Première session : concentré de hits par LaClique !

Rédaction : Julie Bernardi / Photos : Pierre David Brems

LaClique, un groupe de rap liégeois composé de trois rappeurs et de leur beatmaker, ont accepté de nous en dévoiler un peu plus sur leur histoire à l’occasion de la sortie de leur premier EP Première Session 

Le commencement 

Slim, Muilaso et BigSmack, les trois mc se sont rencontrés il y a une dizaine d’années via leurs parcours scolaire. Un jour, deux d’entre eux ont lâché un freestyle lors d’une soirée entre amis et ont marqué les esprits : on leur propose alors leur premier concert. Il leur faut trouver un nom de groupe et un DJ. L’idée du nom a été trouvée par Muilaso, idée qui lui a été directement inspirée par ses cours de sociologie et qui fut approuvée à l’unanimité ! Concernant leur recherche de DJ, ils se tournent assez rapidement vers Tømøyø, car celui-ci connaissait l’un d’eux et était déjà beatmaker. Il les a donc accompagnés sur scène pour leur premier concert. Concert qui s’est révélé être décisif pour LaClique. En effet, Slim nous explique que « Ça a vraiment été la découverte de toute cette passion. Ça a ouvert quelque chose que l’on n’imaginait même pas quoi donc dès ce premier concert on s’est dit c’tout quoi, let’s go, on enchaine ! » C’est alors qu’ils ont décidé ensemble que Tømøyø intègre le groupe à son tour et en devienne un membre à part entière en tant que directeur artistique, il ne s’occupe donc pas seulement des prods, il gère la direction de leur musique dans son ensemble et est même en train de se spécialiser dans l’enregistrement et le mix des sons. 

© Pierre David Brems

L’évolution de leur style : 

Leur style musical s’est forgé à travers leur histoire. Ils ont débuté avec des freestyles en soirées et ont fait leurs premiers concerts avec des phases B de YouTube puisqu’ils ont commencé à tourner avant d’enregistrer. Durant la première année d’existence de LaClique, ils ont créé pas mal de sons pour trouver leur style. Ils décrivent celui-ci comme authentique, directement relié à eux et à leur vécu. Ils ne font pas du rap de gangsters, expliquent-ils, car ce n’est pas du tout leur milieu, ils ont essayé de rester vrais par rapport à ce qu’ils vivent tout en laissant s’exprimer leur plaisir de faire de la musique. Chacun d’eux ont été influencé par des artistes assez différents : on retrouve parmi eux Seyté et l’Hippocampe Fou pour BigSmack , Josman et Jay Cole pour Muilaso, Nekfeu, Roméo Elvis et L’Or du Commun pour Slim tandis que pour Tømøyø, on retrouve Eazy Dew et Phasm. De plus, il faut savoir que Tømøyø ne composait pas du tout du hip hop de base, mais bien de la techno -house, drum and bass… – et il possède en plus de ça une très large culture musicale, ce qui lui permet de puiser l’inspiration dans de nombreux styles. LaClique définit donc leur style comme étant très éclectique, d’un son à l’autre, ils vont rapper d’une manière toute autre, l’univers de la prod va changer radicalement et le thème traité sera lui aussi différent. Cependant, leurs créations préservent une certaine homogénéité grâce à leur cohésion : les refrains sont écrits ensemble, selon l’inspiration de chacun et la vibe recherchée, chaque couplet est écrit par le rappeur qui va l’interpréter, et Tømøyø s’occupe des prods. Enfin… Ça, c’est vrai concernant les créations de leur EP. En effet, leur beatmaker écrit et rappe également. Et LaClique nous a confié qu’il y aurait pas mal de collaborations avec lui dans les projets qui suivent. Leur EP est donc l’aboutissement de 2 ans de recherche pour aller dans différents styles et amener différentes couleurs.  Quand ils ont commencé à tourner, LaClique a imaginé une line up en fonction des différents moods qu’ils voulaient apporter. BigSmack nous explique : « Au début, on n’avait pas les sons, on disait en mode, là, ce serait cool qu’il y ait un son agressif. Et là, un son bien crade bien, du coup on mettait crade. Puis un son meuf, on mettait meuf… Et on a gardé ces noms de sons pendant 3-4 concerts quoi. » En décembre 2021, ils ont sorti un projet pour Iles de paix. Ce projet fut un vrai défi pour eux car ils n’ont eu que deux semaines pour le créer et l’enregistrer tout en prenant en compte les critères qui leur ont été imposés. Ce n’est pas pour autant qu’ils se sont contentés de choisir la facilité. En effet, Muilaso a apporté l’idée de faire des cuts et d’utiliser plusieurs prods, chaque prod utilisée pour véhiculer une émotion différente. Le résultat est incroyable tout en étant très technique. Publié jusqu’ici uniquement sur le site du Soir accompagné d’un article, ils sortiront ce morceau en tant que single un peu plus tard. 

