PLONGÉE AU CŒUR DE LA FAMILLE DU NANDRIN FESTIVAL

Chronique : Cécile Botton / photos : Nandrin Festival &Hugues Pagacz

Ces 16, 17 et 18 aout, le Nandrin Festival soufflait ses 25 bougies. En autant d’années, des liens se créent et c’est autour d’une solide équipe de bénévoles que le festival s’est peu à peu forgé une réputation. Plongeons au cœur de cette famille qui n’a qu’une seule envie : « Qu’au Nandrin, tout le monde s’y sente bien ! » Une chronique de Cécile Botton.

Des bénévoles en veux-tu, en voilà

Eh oui, on les oublie souvent ! Mais sans tous ces bénévoles qui s’activent de tout côté, vous ne pourriez profiter de tous ces artistes qui vous emmènent quelque peu en vacances. M’y rendant pour la troisième année consécutive, je ne peux que savourer leur gentillesse et leur dévouement. Dès le mardi, toute une équipe est déjà à pied d’œuvre. « Même si je n’avais pas encore l’âge de travailler pendant le festival, je venais déjà au montage lors des premiers Nandrin. Tous les Nandrinois s’y retrouvaient comme une grande famille. C’était ma sortie de l’année ! » explique Muriel qui maintenant fait la totale du montage au démontage. « Ici tout le monde se connait, c’est une façon de rencontrer des gens et de rendre service » poursuit Geneviève qui travaille au bar. À l’accueil, même son de cloche. « On est une bande d’amis, on prend plaisir à rencontrer les gens » confie Nancy. Ici, chacun, à sa manière, veille au bien-être des festivaliers ou des artistes ! 

© Nandrin Festival

 P’tit retour au 20ème siècle avec Gaston Merkelach

C’est en 1994 que Gaston fonde le festival avec Michel Lemmens. Cette année-là, deux têtes d’affiche : Such A Noise et Deus. « Ce dernier, totalement inconnu à l’époque, plante complètement son concert. À la fin, ils nous promettent de revenir quand ils seront au top ! » Ils n’oublient pas et reviennent 4 ans plus tard. « Là, ils explosent… c’est aussi à ce moment que le festival a pris son envol. » 

Such A Noise XXL © Hugues Pagazc – Nandrin Festival

Au temps des grandes pointures, Gaston se rappelle avec beaucoup d’émotion la venue de ZIZI Top… qui s’avère être l’artiste le plus « chieur » jamais rencontré ! Arrivé à 11h du matin et jouant à 22 h, il n’a eu de cesse de l’embêter tout au long de la journée avec des lubies aussi folles qu’insensées : «repasser des chemises avec un fer rouge qu’on a dû acheter en toute urgence, interdiction de plier les costumes pour les transporter des loges à la scène et donc, trouver une camionnette suffisamment haute pour tout transférer. Sans oublier le comble de la soirée ! Il était hors de question que ZIZI Top monte sur scène parce qu’il n’y avait qu’un frigo à gauche et aucun à droite. Et là, à bout de patience, on lui a dit que tous les auditeurs de radio 21 allaient entendre qu’on annulait son concert parce qu’il manquait un frigo sur la droite de la scène. Comme ils ont bien vu qu’on ne bougerait plus, ils sont tous montés sur scène et le concert fut top ! » Pas toujours facile pour les bénévoles de gérer les fantaisies des artistes célèbres! 

© Nandrin Festival

Problème qui n’est plus à l’ordre du jour car trois ans années après sa renaissance, le Nandrin a juste envie d’offrir un festival à taille humaine où les familles peuvent venir avec leurs enfants. D’ailleurs, animations et casques sont prévus pour le bonheur des plus petits. « C’est très relax et bien loin des festivals « mastodontes ». Je pense qu’actuellement pas mal de gens préfèrent un lieu aéré où on peut manger et boire à son aise, discuter avec les copains… C’est cet esprit que l’on veut développer et donc nous n’avons aucune envie de revenir sur les traces du passé. Nous voulons rester au cœur du village !» Dans ce cadre familial, les artistes se doutent bien que l’accueil le sera tout autant ! « Mais ils aiment ça… ici, on privilégie d’abord le contact humain, personne ne se prend la tête, on fait son possible pour offrir le meilleur à tous ! » conclut Gaston. 

