Interview : Cécile Botton / Photos : Orpiment

Lors de la première exposition d’Orpiment, Quatremille est parti à la rencontre de Claire Deprez, fondatrice de ce collectif qui regroupe 36 artistes au sein d’une galerie virtuelle. Vous pourrez découvrir Univers Liés du 25 mai au 2 juin au Val Benoît. Chose peu habituelle, un « finissage » sera proposé le dimanche 2 juin à 13h pour clôturer l’expo.

© Orpiment

Artiste dans l’âme, techniques graphiques, imprimerie, art plastique et photographie n‘ont plus aucun secret pour Claire. C’est en novembre 2016 qu’elle lance Orpiment après avoir reporté maintes fois son projet. « J’avais déjà 50 ans et je me suis dit si tu ne démarres pas tout de suite, ce truc-là, tu ne le feras jamais ! » explique-t-elle. « J’ai commencé tout seule mais au bout de 3 mois, je suis bien rendue compte que je n’y arriverais jamais. Alors en février, j’ai demandé à Yannick Boulanger, ma filleule, de travailler avec moi. »

© Orpiment

Orpiment est une plateforme de diffusion, d’impression Fine Art en édition limitée et d’échanges artistiques. Chaque artiste dispose d’une page spécifique sur laquelle les œuvres sélectionnées et son univers sont présentés. Un moyen de valoriser son travail et de faire connaître toutes les « Pépites d’Art » qui ne sortent pas de leur atelier. « On veut privilégier la qualité à tout niveau : relationnel, choix des artistes, matériaux. », lâche Claire. Les 36 artistes ont été choisis en fonction de leurs univers, de ce qu’ils ont à dire. « Nous voulons des artistes qui durent dans le temps et non des one shoot ! Sur la plateforme, chacun expose entre 5 et 15 œuvres. Cinq étant le minimum. », conclut-elle.

© Orpiment

Le collectif s’occupe également de l’impression des œuvres en édition limitée, ce qui veut dire que chacune sera imprimée au maximum 30 fois pour les formats dépassant l’A4 et ce, tous supports et tailles confondus. Il s’agit d’utiliser la création unique de l’artiste que ce soit des aquarelles, des crayonnés sur petit format ou autres illustrations et de les numériser avec scanner de très haute définition qui permet d’imprimer sur des formats supérieurs à l’A3. Une autre particularité, c’est la production de papiers peints personnalisés à partir d’œuvres d’art. « C’est tout à fait unique ! Sur base de fichiers numériques de très hautes factures, on peut imprimer de quoi tapisser une pièce entière. », poursuit-elle.  Dans une démarche de labellisation Fine Art, l’atelier utilise des papiers et des encres reconnus pour leur qualité galerie. Cinq supports de prédilection ont été choisis : des toiles canevas de deux factures différentes ainsi que trois types de papier, le brillant, le satiné et le lisse, sans oublier le diasec, un plexi-montage de très haute qualité.

© Orpiment

Orpiment développe ainsi le concept du slow art qui se veut respectueux tant de l’atelier, du client et l’artiste: c’est un trio gagnant ! Ici, ses droits d’auteur et son rythme de production sont respectés. « Ma collaboratrice et moi, on a vraiment voulu donner la part belle à ce que produit l’artiste. On part du principe qu’il faut déterminer le juste prix d’une œuvre parce que l’art doit se diffuser le plus largement possible, mais on ne brade pas les prix car la juste valeur d’une création artistique doit être reconnue ! » enchaîne Claire. Une manière de mettre à l’honneur le bel imprimé et de « combattre » le cheap print, peu respectueux des droits d’auteurs.

© Orpiment

Enfin, l’exposition Univers Liés, c’est l’occasion de découvrir des artistes qui ne sont jamais sortis de leur atelier. Une façon d’attirer l’attention sur le processus qui lie l’atelier production aux artistes qui sont toujours partie prenante et qui peuvent participer à toutes les étapes de production allant du tirage à l’encadrement en passant par le choix des supports.  Pas moins de 80 œuvres émanant de jeunes artistes ou d’artistes confirmés seront exposées comme Alain Schroeder qui présentera d’ailleurs deux univers photographiques.

© Orpiment – Gilles Crampres

Une façon de donner un p’tit coup de pouce à ces jeunes qui en veulent ! « On part du principe que l’artiste est là pour créer, il doit bosser à l’atelier pour nous alimenter et nous, on se charge de réaliser les ventes en le véhiculant sur le web à travers les réseaux Sociaux et en organisant des expositions. » Un projet qui se veut efficace, porteur,  joyeux et pétillant. « Quel bonheur quand je vois des lumières dans les yeux des gens à qui je montre les œuvres et que je leur dis qu’ils peuvent en avoir une chez eux car, au final, ça ne coûte pas des ponts pour cette qualité d’œuvre imprimée ! », conclut Claire.

© Orpiment – Vic Jobe
© Orpiment – Nadine Fabry

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