RÉSILIENCE 2.0 : ENTRE IMMIGRATION, CULTURE URBAINE ET FÉMINISME

Rédaction : Gwenaelle Di Piazza

Romina Carota, ancienne éducatrice en maison des jeunes, sort ce mois-ci son premier livre “Résilience 2.0”. Récit autobiographique traitant de l’émancipation des jeunes de banlieue édité par les éditions de la mémoire “Mémogrames”. Véritable battante, elle est parvenue à surmonter les épreuves et à écrire sa propre histoire malgré une enfance qui ne laissait pas beaucoup de place aux rêves. Entre danse, musique, quête de soi et rencontres, nourrissez votre âme en laissant s’insinuer en vous la culture urbaine !

Le début d’une voie

Le chemin de vie de Romina Carota semblait tout tracé. En décrochage scolaire, privée de cours de danse, elle va être attirée par les lumières enivrantes de la Cité Ardente. Fuir le défaitisme omniprésent dans son quartier ? Une tentation bien grande ! Elle s’est laissée porter par la « grande ville » dans une toute autre optique. Par soif de liberté, Romina désirait avant tout s’émanciper de son quartier où tout était contrôlé par les hommes.

Avec le temps, le côté sombre de la ville s’est révélé. Elle tente alors d’éviter à la jeune génération féminine de « zoner » dans la ville en favorisant leur insertion en maison des jeunes. Cette initiative deviendra son projet « Espoir Urbain » et chamboulera sa vie. Elle ne cessera jamais de lutter pour l’émancipation des jeunes et l’acceptation des femmes en MJ.

« Espoir Urbain », une méthodologie d’intégration et d’émancipation

L’idée de Romina est simple. Donner la possibilité aux jeunes filles de s’approprier et de participer activement à la mise en place d’atelier en MJ. Simple mais peu évidente à mettre en place. Grâce à de précieuses rencontres, elle s’embarque dans une phase d’essai-erreur où le théâtre, la danse puis la radio vont servir de vecteurs au projet. Cette période, riche en expériences, lui ouvrira les yeux sur l’importance de l’implication des participantes à viser l’intégration de leur genre en MJ. Sans cette envie profonde, les filles finissaient par déserter. Tout était donc à recommencer. Son projet s’affirmera en s’axant sur une pédagogie active et une meilleure définition du public féminin ciblé.

Durant toute l’élaboration de sa méthodologie, Romina devra traverser des moments de doute, de découragement. Ce livre en est une trace. Avec ce témoignage, elle espère inspirer et guider des jeunes en quête d’émancipation, d’acceptation et d’affirmation de soi. Surmonter les épreuves de la vie n’est jamais chose aisée. Son caractère fort, empreint de résilience, lui aura été d’un grand secours. Toutefois, on ne se construit jamais seul. L’autre a été déterminant dans son parcours. Ce livre est, à ses yeux, une main tendue en retour.

Le livre

Aujourd’hui, employée à la Ville de Liège comme Gestionnaire de projets en Cultures Urbaines, Romina Carota continue son combat via la sensibilisation. « La charge émotionnelle d’un tel métier était devenue trop forte pour moi. Je ne pouvais plus m’impliquer autant. Sans compter le fossé qui commençait à se créer entre leur réalité et la mienne.» Via ce témoignage, elle veut prouver que tout est possible et insuffler aux jeunes qui le liront l’envie de se battre pour leurs idées. Etre un lien, un contact, un commencement pour tous ces jeunes à la dérive. Le style d’écriture et le vocabulaire employé en est d’ailleurs la preuve. Toutefois, sa retenue nous oblige à lire entre les lignes pour recevoir son message. La véracité des propos ne contrebalancera pas l’absence d’émotion transmise et vous laissera sur votre faim. Malgré tout, ce livre vous touchera et vous permettra d’approfondir vos connaissances. Il vous inspirera et vous poussera à vous dire « Pourquoi pas moi ? ». 

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