LE PREMIER LUDUS FESTIVAL

Chronique : Antoine Grignard / Photographies © Maeva Brifflot

 

Ce samedi 28 octobre voyait se tenir la première édition du Ludus Festival, événement créé par et pour des groupes de la région de Huy. Ambiance festive assurée grâce à ce line-up qui a eu l’intelligence de proposer des groupes aux styles parfois bien différents, allant du metalcore au hard rock en passant par le rock alternatif.

Et de rock alternatif il est question avec Arcus, premier combo de la soirée à fouler les planches de la salle du Tambour à Jehay. C’est devant un public clairsemé que le quatuor entame son set, mené par JM, chanteur que l’on reverra plus tard dans la soirée et dont la voix fait des merveilles. Que ça soit sur des titres plus calmes (cette surprenante reprise du « Je Suis un Homme » de Zazie) ou sur des passages plus énervés (les passages growlés sur le titre final, « Zombie »), le vocaliste assure. Les musiciens qui l’accompagnent ne sont pas en reste et si on les sent un peu en retrait en début de set, il ne faut pas longtemps pour que tout le monde se lâche, y compris le public qui applaudit correctement le groupe  liégeois.

Les Amaytois de Hospmade sont les suivants et l’ambiance change complètement puisqu’après le sérieux tout relatif d’Arcus, les cinq musiciens sur scène sont en mode festif. Il suffit d’en juger par l’attitude générale des musiciens pour voir que l’ambiance se veut joviale et détendue : les membres du groupe prennent le temps de siroter leur bière entre les titres et le chanteur Jordan Lehane n’hésite pas à discuter et réagir avec le public. C’est d’ailleurs lui qui tire le groupe vers le haut, sa formation de chanteur d’opéra est un véritable plus.

Musicalement, on fait le grand écart entre Manowar (« Die For Metal » joué en ouverture) et les Dead Kennedys (« California Über Alles ») en passant par Freak Kitchen (belle surprise que ce « Speak When Spoken To »), les Foo Fighters et System of a Down. Il semble d’ailleurs que Hopsmade soit très amateur de ce dernier groupe puisque son set, constitué à 100% de reprises, comprend pas moins de cinq titres du groupe américano-arménien.  Dommage que la qualité de ce concert ne soit pas constante, les interventions du guitariste Nicolas Adami au chant étant, par exemple, assez maladroites et à des années-lumière de la justesse du frontman. À la fin de la prestation, nous avons plus l’impression d’avoir vu cinq potes jouer devant leurs amis qu’un véritable groupe qui veut faire ses preuves, mais la bonne humeur était de mise et c’est bien tout ce qui compte pour ce genre de groupe.

C’est au tour du groupe à qui l’on doit l’initiative de ce festival, K-Lizeüm, de jouer. On retrouve au chant, JM, chanteur dArcus dans un registre cette fois à mi-chemin entre le hard rock et le heavy metal, pour un cocktail réussi ! En plus de cet excellent frontman qui délivre ses paroles en français avec conviction, les musiciens font le boulot et sont très mobiles, donnant un vrai dynamisme à la prestation. Ajoutez à cela des compositions très solides et une interprétation aux petits oignons et cela nous donne tout simplement le meilleur set de la soirée.

Le combo ayant décidé d’inviter exclusivement des formations amies, les musiciens des autres groupes du soir sont invités à taper le bœuf sur scène avec K-Lizeüm à plusieurs reprises, un petit plus qui fait plaisir au public qui assiste ainsi à des versions inédites des morceaux joués. Mention spéciale aux reprises de « Titanium » (Sia & David Guetta) toutes deux revisitées à la sauce du groupe et chantées en français ! À la fin de la prestation, nous n’avons qu’une seule envie : voir ces musiciens continuer sur leur lancée et atteindre une renommée bien méritée. Quel plaisir !

La prochaine formation n’est plus à présenter tant son nom est connu dans le milieu des cover bands belges et surtout dans cette région : Dog Day’s ! Mené par l’incorrigible Mimmo (chant), véritable showman, le groupe hutois va enchaîner les uppercuts à grand renfort d’hymnes hard rock/metal à reprendre en cœur. Un peu d’AC/DC (« Highway to Hell »), un soupçon de Metallica (« Enter Sandman »), une pincée de Trust (« Antisocial »), le tout servi sur un lit de Motörhead (« Ace of Spades »), voilà la recette du groupe.

On sent les musiciens rodés et la fête reprend de plus belle. Car chaque prestation de Dog Day’s est marquée du sceau de la camaraderie et de la bonne humeur.  Si tout n’est pas parfait, l’énergie et l’énorme capital sympathie des musiciens assurent la réussite de ce concert qui fait presque figure de tête d’affiche de la soirée, à en juger par la réaction de la foule.

Alors qu’une partie du public s’en va, un dernier groupe originaire de Huy pose son matériel sur scène et autant dire que les courageux qui sont restés jusqu’à la fin vont être secoués. En effet, Firedown pratique un metalcore légèrement teinté de djent qui détonne avec les autres prestations de la soirée, mais il en faut plus décourager les cinq membres du combo, qui donnent tout ce qu’ils ont durant leur set, à l’image d’une petite partie du public qui se lance dans de timides pogos et circle pits.

Décidément, cette soirée a été placée sous le signe de l’amitié puisqu’une franche camaraderie se dégage à nouveau de la scène, principalement entre Kevin, Jonathan et Jimmy (respectivement les deux guitaristes et le bassiste), mais aussi des invités qui partagent les planches ave Firedown. On note ainsi le retour de Quentin (ex-Firedown et guitariste de Dog Day’s) qui rejoint ses anciens collègues, faisant monter le total de guitares à trois pour un résultat puissant.

On peut donc dire que ce tout premier Ludus Festival a tenu ses promesses : des prestations réussies, des groupes de qualité et humbles, une bonne atmosphère générale et une ambiance chaleureuse. Ce genre d’évènement qui permet de mettre des groupes locaux en lumière se doit d’être encouragé et nous prenons déjà rendez-vous pour une deuxième édition l’année prochaine !

 

QUELQUES IMAGES © MAEVA BRIFFLOT