QUAND LIÈGE FÊTE LA MUSIQUE

Rédaction : Ludovic Minon, Thomas Renauld / Photographies : EKS Creation, Marjorie Goffart, Elodie Leroy, Alexander Delaporte

Rendez-vous culturel incontournable marquant le début de l’été, la Fête de la Musique sollicite chaque année des millions de musiciens à travers le monde. Les festivités proposent d’innombrables concerts dans plus de 300 villes avec, pour maîtres-mots, promotion culturelle, soleil et… gratuité. Et Liège n’est pas en reste. Quatremille a dispersé ses troupes aux quatre coins de la ville et vous rapporte quelques récits.

De Paris à Bogota

Lancée en 1982 sous l’impulsion de Jack Lang, Christian Dupavillon et Maurice Fleuret pour combler un manque culturel important, la Fête de la Musique a, depuis sa création à Paris et à Toulouse, gagné les terres du monde entier. Si désormais cet événement mondial s’étend généralement sur plusieurs jours, cela n’a pas toujours été ainsi. Initiée dans l’urgence, la Fête de la Musique s’impose directement en France. Jack Lang et sa bande parlent en effet d’un résultat au-delà des espérances : à leur appel répondent des milliers d’initiatives, dans les différentes infrastructures mais aussi et surtout dans les rues. La fête est totale, le pari réussi. L’événement est prêt à s’exporter au-delà des frontières françaises et l’année 1985 marque le début de son expansion. En 1997, enfin, une charte est signée pour acter la volonté de rendre cette Fête de la Musique européenne. Depuis lors, le monde entier fête la musique chaque année : on compte 120 pays organisateurs et parmi eux, bien sûr, la Belgique.

Un joyeux bordel

De la place Cathédrale au Laveu, du Garage au Blues Sphere, la Fête de la Musique rassemble sous sa bannière tout ce que Liège compte d’organisateurs et d’asbl culturelles en tout genre. Avec un objectif simple : offrir une panoplie éclectique au possible de concerts gratuits. Les terrasses de Roture sont pleines à craquer, les rues semblent déborder de monde comme de bières et la musique tonne dans tous les coins. Les vacances sont là, n’en déplaisent aux – pauvres – étudiants encore en session ! Avec une programmation si soutenue, difficile de choisir… Si certains se préparent un véritable plan de bataille, d’autres préfèrent se laisser guider par les échos !

Les jardins du Mad

L’exil du Mad Café vers la rue Fabry ne l’a pas fait disparaître de la carte culturelle liégeoise, loin de là. Quatremille est allé y faire un tour vendredi soir, en guise de première mi-temps de cette édition de la Fête de la Musique. Les jardins bucoliques du Mad donnent le ton : une atmosphère conviviale et détendue. Un public très disparate attend le début des concerts un verre à la main, des enfants courent sur la terrasse… On dirait le Sud. Le temps dure longtemps.

Mais pas trop longtemps quand même : l’heure est au rock avec les Bruxellois de Indigo Mango ! Les cinq compères attirent les oreilles dès la balance. De la tignasse du claviériste au style à la Stephen Graham du batteur, en passant par les pas de danse du percussionniste, il faut dire que la dégaine de l’ensemble joue plutôt en leur faveur. Passé les solos millimétrés du guitariste qui apportent le côté rock, le set se teinte également de funk, de soul et d’un brin de hip hop. « Chacun d’entre nous apporte sa touche personnelle », expliquent-ils. Point particulier, le batteur assure le lead vocal ainsi que la composition. Ce qui ne trompe pas le public mélomane qui remarquera l’aspect rythmique très marqué du show. Un groupe à suivre !

Changement d’ambiance avec le collectif suivant : les aristochats de One Shot One Swing ! Bien connus du public liégeois, le groupe a été (re)formé par Martin Keita sur les cendres encore fumantes des Ardent Swingers. La nuit s’installe sur les jardins du Mad et les notes de jazz y mettent tout le monde d’accord. On se marche un peu dessus mais peu importe : ceux qui n’avaient pas dansé précédemment n’ont d’autre choix que de se laisser emporter. « Jouer pour danser », confie Martin, « un de nos objectifs est d’ailleurs de faire des concerts avec des danseurs professionnels. ». Et un certain public a d’ailleurs hâte d’y être… « Ceux-là, il faut en profiter tant qu’on peut les voir gratuitement », lâche un harmoniciste habitué de la scène liégeoise. C’est bien ce qu’a fait le public du Mad Café ce soir-là : en profiter.

© Alexander Delaporte.

De l’Orient dans ton rock

Du côté de l’An Vert et sa décoration chatoyante, c’est le sextet Pheonician Drive qui sévissait pour réjouir les auditeurs ayant fait le déplacement de ce côté du quartier d’Outremeuse. Au programme donc, un rock progressif aux influences orientales, jouissant d’une dynamique musicale rappelant la mouvance krautrock.

© Marjorie Goffart.

La festa di musica !

Si le rendez-vous est déjà pris pour assister au Supervue Festival à la fin du mois de juillet, c’est bien dans le cadre de la Fête de la Musique qu’on a retrouvé l’équipe de la Superette pour un événement résolument fait pour marquer l’arrivée du soleil. Les fêtards de l’Espace George Truffaut ont pu danser au rythme des sonorités cumbia, global club music ou encore baile funk.








© Élodie Leroy.

Pas de repos pour les braves

Le Kollectif Bunker revient avec son concept des Moderne Musik Sundays. Premier épisode d’une série de soirées estivales en collaboration avec le Théâtre Le Moderne et 48FM, le rendez-vous dominical propose des après-midis grisants au son de sets électroniques alternatifs diffusés sur les ondes. Une initiative tout public offrant une belle opportunité de rentabiliser ses dimanches.





© EKS Creation

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