R COLLECTIF, DE LA CHARTREUSE À LA ZONE

Rédaction : Ludovic Minon // Photographies : Simon Verjus

Jusqu’à présent actif dans le milieu du graffiti, le R Collectif a sorti le grand jeu avec l’organisation de son premier événement multidisciplinaire. Loin de la grisaille et du froid auquel il est associé, novembre a donc débuté dans la couleur et l’effervescence. Théâtre, slam, rap, hip-hop et DJ set : de quoi ravir les plus éclectiques bouffeurs d’art que compte la nuit liégeoise — et en l’occurence, La Zone. Récit d’un collectif avec lequel il faudra désormais compter… Quatremille, au rapport !

« Le R du collectif c’est le R de réseau, renouveau, résistance, réaction… »

Réseau

Fin juin dernier, le R Collectif organisait son premier événement public dans les bâtiments désaffectés de la Chartreuse. Dans leur viseur, les graffeurs de Liège qu’il s’agissait alors de réunir dans une jam collective. Mais aussi — surtout ? — un public non-averti, invité pour l’occasion à (re)découvrir un univers artistique délaissé du grand public. L’objectif est assumé : mettre sur le devant de la scène des créatifs méconnus, et booster le milieu sous-développé du graff liégeois.

Depuis lors, les graffiti jams organisés par l’équipe s’enchaînent. « Avec la composition du collectif, soit un vidéaste, un slameur et trois graffeurs, les événements liés au graff nous semblaient une évidence », explique Nespa du R Collectif, « mais organiser des événements multidisciplinaires est notre objectif depuis le début. »

Nespa explique le projet multidisciplinaire du R Collectif

Nespa © Simon Verjus

Renouveau

La Zone comme premier hôte pour leur soirée baptisée R-Heure 404. « Un choix naturel », confie Nespa, « c’est un lieu phare du culturel alternatif à Liège, très ouvert au niveau du contenu. » Difficile de lui donner tort : l’endroit semble taillé sur mesure pour l’ambiance proposée. La salle semble créée pour illustrer le terme underground : des murs ravagés par des rides encastrées jusque dans son sol, comme une vieille portion de rue mise en cave et remaniée hip-hop pour l’occasion — une déco made by R Collectif. La Zone, c’est la zone.

L'entrée de la cave de La Zone

L’entrée de la cave de La Zone © Simon Verjus

© Simon Verjus

Résistance

Alors que les premiers spectateurs admirent encore les fresques, un type déguisé façon cheminot débarque en criant gare, un accordéon à la main. Du presque burlesque qui étonne ceux venus assister au hip-hop de fin de soirée. Un pari qui s’annonce risqué ! La naissance du jongleur, interprété par Raphaël Setty, pose un récit qu’on pensait bien parti pour se perdre en circonvolutions infinies mais qui pose un regard métaphorique lourd de sens. Derrière le jongleur, une lutte des classes âpre et désabusée. Les pains saucisses contestataires des graffiti jams ne sont pas loin. « On n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire ! » sourit Nespa.

La Naissance du Jongleur interprété par Raphaël Setty

La Naissance du Jongleur interprété par Raphaël Setty © Simon Verjus

Réaction

Le timing est serré et les artistes s’enchainent. Une demi-bière plus tard, la partie slam commence. Présenté par REQ du R Collectif, les poètes déclament tour à tour. Livrent leurs âmes à travers leurs mots. Des novices comme des expérimentés, pour un moment partagé avec un public parfois… mitigé. Mais faire l’unanimité dans un événement aux séquences aussi variées reste un vrai challenge.

REQ présente la séquence slam

REQ présente la séquence slam © Simon Verjus

L’ambiance cave à rimes se poursuit avec l’arrivée sur scène du collectif de rap La Kickart, véritable lancement de la soirée. Textes fouillés, beat aux aguets, une véritable claque pour ceux qui ne connaissaient pas ! Plafond à ras du sol, un excellent Kofy accompagné de Madboy entrainent la foule vers d’autres horizons. Il aura suffi d’une tirade a capella en guise d’introduction pour que les cigarettes s’allument désormais dans la salle même. Pas le temps de niaiser ! Les plus sceptiques auront compris que le R Collectif n’a pas choisi ses artistes par hasard. « Comme toujours, notre objectif est de mettre sur la scène ceux qui y ont moins facilement accès », explique Nespa. Pour beaucoup, la soirée n’a pourtant commencé qu’au début des DJ sets. Sur fond de projections made by Lunatic, c’est une partie de l’ex-collectif Diapo (Tømøyø, Sharp, Daslo) qui a fait vibrer La Zone jusque plus tard — bien plus tard — que prévu.

Josh

Josh © Simon Verjus

Julianne

Julianne © Simon Verjus

© Simon Verjus

Nay Kellie

Nay Kellie © Simon Verjus

AnimA

AnimA © Simon Verjus

Davidovitch © Simon Verjus

Davidovitch © Simon Verjus

Nay Kellie

Nay Kellie © Simon Verjus

© Simon Verjus

© Simon Verjus

© Simon Verjus

Davidovitch

Davidovitch © Simon Verjus

© Simon Verjus

Madboy

Madboy © Simon Verjus

Sharp & Tomoyo © Simon Verjus

Sharp & Tomoyo © Simon Verjus

Tomoyo

Tomoyo © Simon Verjus

© Simon Verjus

© Simon Verjus

© Simon Verjus

© Simon Verjus

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