NOMADPLAY OU LE KARAOKÉ DE L’OPRL

Rédaction : Milan Amélie Nyssen

L’automne passé, l’OPRL annonçait sa récente collaboration avec NomadPlay, une app permettant au musicien de répéter depuis son salon ou même du Parc Boverie, accompagné des plus grands noms de la musique classique. Si l’application est innovante, elle représente également un défi pour l’orchestre liégeois, à plus d’un titre.

NomadPlay © D.R.
NomadPlay © D.R.

NomadPlay pourrait s’apparenter à un grand karaoké, permettant d’effacer un instrument spécifique d’un orchestre ou d’un ensemble. Le musicien peut alors s’entrainer, répéter en boucle un passage choisi accompagné par des personnalités du milieu. La chose a son importance : afin de figurer au catalogue de NomadPlay, il faut donc enregistrer le morceau et proposer une version de référence, sans défaut.

En temps normal, l’enregistrement d’un orchestre philharmonique se déroule en plusieurs jours. Pour ce partenariat entre l’OPRL et NomadPlay, tout a été bouclé lors la générale du concert de la Symphonie Héroïque de Beethoven et de La Mer de Debussy. Une exigence de taille et une pression supplémentaire pour les musiciens de l’orchestre mais aussi son jeune chef, Gergely Madaras. La répétition générale ne servait donc pas ici à peaufiner et à régler les derniers détails avant le concert devant le public ! Pour l’orchestre liégeois, l’enjeu est intéressant en matière de renommée : les collaborations augmentent le catalogue d’œuvres enregistrées de l’OPRL mais aussi lui donnent un nouveau type de visibilité, si le succès de l’app est au rendez-vous.

Daniel Weissman, directeur général de l’OPRL, insiste sur le caractère pédagogique de NomadPlay : en ciblant et en effaçant de la bande son l’instrument souhaité, l’application permet au musicien de s’insérer dans un orchestre sans imiter et donc à développer des réflexes et une musicalité qui lui soient propres. Sylvain Cremers, l’hautboïste soliste de l’orchestre qui s’est prêté au jeu lors de la conférence presse, réenchérit, expliquant que, désormais, on peut « être immergé dans l’orchestre […] alors qu’avant on prenait un disque et qu’on le passait à fond, […] en ayant tendance à imiter ». La pratique est des plus intéressantes pour les étudiants et les jeunes musiciens en voie de professionnalisation. Les occasions de jouer avec un orchestre sont rares, voire couteuses dans le cadre de stages payants. NomadPlay offre donc un nouvel outil dans la trousse des jeunes instrumentistes. Et, grâce à ce partenariat, l’OPRL affiche une fois de plus sa volonté de dépoussiérer la pratique de la musique classique et d’ouvrir ses portes – virtuelles ou réelles – à un public plus jeune et adepte des nouvelles technologies.

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