UN P’TIT TOUR DU CÔTÉ DES LAURÉATS DU FRANC’OFF !

Rédaction : Cécile Botton / Photos : Christophe Dehousse & Elodie Leroy


Dimanche sur le coup de midi, la brasserie des Bobelines accueillait la dernière conférence de presse du festival. Moment choisi pour dévoiler le palmarès du Franc’Off. En tête du concours, nous retrouvons Mélanie Isaac suivie par Arty Leiso et Turquoise

© Christophe Dehousse

L’après midi, ces trois artistes ont eu la grande chance de fouler, pour une deuxième fois, une des scènes des Francofolies. Quatremille y a poussé le bout de son nez et est parti à la rencontre des deux premiers lauréats. Mais avant, faisons un petit saut du côté de chez Saule, co-président du jury.

« C’est Charles Gardier qui m’a contacté pour jouer et assurer la présidence du Jury du Franc’Off. Vu que je termine mon prochain album, je lui ai dit que je viendrais plutôt jouer l’année prochaine, mais que cette année, c’est avec grand plaisir que j’acceptais la présidence… ou plutôt la co-présidence avec Tim Dup, un artiste dont je suis fan ! » Chouchoutés et entourés par tous les membres du jury, les deux compères ont été conquis par cette édition présentant une grande diversité musicale. « Ça allait du hip-hop au reggae en passant par la new wave et j’ai pris beaucoup de plaisir ! » Pour ces jeunes pousses, c’est l’occasion d’échanger des conseils ou tout simplement d’être encouragés par des artistes expérimentés. Par ailleurs, le jury est composé d’une quinzaine de personnes issues de différents pays de la francophonie. On y retrouve, entre autres, des organisateurs de festivals, des ingénieurs du son… « Bref, une multitude de casquettes différentes qui offre un panel d’avis assez éparses, ce qui est très bien. En même temps, je ne considère pas vraiment le Franc’Off comme un concours, c’est plutôt un pied dans l’étrier pour toute une nouvelle génération d’artistes», précise-t-il. En effet, les trois lauréats ont la chance de revenir l’année prochaine. « Je suis content que tous ces groupes puissent profiter de ce spot qui leur est offert et ainsi continuer à se mettre des challenges, c’est important ! »

© Christophe Dehousse

Si Saule a eu un coup de cœur pour les trois premiers, il a également un faible pour Kaline. « J’ai personnellement trouvé dommage qu’il n’y ait rien pour ce groupe car les arrangements de Karim Baggili et l’univers proposé sont très intéressants. Je les ai d’ailleurs invités à se produire en première partie d’une des dates de ma prochaine  tournée » conclut l’artiste. 

Mélanie Isaac, une voix cristalline à cœur ouvert

© Christophe Dehousse

Habituellement accompagnée de ses musiciens, c’est juste avec sa guitare ou son piano que Mélanie s’est présentée au Franc’Off. « J’ai l’habitude de défendre mes chansons avec mon groupe et quand on s’est rendu compte que ça ne collait pas avec l’agenda, je me suis dit qu’il fallait quand même présenter quelque chose. Je n’avais pas joué en solo depuis très longtemps et donc je n’y croyais pas du tout, je me sentais trop fragile dans cette formule où je serais seule sur scène en plein milieu d’après-midi. » Un vrai défi, une prise de risque pour l’artiste… alors ce premier prix est d’autant plus mérité. « C’est vraiment une énorme surprise qui me donne un peu confiance et beaucoup d’émotions car je me rends compte que je peux être parfaitement autonome ! »    

© Elodie Leroy

Avec ce prix, elle participera aux franco-sessions l’an prochain. Une occasion d’être entourée de personnes compétentes pour travailler et ainsi progresser. Bosser, une chose que Mélanie affectionne tout particulièrement. Ce qu’elle a fait avec brio pour nous présenter ce set d’une grande qualité harmonique. « Au début, je détestais, je n’arrivais même pas à finir les chansons et je tremblais à chaque fois. Mon dieu, qu’est-ce que j’ai bossé sur la prod de ce set ! » Et pourtant, à force de persévérance, elle peaufine les sonorités de synthé et Jérôme Mardaga l’aide un peu pour le choix des sons de guitare. Elle choisit de retravailler ses morceaux de façon très simple. « Je n’avais pas envie de m’encombrer de bandes… Autant être seule et nue, et mettre la voix et la mélodie en avant. En termes d‘instrumentation, je voulais juste un support rythmique et harmonique. D’ailleurs, j’ai décidé d’axer le set sur la guitare car je ne voulais pas mettre un mur entre le public et moi, j’avais envie d’être debout face à lui. » Finalement, malgré un très grand stress, elle prend beaucoup de plaisir. « J’avais le sentiment de me réapproprier mes chansons en allant chercher dans leur cœur indépendamment de toute orchestration, d’avoir créé quelque chose qui me sied, qui me porte parfaitement. Et puis, je pouvais répéter tous les jours à la maison et donc au final, c’est quand même pas mal ! »  

