VHS: VJING QUANTIQUE

Photographies © Lumin
Interview & Chroniques > Cécile Botton

 

 

 

 

 

Quatremille a rencontré VHS ! groupe de VJing. Nous vous livrons l’interview de Cécile Botton !

 

 

 

 

 

Quatremille : « Quelle est votre punchline (maxime / credo) ? »

VHS : « Vjing Quantique. »

 

Quatremille : « Pourquoi ce pseudo ? »

VHS : « En fait, on cherchait un nom en lien avec le matériel analogique que l’on peut utiliser. C’est ainsi qu’on a trouvé « Visuel Hors Service » ou « V-H-S ». Ça nous a plu d’emblée puisque notre visuel ressemble à des extraits de vieilles bandes magnétiques un peu abîmées, retrouvées au fond d’un grenier. C’est seulement après qu’on a remarqué que c’était le diminutif de Vincent, Harold et Simon. Et donc, ça tombait super bien ! »

 

Quatremille : « Comment définiriez-vous votre projet (influences/activités) ? »

VHS : « C’est un mélange de trois personnes donc le projet est influencé par les apports de chacun. On essaie juste de créer visuellement quelque chose qu’on n’a jamais vu. Nos influences découlent de la vidéo et de l’art plastique au sens très large, notamment le cinéma d’animation, la vidéo, les clips, les photos,… L’un apporte des images concrètes quand l’autre s’attaque à l’abstrait fabriqué par des machines modifiées. Tandis que le dernier propose un mix de ces deux approches.

Le « vjing » est également une inspiration même si on fonctionne à peu près à l’opposé de ce qu’il est aujourd’hui. Je le compare à un pianiste qui s’amuse à jouer au rythme de la musique. Chaque note est, pour lui, une vidéo et des accords peuvent combiner plusieurs d’entre elles en utilisant diverses manières de les fusionner. Nous, on reprend des vieilles machines afin de proposer autre chose. Du coup, le risque de ne pas savoir qui fait quoi à un moment donné est permanent, mais c’est justement cela qu’on aime ! Et en multipliant les sources d’images, nous sommes à l’abri de tout crash disque et autre. »

 

Quatremille : « Selon vous, quelles sont vos forces ? »

VHS : « Une envie de proposer des images jouées en live. On a vraiment la volonté de présenter quelque chose de graphique et vivant à la fois. On a envie de prendre la position d’un musicien avec un instrument qui génère de la vidéo, de montrer quelque chose par le mouvement.

C’est aussi la complémentarité, car pour ma part (Simon), je ne pourrais pas, comme Vincent, créer toutes les images que je propose en direct, sauf si je filme ce qui se passe dans l’environnement où l’on est… donc il y a de l’image créée en live et puis ma bibliothèque où je rassemble un maximum de nouvelles images sur lesquelles j’ai tous les droits, c’est-à-dire que je les ai créées de A à Z : filmées, composées, recomposées ou animées avec différents programmes. Ce sont toutes ces images que j’envoie à Vincent et à Harold pour qu’ils les interprètent.

Une autre force, je pense (Harold), c’est l’interaction… Par exemple, avec sa caméra, Simon filme les gens qui jouent sur scène ou le public. Il envoie cela chez Vincent qui les transforme, ajoute du contraste ou les intègre à d’autres visuels, ce qui va donner quelque chose d’assez spécial. Et c’est là aussi que j’interviens, je prends les images que Simon m’a envoyées et je les mixe avec ce que Vincent m’envoie… Ainsi, on obtient quelque chose de construit mais aussi de spontané. On ne fait jamais deux fois la même chose. C’est vraiment ça qu’il faut mettre en évidence, c’est ça notre force. »

 

Quatremille : « Vous nourrissez vos propositions de technologies modernes (numériques) et plus anciennes (rétroprojecteur, diapositives). Qu’est-ce que cela amène ? »

VHS : « On avait envie de créer un immense patchwork avec tout ce qui existe… Plus on avance, plus on glane de nouvelles machines qui envoient davantage de lumière et plus on éclate les murs ! Un autre intérêt, c’est d’être en contact avec notre médium. À l’opposé, quand on fait de la vidéo sur un ordinateur, dans 90% des cas, les contrôles sont très limités. Par contre avec plusieurs machines ou avec une machine qui a plusieurs contrôles physiques, on peut commencer à avoir une meilleure maîtrise de ce qui est en train de se passer. Par exemple, on peut tout simplement passer une vidéo « au noir »  pendant qu’une autre est accélérée. Ce sont deux comportements très différents qu’on ne pourrait pas faire aussi aisément sur ordinateur, même avec un contrôleur midi. Donc, ça c’est l’avantage de la vieille technologie, de l’analogique, des contrôleurs… Mais ce type de matériel coûte cher et est difficilement transportable. Alors, on a besoin de la puissance de l’ordinateur qui nous permet de fabriquer l’image en temps réel, de créer ce qu’on veut comme on le veut. Sans lui, on ne pourrait pas y arriver dans des conditions de live.

