Liège, Opéra

UN TROUVÈRE COMME DÉCOUVERTE

UN TROUVÈRE COMME DÉCOUVERTE

Rédaction : Milan Amélie Nyssen

« C’est votre première fois à l’opéra ? On aime ou on déteste ! », souffle l’homme assis devant nous, pendant que j’explique le livret du Trouvère à ma filleule de quinze ans. Oui, peut-être que Carmen, dont tout un chacun reconnait un air ou l’autre, serait un meilleur opéra pour débuter une histoire d’amour avec cet art. Pourtant, ma filleule a accroché à la musique de Verdi et, en cela, l’ORW a rempli sa mission.

M. CASSI – Y. AUYANET © Opéra Royal de Wallonie-Liège

Parmi les raisons qui expliquent que cette jeune fille soit restée trois heures sur un petit fauteuil de velours sans bouger ni consulter son smartphone, la qualité du trio de tête et de l’orchestre. « Il n’y a vraiment pas de micro ? » Non, pas d’amplification sonore. Ce soir là, le trio Léonora (Yolanda Auyanet, soprano puissante et agile) Manrico (Fabio Sartori, ténor absolument fabuleux dans le registre aigu) – Il conto di Luna (Mario Cassi, baryton dont la voix solaire séduit une fois de plus) est très en forme. Leurs voix se mêlent à merveille et remplissent la salle, sans effort apparent.

V. URMANA – F. SARTORI © Opéra Royal de Wallonie-Liège

Si la scénographie – simple mais efficace, notamment dans ses jeux de lumière – offre de très beaux tableaux visuels, les choix de costumes et de maquillage désarçonnent quelque peu : Azucena (la mezzo, Violetta Urmana) semble plus jeune que son fils adoptif, Manrico. Or quelques cheveux grisonnants auraient suffi à remédier à ce problème. Si la mise en scène est linéaire et prend le livret au premier degré, on peine dès lors à suivre l’histoire et les relations entre les personnages.

Néanmoins, le tout fonctionne. Encore une fois, Liège offre ce que le public attend de lui : un spectacle traditionnel aux qualités visuelles et vocales indéniables. Soit une offre tout autre que celles proposées par Bruxelles ou Anvers. Une carte différente – réconfortante, diront certains – dans le paysage de l’opéra belge dont Liège aurait tort de ne pas profiter.

Y. AUYANET – F. SARTORI © Opéra Royal de Wallonie-Liège

Ma filleule, quant à elle, est repartie le sourire aux lèvres. Elle a trouvé la fin un peu longue, l’histoire assez compliquée et pas toujours logique (« Pourquoi le fils a-t-il l’air si vieux ? ») mais elle a aimé les scènes de chœurs dont la puissance est communicative, et la beauté majestueuse des décors. Et la magie du bâtiment n’est sans doute pas étrangère à son émerveillement. Gageons qu’elle reviendra.

 

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