SARAH MINUTILLO : « L’ART, UN MÉCANISME D’AUTODÉFENSE »

Photographies © Sarah Minutillo
Interview > Eugénie Baharloo

 

 

 

 

 

Quatremille a rencontré Sarah Minutillo, une peintre liégeoise qui nous parle de son parcours artistique. Nous vous livrons l’interview d’Eugénie Baharloo!

 

 

 

 

 

L’INTERVIEW

 

 

 

 

 

Quatremille: Quelle est ta punchline (credo/maxime) ?

Sarah Minutillo: Si je devais n’en choisir qu’une, je citerais Jacques Charlier, artiste plasticien belge, qui dit : L’art, c’est un mécanisme d’autodéfense. Si je n’avais pas l’art dans ma vie, j’avancerais dans la rue en me tenant au mur.

 

Quatremille: Comment définirais-tu tes projets artistiques (influences/activités/objectifs) ?

Sarah Minutillo: Mes projets sont en cours, mon travail est en construction et perpétuellement remis en question. Je tente de parler du parallèle possible entre la dureté, la beauté et/ou la banalité du quotidien. Je me penche sur des photos piochées dans notre actualité. Des photographies qui se perdent dans le flux d’images incessant qui nous entoure. Je choisis de m’attarder sur certaines, de leur accorder de l’importance, du temps, celui nécessaire à la consécration de la peinture. Je les choisis en fonction des émotions qu’elles me procurent. Si une image me marque, je veux savoir pourquoi, du coup je la travaille. Pour le moment, je ne compte pas les heures passées dans mon atelier avec ma peinture et mes pinceaux. Le travail c’est la clef. Je me fixe comme objectifs de continuer à créer quoi qu’il arrive, d’exposer mes travaux, mes peurs et mes satisfactions.

 

Quatremille: Quels sont tes supports et outils créatifs de prédilection ?

Sarah Minutillo: La peinture à l’huile, et surtout mon tube de blanc! Malgré cette préférence, je ne crains pas de recourir à des techniques diverses, structurées par un sens du détail et de la construction formelle : peinture, dessin, gravure et photographie. Après avoir commencé la gravure, ma peinture m’a semblée plus douce, plus cristalline. Le fond semble désormais secondaire. Les images sont usées mais colorées, par touches rapides et quelques glacis.

 

Quatremille: Quel paradoxe pourrait résumer l’univers de tes créations ?

Sarah Minutillo: Question difficile… Le paradoxe qui pourrait résumer mon travail et son univers serait que je peux travailler des sujets de l’actualité que je trouve très durs mais d’une façon très douce. Effectivement, j’interroge ces images à l’aide d’une palette désaturée, estompée. Je les travaille avec des filtres, des flous, je reconstruis ces photographies aléatoires et/ou banales et les élève au niveau de créations artistiques.

Mon travail vise à recréer des êtres individuels, distincts, mais fondus dans un tout harmonieux.

En les peignant, je peux montrer des choses très brutales, cela me permet de m’en protéger. Les sujets plus doux me permettent de faire une pause, de souffler, de passer à du plus agréable.

 

Quatremille: Quelles sont, selon toi, les forces de tes réalisations ?

Sarah Minutillo: Leurs forces seraient que certaines de mes réalisations peuvent être troublantes, d’autres impressionnantes par leurs tailles. Sincèrement, je ne me suis pas encore penchée sur ce point. Ce n’est peut-être pas à moi de parler de mes propres forces.

 

Quatremille: Qu’est-ce que Liège a amené dans ton parcours artistique (tremplins/freins) ?

Sarah Minutillo: Liège, c’est ma ville natale, une de mes sources d’inspiration quotidiennes. C’est ici que j’étudie la peinture, que je développe mon travail dans mon petit atelier lumineux. J’y rencontre des artistes et des personnes influentes dans le monde de l’art toutes les semaines lors de vernissages, d’expositions ou encore à l’occasion d’un verre en terrasse!

Je pense que Liège peut être un chouette tremplin créatif. En tant qu’étudiante à l’école Supérieure des Arts de la ville de Liège (ARBAL-ESAL), j’ai déjà eu l’occasion d’exposer quelques fois, par exemple, lors de la biennale de gravure au musée d’Ansembourg. J’ai également pu exposer avec des condisciples de classe au MadMusée. J’expose d’ailleurs prochainement à Bruxelles lors d’une exposition en collaboration avec la Cambre et ses élèves de l’option dessin.  Les stages, workshops avec des artistes belges ou internationaux ne manquent pas non plus. Le frein possible serait d’avoir peur de sortir de cette petite bulle. Il faut oser se délocaliser, voyager.

 

Quatremille: Quelles sont tes actualités à venir ?

Sarah Minutillo: Je n’ai encore, malheureusement, rien de très concret comme projet à venir.

Je suis en master et il me reste encore deux ans avant de sortir définitivement de l’école. Cependant, en plus de peindre et de créer, j’aimerais continuer à montrer mon travail, à exposer, à voyager.

Une expo solo ce serait top! Je travaille actuellement pour la galerie Espace 251 Nord en tant que médiatrice culturelle pour élargir mes connaissances dans le domaine de l’art et des galeries, acquérir de l’expérience, parler. J’aimerais vraiment continuer sur cette voie quelques temps avant de prendre mon envol.

 

 

 

 

 

Quelques photos de ses travaux !

     

     

     

 

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