QUAND LIÈGE TOURNE AU RYTHME DU FIFCL

Chronqiues : Carris Nsinga et Anaïse Lafontaine / Photographies : Florian Schynts et Elodie Leroy

Il y a quelques jours, Quatremille  vous parlait de la cérémonie d’ouverture de la troisième édition du Festival International du Film de Comédie de Liège. Aujourd’hui, ce sont les chroniqueurs, Anaïse Lafontaine et Carris Nsinga qui vous donnent à voir leur propre vision de l’événement. Par la même occasion,  découvrez l’expérience en images de deux de nos photographes.

LA CHRONIQUE DE CARRIS

Ce mercredi 7 novembre je me rendais pour vous à la deuxième journée du Festival International de Film de Comédie de Liège.

Après avoir attendu quelques minutes, les hôtesses d’accueil un peu stressées, finissent par mettre la main sur mon badge. Je peux officiellement déambuler dans les lieux.

Au sein du grand chapiteau érigé à cet effet au cœur de la place de la cathédrale on peut observer les allées et venues. Tout est fin prêt pour accueillir les artistes ainsi que les visiteurs.

Hugues Ash, chanteur de la région liégeoise, fait les derniers préparatifs pour sa représentation du soir. Certains artistes déambulent dans les lieux, font des photos, signent des autographes ou encore occupent les stands pour faire la promo de leurs projets. C’est également l’occasion pour eux de rencontrer et de répondre aux questions des journalistes.

À l’extérieur tout est mis en place pour le bon déroulement du festival. Entre les films en compétition, les projections propres au festival et la programmation habituelle, les cinémas de la Sauvenière ainsi que le Palace sont réquisitionnés. Toutefois, peu de monde se bouscule pour assister au festival, ce qui ne semble pas perturber les organisateurs qui visiblement  s’attendaient à une baisse de fréquentation pour cette deuxième journée. Au cinéma Palace, trois salles sont mises à disposition. Dans l’une d’entre elles, nous pouvons assister à la conférence donnée par Jean-Marie Bigard et l’humoriste liégeois par excellence, j’ai nommé Monsieur Renaud Rutten. Les deux protagonistes donnent une conférence pour le moins peu ordinaire. Pendant 1h30, ils se livrent entièrement au public. Ils nous racontent leurs parcours artistiques respectifs, les coups de chance, les coups de cœur mais aussi les coups de blues qu’ils ont pu rencontrer, le tout entrecoupé de d’anecdotes pour notre plus grand plaisir. Le maître de cérémonie, Gaetan Bartorsch, animateur sur Radio Contact, tente si bien que mal de gérer ces deux invités. Jean-Marie Bigard se fait plus discret. Il  répond aux questions puis de temps en temps amuse le public avec une blague bien placée. Renaud Rutten quant à lui est inarrêtable. Il se lève, interpelle le public si bien que la salle est conquise par la générosité de ces deux boute-en-train qui se livrent généreusement.

De retour sous le chapiteau, Hugues Ash sur son petit podium nous sert un « Wonderfull life » de Black finement bien joué à la guitare sèche. Comédiens, conférenciers, invités d’honneur et réalisateurs s’entrecroisent. Kamini qui est venu présenter son film « Bienvenu à Marly Gomont » – sorti en 2016 – fait des photos avec quelques fan ; Elise Larnicol (l’ex-membre des Robins des bois) est accoudée au bar et déguste une petite bière spécialement brassée pour l’événement ; l’humoriste belge Pablo Andres rejoint discrètement la table de Bigard et Yvan le Bolloc’h alors que Renaud Rutten fait son entrée sous le chapiteau tel un grand Seigneur, entouré de quelques fans à l’affût d’un autographe ou d’une photo souvenir.

Quelques minutes plus tard au cinéma Palace débute la soirée des ambassadeurs de la Province de Liège. Dans le hall on croise aussi bien des festivaliers que des clients classiques. Jérémy, 29 ans qui se fait une petite sortie ciné avec sa copine se demande ce qui se passe. Il est surpris par toute la presse ainsi que par le dispositif mis en place pour l’événement. Dans la salle de projection, tout le monde prend place. La séance débute par le couronnement d’ Alex Lutz. Celui-ci reçoit un prix pour sa carrière naissante mais déjà brillante des mains d’un Daniel Prévost affaibli mais arborant son sourire légendaire. Cette cérémonie est suivie par l’intronisation du président du jury,  Stéphane Guillon. Celui-ci n’a pas manqué de faire rire les différentes personnes dans la salle avec son humour aiguisé en recevant le Tchantchès réservé aux ambassadeurs de la Province de Liège.

