SIMON VERJUS, LE REGARD DE QUATREMILLE

Rédaction : Ludovic Minon // Photos : Simon Verjus

Après plus de deux ans de bons et loyaux services, notre photographe Simon Verjus quitte l’équipe pour de nouveaux horizons. Du Barman au Supervue en passant par La Zone, retour sur une carrière quatremillienne houblonnée à souhait !

En 2018, Simon Verjus nous rejoint pour un premier reportage sur les débuts du R Collectif. Convaincu du projet porté par Quatremille, il devient rapidement un membre incontournable de notre équipe. Bien plus qu’un photographe, il sera aussi réalisateur, responsable technique, formateur, ami. Après avoir bourlingué dans le milieu culturel alternatif liégeois près de trois années durant, il nous quitte — provisoirement ? — pour un nouveau défi. Et laisse derrière lui une patte, un regard, un style !


Quatremille : Pourquoi tu quittes Quatremille ?

Simon Verjus : Pour de nouvelles aventures ! Actuellement c’est compliqué de faire des projets artistiques qui paient, tout est un peu ‘off’ avec le covid. J’ai trouvé une opportunité pour travailler pour un média assez reconnu au Luxembourg. Je me suis dit que c’était surtout un bon moyen de gagner en expérience… et de revenir encore plus fort !

Q. : Tu ne nous aimes plus ?

S. V. : Si bien sûr, Quatremille pour toujours dans mon coeur !

Q. : C’était quoi ton premier article pour Quatremille ?

S. V. : C’était Peace & Colors [ndlr. Premier événement du R Collectif], un reportage sur une jam graff dans les bâtiments abandonnés de la Chartreuse. C’était moi qui avais proposé le sujet ! Dès le début, faire un sujet qui me plaît et rencontrer un rédacteur avec qui ça accroche et qui me donne envie de continuer, c’est chouette. Pareil pour les artistes : par la suite, on a suivi le R Collectif dans leurs projets.

Graffiti Jam à la Chartreuse, organisée par le R Collectif © Simon Verjus
Graffiti Jam à la Chartreuse, organisée par le R Collectif © Simon Verjus
Francofolies de Spa 2018 © Simon Verjus
Francofolies de Spa 2018 © Simon Verjus

Q. : Et ton premier « gros » événement ?

S. V. : C’était les Francofolies de Spa. Là j’étais un peu lâché, tout seul. C’était moins drôle. On n’avait pas accès partout, et je trouvais moins mes marques. J’avais aucune autre consigne que « fais des photos ! » Et un événement comme Spa, c’est des grosses scènes, etc. On est vite tenté de faire des photos « classiques » des artistes en train de jouer et c’est tout. Lors de la première journée, c’est ce que j’ai fait, et je me suis vite ennuyé. Ensuite je suis parti sur complètement autre chose et je me suis permis de faire des photos un peu plus euh… « street photos » quoi ! Aller chercher les détails qui m’ont interpellé et que j’ai eu envie de mettre en avant. Autre chose que ce que voit le spectateur lambda.

Q. : C’est quoi la ‘bonne recette’ du photographe Quatremille ?

S. V. : À Liège ? Il faut juste passer ta soirée comme un Liégeois, mais avec ton appareil photo en main ! Puis voilà : ne pas trop en dire, donner à voir l’ambiance générale, avoir sa note et son apport artistique et pas juste faire des photos informatives.

Moi j’étais le seul photographe vraiment régulier chez Quatremille, j’ai eu un rôle un peu différent des autres. Dans l’asbl il y a des gens ‘de passage’ et ceux qui accrochent un peu plus au projet. Moi je me suis approprié le projet, j’étais force de proposition. Etre photographe chez Quatremille, c’est pas juste faire des photos ou faire ce qu’on te demande. Quand tu arrives sur un événement, tu écris aussi l’article, même si c’est à travers un appareil photo. C’est aussi une manière d’écrire. Ce qui est moins chouette, c’est le manque de temps ou d’investissement de chacun pour faire évoluer le projet. Mais c’est ça aussi le problème : on est tous bénévoles donc on n’a jamais 100% de notre temps à mettre dans le projet, et c’est plus difficile.

Q. : Ta pire et ta meilleure expérience chez Quatremille ?

S. V. : Le Barman, ça peut être la pire comme la meilleure ! C’était un premier projet pas assez soutenu par le reste de l’équipe, on l’a fait trop à l’arrache et sans budget à hauteur de nos ambitions. Du coup c’était dur, physiquement et mentalement. J’ai endossé quatre ou cinq casquettes différentes à la fois… mais c’était une super expérience ! Je faisais mes études en cinéma sur le côté, et Le Barman était un bon moyen de tout mettre en pratique.

