QUATREMILLE EST PASSE CHEZ SO

Chronique : Laurenne Makubikua / Photographies : Marine Rigo

 

Après un concert plus que bouillant à Molenbeek, le rappeur Sofiane était à Liège, au Reflektor,  ce samedi 11 novembre, pour un concert bien ardent.

Ça faisait longtemps que je voulais le faire. Maintenant, c’est chose faite : je suis passée chez So.

So, Sofiane ou encore Fianso était déjà de passage à Liège en juillet lors du festival Les Ardentes. Mais faute d’un horaire favorable, je n’ai pas eu l’occasion de le voir sur scène. Ses freestyles #jesuispasséchezso, son émission « rentre dans le cercle » et ses sons qui sont devenus de véritables hymnes pour les jeunes issus des périphéries de grandes villes confirmaient que j’étais passée à côté de quelque chose. Et je ne me suis pas trompée.

Après être revenu, en quelques mots, sur le concert s’étant déroulé la veille, le rappeur conclut par un « ça a fini en fête au final à Molenbeek » et annonce qu’il désire commencer d’une autre façon à Liège. C’est ainsi qu’il entonne un « Tout le monde s’en fout » sur lequel la foule se déhanche et se déchaîne. Il va par la suite enchaîner une tracklist face à un public plus que réceptif. Ma cité a craqué – Bandit saleté – Toka – Marion Lepen – Mon p’tit loup – Saint-Denis – Pégase – Le cercle – Fais le mouv – Episode 10 – … et j’en passe ! Tous ces sons –  qui ont fait de Sofiane ce rappeur aux millions de vues sur Youtube – ont été repris par le public heureux d’entendre ces morceaux.

Et Sofiane sait comment montrer sa gratitude au public. Prenant le temps de saluer la foule avant, pendant et après ; lançant des « checks » à gauche à droite ; et passant le salaam aux personnes portant des drapeaux algériens, marocains et d’ailleurs. Il s’adresse plus d’une fois au public, échange en arabe avec la foule, il se permet aussi plusieurs apartés avec l’une ou l’autre personne. Une ambiance conviviale, presque familiale se dégage peu à peu. Un peu comme si l’on passait chez un pote, un cousin, un grand frère qu’on n’aurait pas vu depuis longtemps. Dans cet élan intimiste, le rappeur décide de faire monter tous ses « p’tits loups » présents ce soir-là sur scène (sur son morceau éponyme).

Fianso, il n’y a rien à faire, dans son rap, dans son émission, dans ses interviews, tu sens que c’est un mec vrai, authentique. Il en est de même sur scène, le tout, en envoyant une p*tain d’énergie tout le long du concert. Sofiane a mouillé son maillot au sens propre comme au figuré. En véritable show man, il répète des passages de ses morceaux phares, et le public lui répond (« 93 ? EMPIRE! ») ; il reprend ses gimmicks (ish, ish), et la foule l’imite.

C’est dans l’énergie inépuisable du rappeur que la foule va se nourrir. La foule est en délire : ça jump, les mains sont en l’air, les Smartphones tentent de dompter l’indomptable, le public part en pogo, des «  Fianso » retentissent dans la foule à plusieurs reprises sans qu’il leur soit demandé. Et à chaque fois que le public scande son nom, surpris, celui que l’on appelle le rappeur au grand cœur réagit, avec un sourire et des mercis.

Derrière ce concert à Liège, un seul homme : David Amaro est à la tête de « 2 Face-Event » fraîchement arrivé dans l’univers du management et du booking. David Amaro confie que pour ce premier concert organisé, il a décidé d’y aller au culot : il est monté à Paris et a négocié avec Fianso sa venue à Liège. Ce défi plus que réussi, il ne le doit, donc, qu’à lui-même, mais, il n’oublie pas que « ce succès est aussi dû à ses petits soldats, Goran, Natacha et Arnaud qui l’ont beaucoup aidé dans la vente de préventes ». Après ce franc succès et ces 500 entrées, l’organisateur a déjà plusieurs autres idées d’artistes à booker, ici, à Liège, susceptibles de plaire à ce même public cible.

En guise de conclusion, je dirais qu’il n’y a eu, à mon sens, aucune ombre au tableau, aucun écart. Seul bémol purement subjectif (et dû à mes vieilles oreilles abîmées lors de nombreux concerts et festivals auxquels j’ai assisté), j’ai trouvé les paroles quelques fois inaudibles, bouffées par une instru saturée par des basses. Peut-être était-ce simplement dû aussi à ma position dans la salle. Sinon, Fianso, à ta question : « T’es sûr(e) que tu veux vraiment passer chez So, hein ?! » (cf. Épisode 10) La réponse est oui, et je me réjouis déjà d’y repasser.

 

QUELQUES IMAGES © MARINE RIGO

 

 

 

 

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