MUSÉE GRAND CURTIUS, UNE EXPO PAS COMME LES AUTRES…

Article : Cécile Botton / Photographies : Larache Studio

Une fois n’est pas coutume, ce sont les élèves de l’école fondamentale des Érables qui ont eu l’occasion d’exposer au musée du Grand Curtius, lieu mythique de la culture liégeoise. L’exposition « Musée Philosophique » clôture un cycle d’animations mené par PhiloCité. Quatremille est parti à la découverte de ce concept.

Un peu à l’écart, Guillaume Damit, un des animateurs me confie l’essence de ce projet : « Depuis dix ans, PhiloCité essaie de sortir la philosophie des universités en proposant, dès l’âge de cinq ans, des activités tout public. Les formations pour adultes, les émissions radio ou autres animations en milieu scolaire et extrascolaire permettent de découvrir la pratique des discussions philosophiques. Bref, il s’agit de développer la philosophie pour tous !

Dans le cadre de cette exposition, nous avons travaillé durant 15 séances avec tous les élèves de cette école primaire liégeoise. Avec les enfants de cet âge, il s’agit d’articuler discussions philosophiques et expression plastique. Dès lors, pour démarrer un atelier, nous avons l’habitude de les emmener au musée ou bien d’apporter une ou plusieurs œuvres d’art. Cela nous permet de partir de leurs étonnements ce qui d’une part, est stimulant pour la pensée et d’autre part, contre les évidences. À partir de ces constats, nous dégageons une question soumise à une discussion ou à un procédé artistique. Dans ce cas, le travail de la matière amène à réfléchir car notre démarche ne vise pas le résultat final mais bien la manière dont nous avons travaillé. De ce fait, l’expo montre les traces des différents moments de réflexions que nous avons eus durant les séances. Ce sont de véritables objets de pensée.»

Mais bien vite, le doux vacarme des rires des enfants nous attire inéluctablement vers leur exposition. Mon regard est attiré par la première série de dessins. D’emblée le ton est donné : « Une chose peut-elle être à la fois marrante et horrible ? ». Ces jeunes élèves se sont livrés à un exercice d’interprétation qui laisse pantois. D’ailleurs, je peux aisément imaginer les longues discussions menées avec les éducateurs pour arriver à un tel résultat. Une fausse innocence jaillit de ces dessins où nous distinguons clowns, animaux ou autres familles. Il existe d’ailleurs autant de lectures qu’il n’y a d’enfants et autant de techniques qu’il n’y a de thématiques ! C’est ainsi que sculptures, dessins, œuvres collectives et autres livrets tapissent les murs des couloirs lumineux. En déambulant dans l’exposition, mes oreilles s’attardent sur les discussions entre les petits artistes et leurs parents. La simplicité qu’ils dégagent en présentant leurs œuvres désarçonne et la fierté se lit dans les yeux de leurs géniteurs attendrit.

En tout cas, ce musée où règne d’ordinaire un silence religieux, profite d’une renaissance avec ces petits humains qui courent partout. Sans grande difficulté, je comprends qu’une des ambitions de PhiloCité soit d’amener les adultes de demain dans les musées. Ils peuvent alors découvrir l’art et la façon dont les artistes pensent… une manière de les ouvrir différemment au monde ! De plus, mener de telles discussions avec les enfants les sensibilise à leur futur rôle de citoyens responsables. Je sors de cette rencontre enthousiaste et persuadée que l’initiative de PhiloCité sera réitérée très prochainement.

N’hésitez pas à suivre leurs actualités sur leur site, http://www.philocite.eu/ ou sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/philociteasbl/

Commentaires

commentaires