PEACE & COLORS

Rédaction : Ludovic Minon / Photographies : Simon Verjus, Ophélie Vinot

« Marre d’une ville toujours plus grise ? » : c’est sur cette interpellation que le R-Collectif invite les curieux à (re)découvrir les bâtiments abandonnés du fort de la Chartreuse. À côté de la visite guidée prévue tout public, le groupe a réuni des graffeurs pour réaliser une fresque collective dans une ruine investie pour l’occasion. Une initiative pas banale sur fond de hip-hop et de pains-saucisses contestataires.

Un musée pas comme les autres

Ce dimanche-là, le parc des Oblats est plus rempli encore qu’à l’ordinaire. De nombreux curieux ont répondu à l’invitation lancée par le R-Collectif, « étonné de voir autant de monde intéressé ». Guidé par un beat s’échappant des trous béants ornant le bâtiment principal, une petite troupe se rassemble autour des organisateurs. « Nous ne sommes pas des historiens », préviennent les trois compères. Pourtant, la visite guidée se déroule comme dans un musée. Un musée qui serait jonché de détritus, de murs ravagés et d’une multitude d’oeuvres. Le public hétéroclite – du grand-père à la petite fille – ne s’y trompe pas : ce sont bien des oeuvres qui se déploient sur toutes les surfaces de l’ancienne caserne. Des origines de la culture hip-hop aux différentes techniques de graff, les trois guides sont intarissables quand il s’agit d’expliquer leur passion. Et se révèlent même être de plutôt bons pédagogues.

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Quand l’éphémère devient la règle

Attirer l’attention d’un public non-connaisseur est un des objectifs avoués du collectif. « Nous voulions montrer le potentiel du lieu et partager notre passion », ajoutent-ils. « Certaines personnes prennent du temps pour réaliser une œuvre alors que d’autres les sabotent sans état d’âme. » Il y a pourtant un code de conduite entre graffeurs, « mais beaucoup ne le respectent pas. » Le grand public juge parfois assez vite cet univers alors que beaucoup s’y investissent. « Nous, nous voyons la différence entre un gamin de 13 ans qui essaie un premier graff et un artiste expérimenté », développent-ils, « mais ce n’est pas le cas de tout le monde. » Accepter l’éphémère semble constituer leur quotidien. Au détour d’un couloir, le groupe se félicite d’avoir su préserver l’intégrité d’une fresque « depuis pas mal de temps ». À savoir, à peine plus d’un an.

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Un collectif à suivre

Créé il y a quelques mois à peine, le R-Collectif se compose de trois graffeurs, d’un slameur et d’un vidéaste. « Le milieu du graff à Liège n’est pas très développé », déplorent-ils, « nous voulons organiser plus d’événements comme celui-ci pour mettre en avant les jeunes artistes. » Toujours dans le respect de leur code de conduite et dans un esprit de débrouille, comme en témoigne la fresque collective réalisée en marge de la visite. Plus d’une vingtaine de graffeurs se sont réunis pour réaliser leurs pièces ensemble, partageant un code couleur et les frais de matériel. Pour créer ce qui, demain peut-être, n’existera déjà plus.

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Visite guidée du fort de la Chartreuse à Liège par le R-Collectif

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

Fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Simon Verjus

De retour sur place quelques jours plus tard, Quatremille a repris quelques clichés des principales oeuvres achevées et encore en vie…

Graff de SKERO au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

SKERO © Ophélie Vinot

Graff au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Ophélie Vinot

Graff de VOGUE au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

VOGUE © Ophélie Vinot

Graff de STEEN au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

STEEN © Ophélie Vinot

Graff au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

© Ophélie Vinot

Graff de COKTL au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

COKTL © Ophélie Vinot

Graff de COVER au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

COVER © Ophélie Vinot

Graff de DAWA au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

DAWA © Ophélie Vinot

Graff de NOXA, SUDEM, ASKPE et HYER au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

NOXA / SUDEM / ASKPE (gauche) // HYER (droite) © Ophélie Vinot

Graff de KOTEN-SALO, BRAVO-DEZER et DIRTY6 au sein de la fresque collective initiée par le R-Collectif au fort de la Chartreuse à Liège

KOTEN-SALO / BRAVO-DEZER / DIRTY6 (de gauche à droite) © Ophélie Vinot

R-Collectif :

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