C’est sourires aux lèvres qu’on regarde la joyeuse troupe quitter la salle sous les applaudissements du public nous laissant comme sensation un léger goût de trop peu.

LA CHRONIQUE D’ANAÏSE

Je me suis rendue au FIFCL jeudi dernier. Devant les nombreux choix s’offrant à moi afin de nourrir ma curiosité de cinéphile, j’ai choisi d’aller voir deux longs métrages en compétition et d’aller écouter Jaco Van Dormael.

Le premier film que j’ai été voir était Les Grands Seigneurs de Sylvestre Sbille. Ce film a été co-écrit et co-produit par Sylvestre Sbille et Renaud Rutten avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il y avait très peu de monde durant cette après-midi pour venir regarder ce film tourné dans la région liégeoise. L’ambiance était un peu étrange dans la salle de cinéma, le temps d’attente du film augmentait et l’introduction à celui-ci par Renaud Rutten fut très brève mais joviale.  Le film était agréable à regarder ; malgré le peu de gens présents dans la salle en dehors du jury, les rires remplissaient celle-ci. Les dialogues étaient bien ficelés et ont permis d’oublier la rapidité avec laquelle le scénario a extirpé ses personnages de tout point de vue politique, laissant l’abstraction du sens reprendre sans cesse le dessus pour revenir à l’humour.

Dans l’après-midi j’ai assisté à la rencontre avec Jaco Van Dormael animée par Christophe Bourdon. Elle était précédée par la projection de Toto le héros. L’échange était très intéressant : Jaco Van Dormael a répondu avec générosité et honnêteté à toutes les questions posées. Il était très enrichissant de pouvoir écouter ce réalisateur revenir sur sa méthodologie de travail en ponctuant ses réponses d’anecdotes.

Après avoir réalisé de nombreux courts métrages dans lesquels il dit avoir pu expérimenter plusieurs styles en peu de temps, Jaco Van Dormael a réalisé Toto le Héros, son premier film, à 34 ans, en ayant commencé l’écriture de celui-ci 12 ans auparavant. Film d’une poésie intemporelle sur le souvenir de l’enfance qui reçu le césar du meilleurs film étranger en 1992 et qui a laissé, des années plus tard, la salle suspendue à une rêverie partagée.

Le réalisateur est revenu avec humour et poésie sur son parcours : « Finalement, j’ai fait une école de cinéma pour ne pas être clown, mais je voulais aussi être photographe animalier à un moment. Au final, j’ai filmé ces étranges animaux que sont les acteurs. »

Lorsque Christophe Bourdon lui pose des questions sur son travail d’écriture, Jaco Van Dormael nous dit simplement qu’il a retenu un conseil d’un ancien professeur : « Un scénariste, c’est celui qui a le pantalon lustré au niveau des fesses à force d’être assis. » Conseil qu’il applique en se mettant à sa table de travail trois heures par jour pour écrire, faire des liens entre toutes les idées déjà esquissées depuis des années. Le réalisateur met le travail d’équipe en avant en rappelant que la réalisation d’un film est une oeuvre d’art collective dépendant du talent de chaque personne de l’équipe.

Au niveau des thématiques récurrentes, que l’on peut retrouver dans ses différents longs métrages passés en revue lors de la conférence ( Toto le héros, Le Huitième Jour, Mr Nobody, Le Tout Nouveau Testament – co-écrit avec Thomas Gunzig), Jaco Van Dormael dit ceci : « Je me suis rendu compte que tous mes films parlent de ça : comment foutre sa vie en l’air et en faire une histoire, comment parler de l’étrange aventure de la vie. »

Ce fut un très beau moment hors du temps, passé avec un réalisateur passionnant.

Le soir, j’ai été voir le film italien Trop Grazia de Gianni Zanasi. La salle était moins réceptive à ce film, qui nous prouve encore une fois que l’humour peut prendre maintes formes différentes, même celle de la religion. Peut-être que quelques mots d’introduction auraient permis une diffusion plus sensible du film.

Le Festival de Film International de Comédie de la ville de Liège était un beau moment à partager, riche en découvertes. Une difficulté en soi que de classifier l’humour au cinéma, un aspect qui reflète tant de personnalités si différentes, qui se regroupent parfois le temps d’un gloussement inattendu. Merci à l’équipe du FFIC d’avoir fait résonner les rires dans la ville de Liège d’une manière aussi diversifiée.

Notre photographe Florian Schynts était présent le mercredi 7 et le jeudi 8 novembre. Il nous rapporte sa vision et son expérience du Festival en images.

© FLORIAN SCHYNTS

Notre photographe Elodie Leroy était présente le samedi 10 novembre et nous ramène elle aussi sa vision et son expérience en images de ce beau festival !

© ELODIE LEROY

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