Et puis, graphiquement parlant, le mélange des deux technologies est intéressant. Par exemple, le fait de projeter une vieille diapositive avec une ligne impeccable qui la traverse de part en part ou bien faire de cette image fixe une image en mouvement. Il y a aussi le côté physique où toutes nos machines, pour projeter, sont à portée de main. En fait, on fait du mapping « do-it-yourself », si on veut que l’image aille un peu plus à gauche, on prend le projecteur et on le tourne un peu plus à gauche. Pour nous, l’ordinateur est un outil parmi tant d’autres. »

 

Quatremille : « Pourquoi travaillez-vous en direct lors des festivals ? Est-ce là que pourrait se poser la différence entre « dj’s » et groupes ? Comment vous situez-vous ? »

VHS : « On est un groupe car on vient tous avec des acquis différents, nos caractéristiques. C’est comme le guitariste, le bassiste et le batteur, qui sont vraiment trois musiciens différents. Nous, c’est pareil, on mène trois actions différentes pendant la soirée. On aime parfois changer d’instrument mais on a des postes précis. Simon gère tout ce qui est caméra et diapo, Vincent récupère son signal et le réinterprète avec des programmes qu’il a écrits et puis l’envoie à Harold qui mixe le tout. Voilà, on a tous des postes différents, c’est pour ça qu’on forme un groupe ; on pourrait dire qu’Harold est l’électromécanicien-créateur, Vincent le programmeur et Simon le peintre.  Dans les concerts, il y a des groupes de musiciens et des dj’s, du côté vidéo depuis un certain temps, il n’y avait plus que des vj’s et bien maintenant, il y a au moins un groupe de vidéociens. »

 

Quatremille : « Qu’est-ce que Liège a apporté à votre parcours (tremplin/freins) ? »

VHS : « Liège est la ville où on s’est rencontré, celle qui nous a nourris artistiquement… Elle a un beau dynamisme, est sans cesse en mouvement et du coup, il y a beaucoup d’artistes qui s’y produisent. C’est très inspirant… Liège est un grand vivier dans lequel on peut facilement devenir ami avec la personne qui jouait sur scène juste avant. Il y a forcément un frein, pour preuve ça fait du bien d’en sortir et d’aller jouer autre part, de bouger ! »

 

Quatremille : « Dans le futur, comment comptez-vous faire évoluer votre projet ? »

VHS : « On aimerait avoir davantage de dates, s’expatrier ou jouer dans des festivals dédiés aux nouveaux médias. En fait, notre projet est en constante évolution, on apporte sans cesse du nouveau matériel…

Depuis qu’on joue, notre installation n’a jamais été deux fois la même : un cadre différent, une nouvelle machine, un nouveau programme, de nouvelles images… On n’a pas des tempéraments qui aiment stagner donc on va donc rester dans cette dynamique.

C’est un projet sans fin et sans limite où on propose quelque chose de différent avec un côté « bricolé » qui nous ressemble et qui nous rassemble. On aimerait, par exemple, développer le côté vieux projecteur Super 8, le 35 mm.

Pour l’instant, on ne joue qu’avec des artistes que l’on ne connait pas. On aimerait également travailler avec un groupe en particulier avec lequel on serait en accord au niveau musical afin de le suivre en tournée, d’aller sur scène au même titre qu’un musicien et d’envoyer nos créations pendant qu’il joue. Cela nous permettrait d’aller vers des créations artistiques plus soutenues. »

 

Quatremille : « Quelles sont vos actualités à venir ? Et où peut-on les suivre ? »

VHS : « Là, on a déjà quelques dates qui arrivent dont Dour Festival, La Fessée au KulturA et le Sioux Festival au Théâtre de Liège. On peut nous suivre sur Tumblr, sur Vjbooking.com ou sur Facebook »

 

 

 

 

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