THE BUKOWSKIES: ENTRE LIVRES ET ROCK’N’ROLL

Photographies © Fabien Vieilletoile
Interview & Rédaction > Eugénie Baharloo

 

 

 

Inspirés par des musiciens ainsi que des écrivains The Bukowskies est un groupe Rock de la scène liégoise actif depuis 2012. Quatremille les a rencontrés et vous livre leur interview !

 

 

 

Quatremille : « Donnez-moi votre punchline! (Credo/maxime/etc.) ? »

The Bukowskies : « « Le beau est toujours bizarre ». Ce n’est pas de moi, c’est de Baudelaire. »

 

Quatremille : « The Bukowskies, ça sonne bien! C’est un clin d’oeil à Henry Charles Bukowski? »

The Bukowskies : « Oui, bien sur. Je cherchais un nom de groupe en rapport avec la littérature parce que c’était important pour moi de ne pas ressembler à un groupe d’illettrés buveurs de bières qui joue du rock. Et puis, j’aime beaucoup Bukowski, l’univers littéraire américain des années 70, j’aime bien les écrivains trashs.
Parfois, je regrette d’avoir choisi ce nom de groupe parce que je pense que je n’aimerais pas qu’un type prenne mon nom pour jouer de la musique que je ne cautionne pas.
Mais c’est fait, ça sonne bien, c’est référencé, même si les gens ont parfois du mal à nous trouver sur le net à cause de l’orthographe du mot. »

 

Quatremille : « Vous travaillez ensemble… Comment se déroulent vos phases de création ? Qui fait quoi au sein de votre groupe? »

The Bukowskies : « En fait, la phase de création se fait un peu en solitaire. J’écris et je compose seul, mais c’était important pour moi d’avoir un groupe, de partager sur scène et d’impliquer d’autres personnes dans le projet.
J’ai toujours rêvé d’un groupe qui serait une bande de potes, mais ce n’est pas si simple. Tout le monde ne s’implique pas de la même façon et que, personnellement, la musique prend toute la place dans ma vie « professionnelle ».
Je pense qu’il y a de plus en plus de monde qui fait de la musique, mais de moins en moins qui aime vraiment ça, c’est plus une recherche de célébrité qu’autre chose.
Je ne connais d’ailleurs pas beaucoup de monde qui écoute vraiment de la musique ou qui cherche encore à découvrir des choses.
Mais bon, je m’éloigne du sujet…. ! (rire).
Sur scène, on a Xavier à la basse, qui est aussi le marrant du groupe. On était ami avant qu’il rejoigne le groupe, c’était important pour moi qu’on joue ensemble.
Aux claviers c’est Florence, qui est aussi ma copine, cela peut sembler bizarre de l’impliquer dans le projet, cela peut ressembler à un syndrome Yoko Ono. Mais en réalité, c’est très éloigné de ça, c’est mon amie et c’est aussi plus simple de bosser les claviers avec elle quand on vit sous le même toit, ça permet de mieux partager les choses.
À la guitare rythmique, on a Olivier qui est à l’origine du groupe. Oli est le plus jeune,  il venait d’avoir 16 ans quand on a fait notre premier concert. Je lui donnais des cours de guitare mais j’ai l’impression que c’était surtout pour lui transmettre ma culture musicale.
C’est un peu ça qui est à la base du groupe, notre proximité.
Le batteur varie, pour le moment c’est Adrien qui joue avec nous, on verra pour la suite, il bosse beaucoup.
En studio, je joue un peu tous les instruments selon les morceaux (sauf les batteries, je suis carrément nul) et sur scène je chante et je joue de la guitare. »

 

Quatremille : « Comment définiriez-vous votre projet musical (influences/style/objectifs)? »

