TÉO CROMMEN, CÔTÉ PILE… CÔTÉ FACE

Rédaction : Cécile Botton // Photos : crédits divers

À l’occasion de la sortie de George Benbold, extrait du nouvel album de Green Moon Tribe, Quatremille a rencontré virtuellement Téo Crommen, guitariste et chanteur aux influences Jazzy aux projets multiples. Que ce soit dans Such a Noise, Green Moon, Green Moon Tribe, TCSix ou encore Oakstreet Trio, le côté réservé de Téo cache un artiste passionné et avide d’expériences nouvelles !

Téo Crommen avec Green Moon © Giuseppe Cordaro
Téo Crommen avec Green Moon © Giuseppe Cordaro

Green Moon © D.R.
Green Moon © D.R.

Sans Covid, le troisième album de Green Moon — ou plutôt de Green Moon Tribe — aurait vu le jour le 6 mai dernier… Circonstances obliges, la date de sortie reste inconnue à ce jour ! N’empêche, ce lundi 8 juin, un premier morceau de ce nouvel opus fait son apparition sur différentes plateformes.

« Green Moon, mon tout premier projet avéré que j’ai fondé avec Lorcan Fahy (violon/mandoline) et Lucas Deru (contrebasse)… J’avais 13 ans ! » raconte Téo Crommen. Il y a tout juste 8 ans, le trio sortait un premier album. À l’époque, la presse ne tarit pas d’éloges pour ces jeunes musiciens. Pour leur deuxième album, ils invitent Antoine Dawans, Antoine Rotthier et Thierry Crommen à les accompagner sur quelques morceaux. « L’album à 6 ? Ça s’est décidé tout à fait naturellement… Avec ces trois-là, c’est une connexion totale ! Quand on joue ensemble, il y a quelque chose de vraiment spécial qui se passe. »

Sur cette lancée, ils créent ainsi un deuxième projet avec un style et un visuel totalement différents. Du trio fortement inspiré par la musique irlandaise, le sextet est parti sur des influences davantage jazzy. « Même si les compositions de Lorcan apportent toujours un petit côté folk, les arrangements réalisés par le groupe offre un subtil mélange de jazz et de musique progressive » explique Téo.

Le niveau visuel a, quant à lui, bien évolué. Les animaux dessinés par Etienne Schréder sur les pochettes des deux premiers albums ont fait place à un visuel beaucoup plus épuré et plus urbain composé de photos.  

  • Green Moon © Roger Vantilt
  • Tyto Alba - Green Moon © Etienne Schréder
  • Green Moon Tribe © D.R.

Mais de quel nid cet oiseau rare est-il tombé pour fonder un premier groupe à 13 ans ? Un père musicien, grand ami de Jacques Stotzem, n’est pas étranger à l’éclosion d’un tel talent. « Comme j’ai eu l’occasion d’entendre beaucoup de guitaristes, j’ai développé un grand intérêt pour cet instrument. Alors Jacques m’a prêté une guitare quand j’avais 6 ans. ». Durant trois ans, Téo travaille en autodidacte en essayant de jouer ce qu’il entend sur les disques. À 9 ans, il rejoint l’académie pour étudier la guitare classique. Par la suite, pour se préparer au conservatoire, il suit des cours privés avec Philippe Doyen. À 17 ans, il commence un master en guitare Jazz.  

Oakstreet Trio  

Oakstreet Trio © Roger Vantilt
Oakstreet Trio © Roger Vantilt
Dès son entrée au conservatoire, Téo rencontre le bassiste Matteo Mazzù et le batteur Guillaume Malempré. Entre les trois lascars, le courant passe et donne naissance au projet Oakstreet Trio en 2014. « On écoutait le même genre d’artistes, on avait une approche similaire par rapport au jazz, on aimait les musiques qui complètent le jazz de touches urbaines, (hip-hop), un peu avant-gardiste comme Aka Moon. » Ils travaillent une bonne année pour se construire un répertoire et participent ensuite à différents concours pour lesquels ils sont chaque fois récompensés.  « Grâce à ces différents prix, on a eu des débouchés, des concerts, des participations à différents festivals. »  Par ailleurs, ils ont été repris par Ça balance qui leur a permis d’enregistrer leur album. « Deux jours d’enregistrement dans le studio de la Province de Liège avec Jean-François Hustin, d’où le titre de l’album, Two days. Par la suite, mixage, mastering, visuel et le graphisme ont été réalisés en auto-production. » Presque deux ans après l’enregistrement, le 31 janvier, ils présentent leur bébé au Chiroux. « Pour nous, c’est un accomplissement ! » Il est d’ailleurs intéressant de comparer album et concert car en deux ans, le groupe a quelque peu changé sa direction musicale. « Le son du groupe a totalement changé…. Les compositions sont les mêmes, mais elles sont jouées différemment. On a introduit un côté plus fusion avec des sons un peu étranges dans un style entre guillemets plus avant-gardiste. » 

