibilités pour se faire connaître en tant qu’artiste. De précieux coups de pouces sont là pour aider les jeunes plasticiens à se lancer ou à se confronter aux regards du grand public et des professionnels.

Une première possibilité est de poser sa candidature aux Résidences Ateliers Vivegnis International (Ravi) pour obtenir pendant quelques mois un espace de création tout en bénéficiant d’une bourse et d’outils de diffusion. Une autre est de concourir au Prix de la Création qui offre chaque année à deux lauréats une jolie somme d’argent en plus d’une promesse d’exposition.

Par ailleurs, il est aussi possible d’être sélectionné pour exposer dans l’Espace Jeunes Artistes de La Boverie, comme l’ont fait en 2017 Sheila De La Cal Perez, DICK & VLE, Sandrine Morgante, ou encore Martin Chaumont. Fraîchement rénové, ce bâtiment emblématique dispose de deux salles prévues pour exposer les jeunes créateurs qui le désirent. C’est dans ce bâtiment que Yan Conteau, jeune artiste et illustrateur français qui a fait de Liège sa ville d’adoption, présente actuellement son travail. Je me suis rendue au vernissage de son exposition qui avait lieu le mercredi 4 octobre à 18h30.

En arrivant dans la pièce, j’ai tout de suite été submergée par une jolie abondance d’images. Le mur du fond est rempli de dessins, les autres murs arborent des plus grands formats, plus graphiques, avec un travail sur la ligne et la répétition. Certains grands formats intégrant des motifs de tapisseries sont mélangés à des dessins plus petits. Et, sur des socles blancs, sont disposés d’anciens téléphones fixes à cadran. Il y a beaucoup de contenu, mais l’accrochage est harmonieux. La simplicité se dégage malgré le foisonnement d’images. Là est l’idée justement exprimée par Yan lorsqu’il parle de son travail : « J’avais besoin de poser tout le fourmillement qu’il y avait dans ma tête, simplement, avec un bic noir sur du papier blanc. Tout ce que j’avais emmagasiné, il fallait que ça sorte. J’écris mes pensées avec des dessins ».

Cette simplicité cache une réelle réflexion sur l’être humain et la pensée. Le processus créatif est original et audacieux. Yan a en fait interviewé des gens sur leur quotidien de manière introspective. Après avoir récolté ces témoignages, il a dessiné, dessiné et dessiné, avec un traitement systématique, feuille papier machine, bic noir ou crayon. Son style graphique est un savant mélange entre réalisme et stylisation. Les lignes viennent parfois cacher des visages, des corps répétés s’entremêlent, une voiture est postée de manière centrale, des enfants jouent, une fusée est prête à décoller… Dans les combinés téléphoniques, on entend des gens se perdre dans leurs pensées et dans des questionnements philosophiques. On a l’impression d’être seul à seul avec cette voix un peu brouillée au bout du fil. En écoutant ces personnes me parler et en regardant les dessins de Yann en même temps, une profusion d’image personnelles arrivaient dans mon cerveau. Je me sentais immergée dans ces questions, qui m’en posaient d’autres, invisibles. Cette exposition est pour moi un vrai travail sur l’imagination et l’interprétation personnelle. Un joli échange de questionnements offert par un jeune homme qui se décrit comme « un artiste farfelu qui perd ses mots ».

Si vous souhaitez découvrir le travail de Yan, l’exposition est visible jusqu’au 30 novembre. L’artiste suivant est le peintre Jamel Barbach qui exposera du 7 décembre au 31 janvier (vernissage le 6 décembre à 18h30).

 

http://yconteau.blogspot.be/

http://www.laboverie.com/expos-evenements/espace-jeunes-artistes

 

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