© Nandrin Festival

Une programmation de qualité

« Il y a toujours de belles découvertes et une grande place laissée à la programmation belge… C’est important parce que ça se perd un peu et qu’on retrouve toujours les mêmes têtes d’affiche de festival en festival… Ici, c’est différent et j’aime beaucoup !» explique Muriel Lombaerts, l’attachée de presse. C’est elle qui s’occupe de la promotion du festival, accueille la presse, les photographes et les professionnels afin de les diriger vers les bonnes personnes pour les interviews. Une manière de promouvoir des artistes francophones et néerlandophones qui sont souvent bien éloignés des ondes radiophoniques. 

Immersion au merchandising

© Nandrin Festival

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rejoint Sabine Darmont rencontrée il y a deux ans. À cette époque, elle était responsable des loges. Comme elle s’y sentait un peu à l’étroit, elle en a discuté avec Michel Lemmens et c’est ainsi qu’ils ont l’idée de créer un stand de merchandising, un petit endroit convivial pour de chouettes moments de rencontres entre artistes et fans ! « J’avais besoin de rencontrer le public… Hier soir, des personnes sont venues avec des petits cadeaux pour EMJI. C’était tellement touchant que j’en ai eu des frissons ! » confie SabineEnsemble, nous avons pris plaisir à vendre les CD, T-shirt et autres boucles d’oreilles, à discuter avec le public et les artistes. Quel bonheur de voir tous ces sourires et ces yeux pétillants à travers la grisaille du jour ! .

Deux coups de cœur

YKONS © Nandrin Festival – Hugues Pagacz

Samedi, c’est le groupe YKONS, originaire du Pays de Herve, qui a capté toute mon attention tant sur scène que dans le stand de merchandising où nous avons passé un excellent moment. Il faut dire que Renaud tout en humour a son p’tit fan club et dédicace en toute décontraction Reflected, l’album sorti en janvier dernier. Vu que les cinq membres du groupe ont des influences totalement différentes et qu’ils voulaient les marier afin de donner une couleur au projet, ce premier opus a mis trois ans pour éclore. « Ça devait plaire à tous les cinq, ce qui donne une certaine universalité à notre musique… c’était un beau challenge et c’est une joie de le défendre quand on voit la réaction du public ! » explique Renaud. Au terme de la saison, ce n’est pas moins de 23 concerts qu’ils auront donnés. Une ascension fulgurante pour ce groupe qui était pratiquement inconnu lors de sa première prestation au Nadrin l’an dernier. « Revenir ici, c’est une grande joie, car dans ce village, il y a un accueil de dingue et une véritable âme, les gens qui viennent se connaissent pratiquement tous… et donc c’est un peu rentrer dans une famille, on est cocooné, c’est très très chouette ! » lâche le chanteur du groupe. 

Such A Noise XXL © Nandrin Festival – Hugues Pagacz

Tête d’affiche lors de la première édition, Such A Noise XXL revient dans une dimension intergénérationnelle avec deux jeunes talents : le batteur Dennis Vercauteren et le guitariste Téo Crommen. Et malgré les quarante années qui séparent Téo et Jean-Pierre Froidebise, ce dernier garde un pêche d’enfer. D’ailleurs, la complicité de ces excellents musiciens vous emporte dans un vent de folie !

Encore un tout grand merci à tous ces bénévoles qui au même titre que les artistes font la beauté d’un festival. Et Sabine de conclure : « Maintenant, on se connait tous très bien, je suis vraiment ravie car on a tous trouvé notre place. C’est génial ! » 

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