© Christophe Dehousse

Après avoir intégré le dispositif Ça Balance en décembre dernier, Mélanie a la grande chance de participer à deux résidences. Une première portait sur l’écriture : «  J’y ai écrit les nouvelles chansons présentées aujourd’hui, c’était un moment très précieux… Je leur dis toujours que si on pouvait faire des résidences d’écriture tous les 3 mois, j’aurais trois disques par an… car c’est vraiment génial d’être entourée de gens qui donnent des retours pertinents, de voir les autres avancer… Ce sont des lieux emplis de synergies positives, ce qui est forcément très riche ! » Ensuite, la chanteuse s’est rendue aux ateliers du rock à Huy où elle a travaillé la mise en scène avec Jamil Bahri. « Sans Ça Balance, le concert n’aurait pas pu avoir lieu comme il a eu lieu aujourd’hui ! » lâche l’artiste. 

© Christophe Dehousse

Début aout, la chanteuse démarre la pré-production d’un nouvel album, une ambition, une envie de rassembler une histoire autour de 10 chansons tout en étant accompagnée de ses musiciens. « J’ai l’architecture des chansons, les textes et les mélodies… mais je sais aussi comment je suis, j’aime faire, défaire et refaire les choses, les tester, les laisser en suspens… en tout cas, je vais procéder un peu comme pour l’EP mais de façon plus efficace… j’ai envie d’aller droit au but avec ce que j’aime… donc pas trop de guitare et pas trop de piano » conclut Mélanie dans un éclat de rire. 

Son rêve, pouvoir consacrer tout son temps à la musique. Si vous avez envie d’en savoir plus, n’hésitez pas à lire l’interview que nous lui avons consacrée en décembre dernier.


Arty Leiso, un débutant au charisme solaire

Arty comme Arthur, l’initiateur du projet et Leiso comme soleil en verlan. « Je trouvais ça très joli, en harmonie avec l’ambiance solaire et les énergies positives que l’on veut envoyer durant les concerts », explique Arthur. Le show proposé par le duo répand une légèreté et une joie de vivre auxquelles le public n’a pu résister.

© Christophe Dehousse

« Arthur a composé textes et musique, puis il m’a demandé de me greffer au projet pour créer la mise en scène. Les gens ont l’air d’apprécier notre duo que ce soit au niveau vocal, scénographique ou pour ce qu’on dégage à deux… c’est un immense plaisir d’avoir rejoint Arthur ! » poursuit  Micky Gin, comédien. « Un plaisir partagé ! » lâche Arthur qui continue sur sa lancée : « C’est incroyable, cette deuxième place ! Aujourd’hui, c’était notre sixième concert, on vient juste de lancer le projet et c’est énormément de boulot en amont. »  Et Micky Gin d’enchaîner : « Surtout dans un festival que je trouve incroyable car les gens sont hyper gentils, accueillants et plein d’amour ! » 

© Christophe Dehousse

Une chose est sûre, il est difficile de déterminer leur style et même les deux protagonistes s’y emmêlent les pinceaux. « Ça oscille entre du rap, de la pop… c’est de la pape ! (rire) En fait, c’est un vrai mélange car il y a du reggae, un peu d’électro à certains moments, du rap pur, parfois de l’acoustique… on pourrait dire que c’est du hip-hop de base même si on a démarré sur du rap… enfin du rap que ta grand-mère va aimer, du moins je l’espère ! » tente d’expliquer Arthur. « On peut dire qu’on a beaucoup d’inspirations différentes » résume Micky Gin. 

Le duo est bien conscient du travail qui les attend pour mêler toutes ces inspirations et ainsi assurer une cohérence dans leur show qui alterne moments intimistes en solo ou duos solaires avec participation du public. « On travaille comme des fous parce qu’on cherche la liberté dans la précision, on essaie de trouver cette virtuosité-là c’est-à-dire être capable de créer des concerts chaque fois très différents les uns des autres mais qui sont très précis afin que le public fasse : “ Waouh, les mecs, ils s’éclatent, mais c’est précis, quoi ! ” et ça c’est quelque chose qui demande énormément de travail. »


Actuellement, le groupe enregistre un album qui devrait sortir en octobre ou en novembre. « Ce sera différent de la scène mais il n’y aura pas que des chansons… On a vraiment plein d’idées assez terribles mais là, c’est top secret ! » Par ailleurs, le jeune groupe démarre fort : déjà quatre festivals prévus l’an prochain, dont Dour. Depuis leur première prestation aux Franc’Off, les demandes affluent. « C’est génial » lâche Arthur, « le rêve de ma vie est une participation à Esperanza ! » Un jour, peut-être ?

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