The Bukowskies : « Xa écoute de la SynthWave, je trouve ça cool aussi, mais ce qui nous réunit c’est surtout le blues, le funk, la soul… Un tas de vieilleries mais aussi des tubes très années 80.
Oli a beaucoup fait sa culture musicale auprès de moi, donc on écoute un peu les mêmes trucs.
Flo et moi on écoute beaucoup de musique, du coup on est proche là-dessus aussi.
Et donc moi j’écoute vraiment des trucs variés. Mes artistes favoris sont Julian Casablancas, Christophe, The Growlers, Bowie, Unknown Mortal Orchestra, Phoenix, The Drums, Gainsbourg, Sebastien Tellier, Ennio Morricone… Et un tas d’autres en fait, il y en a pour des heures. Je collectionne les albums, je dois en avoir près de 1000. En rap ce sont Outkast et Action Bronson loin devant le reste.
Mais pour le groupe, je ne me sers pas vraiment d’influences, peut être un peu les Libertines ou Arctic Monkeys sur le premier album, enfin, je ne suis même pas sûr.
Quand je bosse sur un album, j’écoute soit de la musique classique soit des albums intemporels, du « classic rock » – les Stones, Neil Young, Lou Reed, The Doors… – des trucs qui ne peuvent pas m’influencer parce que je les écoute depuis l’enfance.
On est un groupe de rock surtout dans l’attitude des morceaux, mais dans les faits nos chansons ne respectent pas toujours le schéma d’une chanson de rock et les arrangements non plus. Le but pour Brown-Brown était vraiment d’avoir un son sale, comme enregistré dans une cave, pour se détacher des autres prod qui se ressemblent un peu toutes, quelque soit le type de musique.
Avec ces deux albums j’ai réussi à avoir un peu de reconnaissance auprès des critiques, magazines etc.,  et je pense que c’était ce que je voulais le plus pour commencer. C’était vraiment mon objectif.

Maintenant, je crois que ce qui nous manque encore un peu, c’est de proposer quelque chose de mieux sur scène pour avoir plus de reconnaissance.
Notre objectif actuel c’est de vraiment connaître notre public, le rencontrer, jouer dans les bons festivals, passer sur les bonnes radios, trouver ce qui nous ressemble et ce n’est pas simple. Dans un petit pays comme la Belgique, on a vite fait le tour des médias et des salles de concert. »

 

Quatremille : « Pouvez vous définir l’atmosphère de votre musique en un paradoxe ? »

The Bukowskies : « On fait une musique à la fois brute et très recherchée, punk mais classieuse. »

 

Quatremille : « Qu’est-ce que Liège a apporté dans votre parcours artistique (tremplins/freins)? »

The Bukowskies : « Déjà le fait de se rencontrer ! Nous sommes tous liégeois et c’est une ville plutôt fêtarde, ça aide à rencontrer des gens. Surtout pour moi, à vrai dire je suis assez timide comme mec, je n’ai pas le souvenir de m’être fait un pote sans avoir bu un verre.
D’un point de vue musical, c’est plutôt un piège. Liège est une ville pleine de « clans » – ce qui est aussi une bonne chose – et quand on n’est pas vraiment dedans – comme nous – c’est compliqué de se faire une place. Ce sont souvent les mêmes personnes que l’on retrouve partout ou qui gèrent tout.
A côté de ça, on adore se balader dans notre ville, je pense qu’il y a beaucoup d’initiatives et de projets. C’est une ville assez active, certainement une des plus vivante du pays. Si je devais quitter Liège se serait pour vivre en Italie, pas pour aller ailleurs en Belgique. »

 

Quatremille : « Si The Bukowskies pouvait faire la première partie de n’importe quel artiste, lequel choisiriez-vous ? »

The Bukowskies : « The Strokes sans hésiter – mais ça n’engage que moi -. Par contre je ne voudrais jamais rencontrer les personnes que j’admire, on est toujours déçu. »

 

Quatremille : « Liège en une chanson ? »

The Bukowskies : « Je ne pense pas qu’il y en ait une. Il serait peut-être temps de l’écrire ! »

 

Quatremille : « Quelles sont vos prochaines actus ? »

The Bukowskies : « On est en train d’organiser nos concerts, on annoncera tout sur notre page Facebook.
On rénove notre site pour l’instant.
On a aussi pas mal de demandes d’articles et d’interviews et c’est vraiment cool pour nous !
On devrait sortir les clips des deux meilleurs morceaux de l’album dans les semaines qui viennent et je bosse sur notre troisième album que j’aimerais sortir pour septembre/octobre
Je travaille aussi sur un album à part qui ne sera pas signé The Bukowskies pour pouvoir réaliser tout ce que je veux et travailler des chansons différentes. Le projet est de faire « le meilleur album du monde », j’espère que je vais y arriver ! »

 

 

 

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