Le collectif LaClique 

Après leurs premiers concerts et leur amour de la scène découvert, LaClique a réalisé que peu de monde les connaissait et qu’il y avait donc peu de chance que les gens soient intéressés pour les booker. Ni une, ni deux, ils ont alors décidé de monter un collectif du même nom pour organiser des soirées et pouvoir se produire à l’occasion de celles-ci, pour « nous faire connaitre grâce à nous-même !  » résume Muila. Leur collectif LaClique regroupe des personnes d’horizons professionnels très différents – un graphiste, un manager, etc.- et leur travail leur a permis assez rapidement de pouvoir organiser leurs soirées/concerts au Kultura. Ils ne se sont pas contentés de garder cette opportunité pour eux, en effet, ils ont voulu faire monter un maximum de personnes sur scène afin d’en faire profiter d’autres artistes liégeois, et puisque tous se connaissent de près ou de loin, l’ambiance était au rendez-vous ! Leurs soirées, appelées « The Block », ont eu un succès assez rapide et ont accueilli de plus en plus de monde. « On a aussi souvent collaboré avec les crews « Sans Allure » et le « R collectif ». On est vraiment genre ensemble et on se fait monter ensemble dans nos soirées. Et ce n’est même pas parce qu’ils nous ont invités que du coup, on les invite. C’est juste parce qu’on kiffe ce qu’ils font, ils kiffent ce qu’on fait, c’est vraiment du donnant donnant ! » expliquent Tømøyø et BigSmack. D’ailleurs, si vous voulez assister à leur prochaine soirée intitulée « LaClique présente TheBlock #4 », ça se passe le 18 mars !

L’aboutissement de leur EP 

Leur EP  Première Session est sorti le 25 février et a dévoilé 4 nouveaux sons – C’est l’heure,  D.V.D.L.T, Homme à terre  et  Blanc coco -, en plus des deux déjà sortis Kestenpenses ? et J’suis pas. Les morceaux ont été mixés au Studio 4000 et masteurisés par Dan D’Ascenzo. Chez Quatremille, nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir cet EP dont les titres varient autant en technique, qu’en thème ou en style. Les deux clips qui ont accompagné cet EP ont été réalisés par les RecBrow’z et témoignent une fois de plus de l’imagination et du professionnalisme de LaClique. Le premier, Kestenpenses ?, a été tourné dans les rues de notre belle cité ardente et est composé de 3 plans séquences dans 3 endroits différents, un pour chaque couplet et chaque mc. Pour rajouter de l’énergie au clip, ils ont eu l’idée de faire des plans « jours » où il n’y a pas grand monde et des plans « nuits » où il y a plein de monde qui s’ambiance sur le son. Le résultat est clairement à la hauteur et LaClique remercie au passage tous les figurants qui étaient présents pour leur patience et leur énergie. Pour leur deuxième clip, J’suis pas, les 4 artistes avaient déjà les idées depuis près de 3 ans mais n’avaient pas pu les mettre en place avant par manque d’équipes techniques. Le clip de J’suis pas nous plonge dans un univers futuriste avec des casques de réalité virtuelle. Tømøyø joue le scientifique aux commandes des expériences VR et chaque rappeur interprète un gars qui a un rendez-vous avec une fille, fille qui lui a été attribuée par une application analysant les mentalités de chaque personne. Ces rendez-vous se passent donc en réalité virtuelle et on voit apparaitre tout au long du clip une vraie dissonance entre le monde réel, gris, terne, à l’univers glauque, et le monde en réalité virtuelle, où tout semble plus beau, plus lumineux et plus agréable.