Bakari - Le Barman #4 © Simon Verjus
Bakari – Le Barman #4 © Simon Verjus
Madboy - Soirée du R Collectif à La Zone © Simon Verjus
Madboy – Soirée du R Collectif à La Zone © Simon Verjus

Pour les reportages, je choisirais le Supervue et Unrhythmic. Et les soirées du R Collectif aussi, parce qu’on était bien accueillis… c’était presque comme avec nos potes quoi ! Il y a eu aussi la soirée où j’ai couvert un concert au Cadran. J’avais l’habitude de sortir au Cadran et je m’étais dit que ce serait génial d’y aller en tant que photographe. En plus c’était le collectif Hungry Music que je kiffe trop. Faire des photos de gros artistes que j’adore, juste à côté d’eux, et en plus au Cadran… C’était un peu comme si je réalisais un rêve !

Q. : Qu’est-ce qui est cool à Liège ? Et qu’est-ce qui craint ?

S. V. : Ce qui est bien c’est que tous les événements sont à taille humaine, on n’est pas noyé dans une masse… Ce qui craint euh… le covid ? C’est quoi cette question (rires) ?

Q. : Pour finir, résume-nous ton parcours en photos !

Celle-ci, au pif, c’est une de mon premier article, Peace & Colors !

Graffiti Jam à la Chartreuse, organisée par le R Collectif © Simon Verjus
Graffiti Jam à la Chartreuse, organisée par le R Collectif © Simon Verjus

Ça c’est une de mes préférées. Elle raconte plein de choses. Au niveau de la composition, je la trouve incroyable. En premier plan t’as la meuf qui boit de l’eau parce qu’il faisait chaud à crever cette année-là. En second plan, t’as toutes les oeuvres artistiques qui valaient le coup d’être  mise en avant. Et en arrière-plan tu vois la scène. Et t’as aussi le côté « vue » même si la supervue est de l’autre côté. Au niveau des couleurs aussi je la trouve cool. C’est un peu là aussi que j’ai trouvé mon style colorimétrique.

Festival Supervue 2018 © Simon Verjus
Festival Supervue 2018 © Simon Verjus

Celles-là sont terribles (rires) ! C’est la table de début de soirée et la table de l’after, pour l’article sur Unrhythmic. C’est pas juste raconter un événement qu’on a fait : on a raconté notre soirée en fait. C’était super chouette à faire parce que j’ai eu un oeil complètement différent de d’habitude. J’ai vraiment eu envie de photographier les choses de mon point de vue personnel et d’aller un peu plus loin, quitte à faire des photos moins ‘scolaires’.

Unrhythmic #1 © Simon VerjusUnrhythmic #1 © Simon Verjus

C’est pas du tout une photo dont je suis fier, mais c’est la première fois qu’une artiste me félicite personnellement pour mes photos après publication. Ça fait plaisir et ça m’a beaucoup encouragé.

Roza - R-Heure by R Collectif © Simon Verjus
Roza – R-Heure by R Collectif © Simon Verjus

C’était la première fois que je mettais les pieds au Kultura ! C’est ça aussi qui est cool avec Quatremille. Ça m’a permis de découvrir plein de choses et de m’ouvrir plus largement à la culture à Liège. Par exemple le slam, je ne connaissais pas du tout, et  ben j’ai trop kiffé. Le Kultura aussi je ne connaissais pas. Cette photo c’est un mélange de ma découverte du lieu et de la performance des artistes. C’était un chouette challenge, et le fait de ne pas connaitre le lieu avant m’a permis d’avoir un regard de découverte.

Open Mic - Urban Ardent #22 au Kultura (2018) © Simon Verjus
Open Mic – Urban Ardent #22 au Kultura (2018) © Simon Verjus

J’avais trop flashé sur cet épisode ! C’était une soirée rap avec que des mecs. Puis elle est arrivée en mode euh… Pas j’vais tout niquer non, discrète mais dès qu’elle a ouvert la bouche pour chanter, waw. Une des plus belles découvertes artistiques dans ma ‘carrière quatremillienne’.

Nay Kellie - R Collectif à La Zone © Simon Verjus
Nay Kellie – R Collectif à La Zone © Simon Verjus

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Bon vent camarade, ce n’est qu’un aurevoir !