PEP’S ARTISTES : OLIVIER COX, UNE MODESTIE EMPLIE DE PÉTILLANCE

Interview : Cécile Botton 

Pep’s artistes ou la mise en lumière d’artistes aux propositions multiples. Cette fois, c’est au batteur Olivier Cox de se prêter au jeu. Actuellement, pas moins de 11 projets en scène dont Raid Aérien de Jérôme Mardaga, Soul Caravane, Dalton Telegramme, François Bijoux, Dan San, Yew, Noa Moon, Sharko, Condore, Duplex avec Didier Laloy, MMM. Sans oublier la direction artistique de Noa Moon et de François Bijou ainsi que quelques enregistrements de Gaëtan Streel, Sacha Toorop, Maia Vidal, Marie Warnant, … Très discret, le musicien nous entraine dans une interview pleine de surprises! Quand la passion prend le pas sur la réserve, les yeux pétillent au rythme d’une langue déliée !

© Christophe Dehousse – Raid Aérien

Au gré des rencontres

Malgré tous les groupes dont il fait partie, je n’avais jamais entendu parlé d’Olivier Cox avant le concert de Jérôme Mardaga “Raid Aérien” à la Caserne Fonck en décembre dernier. Un concert hypnotique où le côté oppressant est renforcé par des jeux de lumière sophistiqués et des projections sur un écran géant. « On entre vraiment en transe, c’est comme si on était en train de se cracher en avion et que ça n’en finissait pas… C’est vraiment ça qu’on ressent, c’est très jouissif à jouer !  » explique le batteur qui n’a pas l’habitude d’un jeu aussi puissant sur des formats aussi longs. « Je crois que mes bras ont grossi depuis que je joue avec Jérôme… J’ai carrément plus de muscles ! » lâche l’artiste tout sourire. Un concept très spécifique qui attire peu de public et qui, une fois encore, a manqué de visibilité. Une découverte pour le batteur peu habitué à ce style de musique sombre et répétitive. 

Olivier Cox -Thomas Humpers
© Thomas Humpers – Soul Caravane

On l’a d’ailleurs retrouvé au sein de Soul Caravane lors des dernières fêtes de la musique. «  Dès le mois d’avril, ce projet où 10 artistes revisitent les répertoires de Stevie Wonder et d’Aretha Franklin m’a apporté une bouffée d’air frais dans ce confinement. » souffle Olivier. Dès le début du déconfinement, distanciation sociale oblige, ce sont les artistes qui se sont déplacés au gré des quartiers d’Ixelles afin de rétablir un réel contact avec le public. « Dix concerts où on a vu les gens danser et retrouver la joie de vivre, ça a fait beaucoup de bien ! » 

Mais d’où vient cette passion pour la batterie ? 
À l’âge de 5 ans, Oliver commence l’éveil musical à l’académie de Remouchamps. Pendant une dizaine d’années, il poursuit l’apprentissage de diverses percussions telles que batterie, timbales, xylophone vibraphone, … Il joue également dans l’orchestre de l’académie. « C’était de la musique classique, mais ce n’était pas mon truc… alors à l’adolescence, j’ai commencé les groupes un peu plus rock. » 
Les premiers groupes
Âgé de 14 ans, il rejoint la Rock School des Jeunesses Musicales où il rencontre des gens qui lui permettent de jouer dans différents groupes de rock. « Le tout premier groupe dans lequel j’ai joué c’était les Dirty Pigs On a eu un seul concert ! » Juste après, avec son meilleur ami, Rémi Rotsaert, il crée les Skalators, un groupe de ska-punk en français. « En 3 ans, on a eu une cinquantaine de dates … Pas mal pour un groupe d’ados ! On jouait très régulièrement. » Par la suite, il poursuit sa formation au Jazz Studio d’Anvers et au Jazz BXL, deux écoles privées où il fait de belles rencontres. «Il y avait plus de pratique qu’au conservatoire, mais le diplôme n’est pas reconnu. » conclut l’artiste.

Orfeo

© Orféo

Ce groupe est créé en 2004 par le chanteur François Maquet. En 10 années d’existence, Orfeo a sorti 3 albums et donné beaucoup de concerts en Belgique et à l’étranger. « On est toujours dans notre petit confort en Wallonie, alors aller à l’étranger, ça nous remet un peu à notre place… tu te rends compte que le monde est très grand et puis c’est très gai de voyager, c’est comme un team building forcé… » Sillonner les routes en camionnette pendant des jours ou des semaines, ça rapproche ! 

Dalton Telegramme

© Benoit Dive – Reflektor

En parallèle, avec Quentin Maquet et Rémi Rotsaert, ils ont envie de faire autre chose et en 2009, ils créent les Dalton Telegramme. Les consonances folks des débuts ont fait place à un deuxième album davantage axé variété. Victoria – https://quatremille.be/victoria-la-subtilite-feminine-des-dalton-telegramme/- qui est sorti à l’automne dernier. 

Les projets se multiplient

« 2013 n’a pas été une bonne année, je donnais beaucoup de cours et je doutais un petit peu de pouvoir vivre de la musique ! » Pourtant, en 2014,  tout bascule ! Il est  contacté par Dan San pour une audition, et peu de temps après par Sharko.

Il intègre également le groupe de Mademoiselle Nineteen qui enregistre, à Liverpool, un album en français aux sonorités fort proches des Beatles. «Un chouette album qui n’a pas eu de visibilité car la tournée est un peu tombée à l’eau vu que l’artiste était enceinte quand l’album est sorti ! »

Une période riche en expériences où le batteur prépare trois albums qui sortiront tous en 2016. «  Un chouette moment, je sentais que j’avais une belle visibilité et à certains festivals, je jouais avec les 3 groupes, beaucoup de concerts, plus de demandes,… et  d’ailleurs, j’ai arrêté de donner cours de musique car je tournais pas mal ! »

Yew

© EK Creation – Yew

Il y a 3 ans, Olivier rejoint Yew au moment de la sortie de « l’album au casque » qui a été enregistré en live dans un studio en 2 séances avec 25 personnes. «On s’est toujours croisé, avec Orféo, ce sont deux groupes qui se sont créés à la même époque et on a souvent partagé les mêmes affiches et c’est tout naturellement qu’ils ont pensé à moi. » Près de 3 ans après la sortie de l’album, les demandes continuent à arriver, un concept intimiste qui fonctionne bien surtout dans le contexte Covid puisque ce sont des jauges de 100 personnes. « On est allé à l’étranger notamment en Suisse, au Canada et aussi à Saint-Malo, dans des petits bars pour des concerts de chauffe… Avant de commencer la tournée, c’était très chouette pour souder le groupe ! »

La direction artistique

En 2018, Olivier rejoint l’équipe de Noa Moon pour remplacer le batteur pour la fin de sa tournée. A la fin de celle-ci, la chanteuse a proposé quelques maquettes guitare/voix à chacun des musiciens en vue de son troisième album. « Elle a vraiment bien aimé mes essais d’arrangements et m’a proposé de prendre la direction artistique de cet album. » C’est ainsi que depuis 2019, Olivier a pris une tout autre casquette et travaille sur ce projet qui avance bien. Cependant, au vu du contexte actuel, aucune deadline n’a été fixée pour la sortie de ce nouvel opus ! 

© Boris Görtz- Noa Moon

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