FULL COLORZ ET LE METISSAGE MUSICAL

Photographies © Virginie Godfrin
Interview > Tom Foguenne
Rédaction > Eugénie Baharloo et Thomas Renauld

 

 

 

Le 27 janvier passé Quatremille s’est rendu au Reflektor pour assister à la soirée FULL COLORZ. On vous livre notre compte-rendu sur cet événement ainsi qu’une interview de l’organisatrice Audrey Di Troia !

 

 

 

Quatremille : « Quelle est ta punchline (maxime/credo/…) ? »

Audrey Di Troia : « Mon dicton : l’union fait la force. »

 

Quatremille : « Pourquoi Full Colorz ? »

Audrey Di Troia : « Full Colorz représente :

– l’éclectisme musical : soul, funk, jazz, electronica, hip-hop, bass music, future beats, beats, afro, house, latin, tropical.

– le mélange des publics : c’est super important pour moi qu’une grosse partie des publics soit représentée. Je cherche la mixité, le métissage, je touche les jeunes et moins jeunes. J’ai moi-même 38 ans et suis entourée de gens entre 20 et 50 ans qui sont passionnés par la musique et aiment sortir écouter, découvrir et danser. Full Colorz est donc un concept de soirées très coloré. »

 

Quatremille : « Comment définirais-tu ce projet (influences/activités/objectifs) ? »

Audrey Di Troia : « À la base, je sortais beaucoup sur Bruxelles, en Flandre, dans le nord de la France et en Hollande mais sans mes amis liégeois et à chaque fois, je pensais : « Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir partager les soirées qui me font vibrer avec mes amis liégeois et qu’ils voient ça. »

Je me suis donc dit : « Et si je ramenais ce style de soirées sur Liège ? » Ensuite, complètement influencée par deux de mes mentors musicaux Gilles Peterson, fondateur du label Brownswood et du Worldwide Festival à Sète où je vais chaque année depuis 4 éditions, ainsi que Lefto, « bras droit » de GP et pour moi le meilleur DJ belge voire international, j’avais ce souhait d’agrémenter le concept d’une bonne dose d’atmosphère, d’ambiance et de chaleur humaine que je retrouve dans leur monde et leurs projets musicaux.

Pour terminer, le constat était bel et bien là : le manque de soirées pointues et éclectiques à Liège. Ce genre de soirées où tous peuvent s’y retrouver : du clubbeur invétéré aux collectionneurs de vinyles et fouineurs de sons inédits, de l’amateur de découvertes en passant par le danseur fou et le public alternatif des concerts.

C’est dès lors à cœur joie que je me suis lancée dans cette nouvelle aventure en mai 2013 avec une première soirée où j’invitais entre autres Grems & Lefto. »

 

Quatremille : « Les Full Colorz ont assez bien voyagé et se sont dernièrement installées au Reflektor. Pourquoi cette salle ? Qu’offre-t-elle de particulier ? »

Audrey Di Troia : « Avant de m’installer au Reflektor, je suis en effet passée par plusieurs salles mais quand le Reflektor a ouvert ses portes en mars 2015, je me suis directement mise en contact avec eux.

D’abord parce que cette salle est pour moi la seule vraie salle de concerts à Liège, elle offre une qualité sonore de haut vol – le plus important pour moi –, l’infrastructure et les conditions d’accueil y sont idéales. Ensuite, j’ai beaucoup de respect pour leur travail et leur ligne artistique directionnelle. Je parle bien ici du Reflektor à part entière. »

 

Quatremille : « Les Full Colorz accueillent très souvent des DJs locaux. Est-ce une réelle volonté de faire découvrir des artistes liégeois ? Comment les choisis-tu ? »

Audrey Di Troia : « En réalité, si ma devise est « L’union fait la force », devise nationale entre autre de la Belgique, c’est bien parce que ce qui fut évident pour moi était de rassembler dans un même line up, une même soirée, des DJ’s belges, et ce provenant automatiquement de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie. Il était et est toujours essentiel pour moi de pouvoir fédérer, inviter des non liégeois pour les présenter aux dj’s Liégeois et ainsi les mettre en lien et pourquoi pas les influencer à travailler ensemble et s’inviter les uns les autres à jouer dans leur ville de résidence.

