THE ENTRANCE BAND ET MOANING CITIES : LA MUSIQUE QUI DÉTACHE DU RÉEL 

Photographies © Marjorie Goffart
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Il y a peu, Quatremille s’est rendu à La Zone pour découvrir en concert Moaning Cities et The Entrance Band, deux groupes de rock psychédélique. Nous vous livrons le compte-rendu de Marjorie Goffart!

 

 

 

 

 

LA CHRONIQUE DE MARJORIE GOFFART

 

 

 

 

 

La musique a le don de nous détacher du réel. La saturation des sons remplace le trop plein de la ville, la routine, plus de place pour penser à tes petits maux, juste du son et de la bière. La soirée s’annonce sous le signe du psychédélisme.

Lucifer Beach. Des riffs stoner intéressants qui s’aventurent dans les rythmes funky, parfois dans l’acoustique. Une bonne entrée mais quelque peu disparate. S’il est intelligent d’exploiter différents genres musicaux pour créer sa patte, la cohérence d’un groupe doit selon moi, rester centrale. Partir dans différentes directions peut déforcer cette cohérence.

Moaning Cities. L’éclectisme, propre à la Belgique. Influences ethniques, rock psyché 70’s, inspirations blues, guitares fuzzy et pour couronner le tout, du sitar. Chez le groupe bruxellois, on crée avec beaucoup de jams, du lâcher prise, un vrai processus organique qui se ressent lors de leurs performances. Des musiciens qui vont et viennent, chacun apportant ses sensibilités et comprenant celles des autres. D’ailleurs, depuis janvier, Pierre est le nouveau batteur, remplaçant Melissa Morales. Le live est informel, on passe par des états différents, une modulation, des variations. Plus de clavier, encore plus d’ambiance qui laisse place au classique couplet/refrain. Une fois la dernière galette en poche, à savoir D. Klein, sorti en 2016 sur EXAG’ Records ( Experimental Tropic Blues Band, It It Anita ), tu te demandes si tu vas revoir tes bras frissonner comme en live, et bien c’est le cas. Coups de cœur pour la basse fantomatique et les accords orientaux du titre « Expected » et le nouvel arrangement live de « Drag », plus stoner.

Entrance, la découverte qui goûte les routes américaines. Folk traditionnel, pop expressive, guitares country, grelots au poignet et surtout des voix envoûtantes. Malgré leurs airs de dandies anglais, c’est bien les États-Unis qu’Entrance nous dévoile. Tasse de thé à la main, Guy Blakeslee monte sur scène, force tranquille. Soutenu par la voix puissante de sa chanteuse Elmée, le groupe alterne chansons d’amour et protest songs, sans niaiseries. On retiendra « not gonna say your name », une référence au climat politique américain, mais sans verser dans le direct, histoire d’amener un peu de subtilité à notre réalité. Même si les arrangements musicaux touchent moins, on ne peut nier que les chants ressemblent à des appels, quelque chose de fort et d’urgent. C’est avec beaucoup de grâce que le groupe californien réussit à nous capter.

 

 

 

 

 

Un peu de musique et quelques photos pour se mettre dans l’ambiance !

 

    

     

     

 

 

 

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