TCSix

En 2016, Téo forme un sextet à son nom : TCSix pour Téo Crommen sextet. Un projet lancé un peu par hasard ! « Un jour, on m’a demandé de réunir une équipe pour ouvrir une jam organisée par le conservatoire sous la supervision de Manuel Hermia » Alors, l’artiste réunit un quintet pour un one shot. Au vu du succès emporté par le concert, il décide de poursuivre l’aventure et le transforme en sextet. « Ce projet-là, c’est une ouverture à toutes mes folies où je rends hommage à Michael Brecker en réarrangeant ses compositions et en mélangeant des morceaux. Lee résultat a beaucoup plu… J’ai d’ailleurs gagné le prix « Playright +». »  La particularité de ce projet-là, c’est que le groupe est extensible, Téo ajoute les musiciens en fonction des besoins. « On devait jouer en nonet à la journée internationale du jazz, mais ça a été reporté. Cela aurait dû être un hommage à tous les musiciens qui m’ont inspiré ces dernières années. » Par contre, quand ils sont en sextet, Téo joue aussi des compositions personnelles. Bref, un projet qui varie au gré de ses envies !  Il n’empêche qu’au vu des concerts annulés, des efforts fournis dans les répétitions et les arrangements, il envisage d’immortaliser ce travail en studio dès que le déconfinement le permettra. 

Such a Noise 

Such A Noise XXL © Souhail Anouar
Such A Noise XXL © Souhail Anouar
« Une drôle d’histoire ! » lâche Téo. Such a Noise existe depuis 1988. Pour ses 30 ans, le groupe organise un concert d’adieu au Spirit of 66 à Verviers. Comme Alain Pire et Rudy Lenners ne sont pas disponibles, Jean-Pierre Froidebise lui demande de jouer et d’amener un batteur. « Je choisis Dennis Vercauteren et après quelques répétitions, on a joué au Spirit… ça a tellement plu que le projet continue sous le nom de Such a Noise XXL où on a ajouté une section de cuivres au quartet rock de base. » De fil en aiguille, le groupe rejoue et c’est au Nandrin Festival où émerge une facette inconnue de l’artiste… Téo chantant une de ses compositions. « Faire des grandes scènes, c’est impressionnant pour moi… Et puis Jean-Pierre s’est dit que ce serait marrant de faire venir un jeune gars qui n’était même pas né quand le groupe a commencé. En plus, il y a 40 ans d’écart entre nous deux… Il  trouvait ça très drôle, un super coup de marketing ! » 

En terre inconnue 

D’abord touché par la musique instrumentale, Téo est de plus en plus attiré par le texte. « Au fil des années, j’ai écouté Pearl Jam, leurs textes en particulier m’ont interpellé… Un nouveau monde s’est ouvert à moi ! » Suite à ça, il lance un groupe de rock avec lequel, il écrit ses propres chansons en anglais. Réservé et peu démonstratif sur scène, le chant lui a permis de s’extérioriser. « Ce qui m’attire avec le chant, c’est que j’exploite un nouveau côté totalement différent que je n’utilise pas en musique instrumentale. »

Un dernier projet

« Tout a commencé fin de l’année dernière avec Lorcan, le violoniste de Green Moon, son père et le mien… » Un quartet familial inspiré par la musique traditionnelle irlandaise, anglaise, américaine, québécoise où harmonica, guitare, mandoline et violon revisitent des standards. « Nos arrangements et nos harmonisations sont très différents de ce qui a déjà été fait auparavant avec ces musiques-là. Mais bon, c’est tout frais… 

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