Ensuite, j’ai voulu accentuer la programmation musicale vers la beat scene, une scène internationale encore trop peu connue et mise en avant mais qui me passionne fortement. Il s’agit de la scène pourtant très grande du beatmaking, des beatmakers, tous ces producteurs, musiciens qui composent sur machines, très souvent des MPC, qui reprennent des samples provenant du hip hop, future bass, downtempo, experimental electronica et future R&B. Je peux vous citer quelques noms de beatmakers déjà bookés précédemment : Fulgeance, Mndsgn, Chief, Submerse, Kidkanevil, Suff Daddy, Clap! Clap! pour les internationaux et Olvo, ShunGu, FRIS, Turtle Master, Kwest, Toolbox, Up High Collective, A/T/O/S, Herrmutt Lobby, Colvaen pour les nationaux.

Pour en revenir à la question de départ, j’ai beaucoup d’amour et de respect pour les dj’s liégeois, je les connais quasi tous ou du moins je peux les identifier. Nombreux sont ceux qui me font vibrer sur un dancefloor. Il m’était donc impensable de ne pas travailler avec eux. Maintenant, j’avoue que je retourne de plus en plus souvent vers les mêmes, j’ai mes préférences, c’est-à-dire ceux qui pour moi représentent le plus et le mieux l’énergie Full Colorz. »

 

Quatremille : « Peux-tu nous citer tes trois derniers coups de coeur ? »

Audrey Di Troia : « Coups de cœur liégeois ? Volontiers ! Cabasa, Mehbian que je suis de très près et que je souhaiterais prendre sous mon aile prochainement en tant, je l’espère, que future manageuse et bookeuse et les plus créatifs en Belgique sans aucun doute, les Verviétois Herrmutt Lobby. »

 

Quatremille : « Qu’est-ce que Liège a apporté dans la construction de ce projet (tremplins/freins) ? Que dire de son public ? »

Audrey Di Troia : « Liège est une ville qui m’a beaucoup aidée à cheminer, à grandir, à évoluer. Beaucoup de personnes m’ont donné et me donnent encore et toujours leur confiance et croient en mes projets musicaux. Je reçois beaucoup de soutien et on me dit régulièrement dans le creux de l’oreille que je ne dois surtout pas lâcher.

Malheureusement, Liège est une très petite ville, en retard au niveau curiosité et ouverture musicale, beaucoup de gens sont vite lassés, blasés voire aigris. Je pense que si j’avais lancé ce concept de soirées en Flandre ou sur Bruxelles et non sur Liège, elles seraient bien plus remplies. Mais comme il paraît que ce qui nous manque dans notre propre ville, c’est à nous de l’amener, je continuerais à me battre pour y remédier. Maintenant, de manière générale, je pense que les organisateurs de soirées, un peu partout en Belgique, sont de plus en plus essoufflés par le manque de moyens, ce qui se fait sans doute aussi ressentir sur le public. »

 

Quatremille : « Quelles actualités à venir pour Full Colorz ? »

Audrey Di Troia : « Continuer sur la même lancée, en espérant déplacer les foules et les publics d’un peu partout. Je ne voudrais pas qu’on ne se retrouve qu’entre liégeois ; allons vers les autres et que les autres viennent aussi vers nous.

Sinon, le truc que j’aimerais faire depuis le début, tenter d’organiser une Full Colorz à Bruxelles car j’ai beaucoup d’affinités avec la capitale, beaucoup de contacts et d’amis sur place.

Mais dans l’immédiat, je vous donne RDV ce vendredi 24 février au Reflektor pour fêter la sortie du nouvel album de Clap! Clap! avec sa VJ Loup Blaster, ShunGu & YAYAYA en live ainsi que La Liesse & Albalianza en DJ’s sets. Plus d’infos sur reflektor.be et facebook.com/fullcolorz »

 

Quelques photos pour se replonger dans l’ambiance :

 

    

    

    

    

 

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