STUFF. ET GLASS MUSEUM : DE LA JUSTESSE DES INFLUENCES

Photographies ©Maxime Lenglois
Chronique > Thomas Renauld

 

 

 

 

 

Il y a peu, Quatremille assistait aux concerts de Stuff. et Glass Museum au Reflektor. Voici notre compte-rendu de la soirée !

 

 

 

 

 

LA CHRONIQUE DE THOMAS RENAULD

 

 

 

 

 

Une fois n’est pas coutume, ce sont un bar rempli et une salle vide qui m’accueillent au Reflektor alors que je franchis les portes. Bientôt, les spectateurs investissent doucement la salle de concert, les deux membres de Glass Museum se préparent à lancer les hostilités et un constat ambivalent saute déjà aux yeux. Quelques secondes d’observation suffisent en effet à déplorer le peu de personnes présentes, ainsi qu’à souligner le nombre conséquent de néerlandophones. Ce double commentaire souligne une fois de plus la force du clivage existant en Belgique au niveau de la motivation et de l’ouverture culturelle de ses habitants. Il permet également d’observer la visibilité grandissante du Reflektor en dehors de la cité ardente. Toutefois, l’analyse est à contraster : l’Ancienne Belgique annonçait « sold out » pour le concert du même groupe, une semaine plus tôt.

C’est donc parmi un public clairsemé que Glass Museum entame sa représentation et la jeunesse de ses membres appelle au respect. Forts d’une technique puissante et d’une jovialité enivrante, Martin Grégoire et Antoine Flipo réveillent l’assistance avec une maîtrise impressionnante. Martin, le batteur, concasse les rythmiques alors qu’Antoine éclate des embryons de mélodies. Bien vite pourtant, les rythmiques se font plus insistantes et les mélodies prennent forme. Les éléments rythmiques gagnent en hyperactivité, accompagnant avec brio le groove bien installé dans le piano d’Antoine. La culture du contrepied chère au jazz jouit de cette alchimie et laisse éclater le talent des deux jeunes artistes ; la répétition, leitmotiv du krautrock, applaudit cette ode à l’hypnose offerte par Glass Musem. La créativité et le sens de la subtilité des grands mélodistes, enfin, sourit face à ce qui nous est proposé. L’assistance, désormais plus nombreuse, semble conquise.

Une demi-heure plus tard – temps nécessaire à l’installation des nombreux instruments –, les membres de Stuff. entrent en scène. Depuis lors, la salle s’est remplie et l’ambiance a quelque peu évolué : les cris se font plus nombreux, les mouvements, plus francs. Il faut dire que dès l’introduction de leur set, les artistes instillent une tension musicale puissante, additionnant les ambiances, les rythmes et les sonorités. Plus d’une heure durant, l’intensité monte, stagne, s’estompe pour repartir de plus belle. À l’image de la première partie par Glass Museum, les influences sont multiples, assumées et bien senties : le jazz, évidemment, qui transpire des pores de tous ses membres, mais pas seulement. Chaque instrumentiste puise ce qu’il y a de plus riche dans chaque style. Notons par exemple l’immensité funk du jeu du bassiste.

Un des membres de Stuff. résume finalement assez bien l’énergie émanant du concert, voire de la soirée : le dj. Sa présence, loufoque dans l’absolu, trouve sa pertinence dans la subtilité de son jeu. Nous pourrions étendre ce point de vue à la séance entière, tant les influences ont, plusieurs heures durant, répondu de manière opportune à la finesse dont chaque artiste a pu faire preuve. Enfin, ce constat réjouissant en appelle un autre : la justesse des choix de programmation. Inviter Glass Museum était, a posteriori, une idée lumineuse. Le raffinement dont ils ont fait preuve était, à n’en pas douter, la meilleure introduction possible à ce qui allait suivre.

 

 

 

 

 

Un peu de musique et quelques photos pour se remettre dans l’ambiance!

    

     

 

 

 

 

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