RETOUR SUR LE MITHRA JAZZ VU PAR L’EQUIPE DE QUATREMILLE 2

Des photographes et chroniqueurs de Quatremille se sont rendus à plusieurs concerts organisés dans le cadre du Mithra Jazz Festival et nous livrent leur ressenti.

CAMILLE, LA  VOIX VOILÉE ET LES PIEDS NUS

Chronique : Milan Amélie Nyssen 

Camille arrive sur scène sans chanter. D’emblée, elle nous annonce : « J’ai la voix voilée, une toux de printemps. C’est bien pour chanter Summertime… » Mais, clairement, les pollens ne sont pas venus à bout de la chanteuse en bleu. Elle a tenu deux heures sur scène, à chanter, frapper des pieds, taper du piano, danser, à tenir en haleine la salle qui a fini en standing ovation.

C’est la deuxième fois que je vois Camille en concert. Je suis toujours ébahie par l’énergie qui en ressort. La musique est inclassable : entre les textes en français, si beau, si simple sans jamais être niais, les mouvements de danse partant dans tous les sens, les percussions corporelles, les jeux de lumière et de texture, les risques pris – qui ose chanter sous un drap alors que le public vient te voir ? – et le déhanché délicieux du percussionniste/boxeur… Bref,  nous ne savons plus trop où nous sommes : au Forum, sur un bateau dérivant sur les côtes irlandaises ou bien sur les rives de la Seine, dans une parade de tambours un 15 août ?

Et nous en oublierions presque tout le travail en amont afin de profiter de la musique où rien n’est consensuel. Bref, Camille, c’est une ode à la vie qui dit f*** aux cadres imposés. C’est un fleuve qui percute des rives pierreuses et boueuses. Celles où pieds nus, les gosses font des ricochets.

Camille, c’est généreux. Elle invite le Monsieur qui a ouvert son pot de miel et son amie à danser. Ensuite, elle appelle vingt personnes à ses côtés et ensemble, ils improvisent sur le mot « Liège ». Elle les remercie d’ailleurs personnellement d’être venus chanter avec elle.

Si tu n’as pas tout compris à cette chronique ? C’est normal. Camille et ses musiciens, ça se vit plus que ça ne se raconte. Vraiment, c’est beau, on se sent vivant et c’est tout ce qu’on demande.

UN P’TIT BOUT DE FEMME AU CHARISME IMPRESSIONNANT !

Chronique : Cécile Botton 

Dans le cadre de ce festival, Mélanie De Biasio a offert au Forum un moment suspendu dans le temps. Originaire de Charleroi, elle nous a présenté son nouvel opus Lilies où jazz, blues et électro se fondent dans une sobriété harmonieuse. Une salle comble, une entrée au son de sa flûte traversière, rythmée par de délicates percussions… D’emblée, le ton est donné !

Toute petite sur cette immense scène, elle captive la foule qui ne dira mot durant tout le concert. Un corps se mouvant tout en souplesse ainsi qu’une voix alternant fragilité et puissance provoquent une atmosphère indescriptible fortement chargée en émotions. En moins de deux, vous êtes aspirés vers une planète où la parole n’a pas lieu d’être. Mélanie n’a pas besoin de parler… Juste une petite phrase pour remercier son équipe et nous présenter ses trois musiciens ! Quant au premier morceau du rappel, il m’a particulièrement marquée. Guitare et voix, se mariant en toute simplicité sur un fond d’ombres chinoises, ont suscité pas mal de frissons.

Seul petit bémol, des larsens à trois reprises ont eu don d’agacer l’artiste, dévoilant ainsi un caractère bien trempé. Par ailleurs, j’apprécie beaucoup son dernier album, mais le vivre tous sens en éveil, quel bonheur ! Je me réjouis de le réécouter car au vu de ce que j’ai vécu ce soir, il n’aura plus la même couleur !

C’est sous un tonnerre d’applaudissements que se termine la soirée bien trop courte à mon gout. Je repars subjuguée et conquise par ce p’tit bout de femme au charisme impressionnant !

 

MELANIE DE BIASO VU PAR GILLES FISCHER

Photographies © Gilles Fisher

© GILLES FISCHER

 

 

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