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MUSE-MUSE, UNE EXPO QUI OSE…

MUSE-MUSE, UNE EXPO QUI OSE…

Chronique : Cécile Botton / Photos : Pascal Bernaerts

Il y a quelques jours, Quatremille est parti à la découverte de l’exposition Muse-Muse qui se tient actuellement à la Maison Arc-en-ciel. C’est à travers de subtiles métaphores qu’Olivier Robichon et Guillaume Damit vous dévoilent l’impudeur intime d’un couple.  Chose peu habituelle, un dévernissage sera proposé le samedi 27 octobre à 19 heures. Une manière de clôturer cette expo ouverte au débat !

© Pascal Bernaerts

Au départ, la sculpture « Chipmiché » d’Olivier et le dessin « Dick & Chips » de Guillaume sont remarqués par la maison Arc-en-ciel. Celle-ci propose alors au couple d’aller plus loin : une exposition entièrement consacrée au sujet. Oui, ils aiment « la bite », pas moins pour son orientation sexuelle que pour l’objet qu’elle représente… Oser la présenter avec pudeur et subtilité, un fameux défi à relever !

© Pascal Bernaerts

C’est à l’occasion du 20ième anniversaire de la maison, qu’ils commencent à prendre possession des lieux. Lors de l’évènement, ils sont amenés à peindre une fresque  dans la cour. Pas facile d’avoir les mains libres face à des attentes implicites ! Et pourtant, en revisitant les trois grâces de Cranach l’Ancien (1531), ils abordent sans le vouloir un sujet sociétal d’actualité : le transgenre.

© Maison Arc-en ciel

Inscrire le sexe de l’homme dans la naturalité, dans la prolifération de la nature, c’est ce qu’Olivier nous propose dans une première pièce offrant à nos yeux une forêt de champignons et des feuillages au fusain.

© Pascal Bernaerts

Dans le couloir du premier étage, une fresque de photos bien particulière !  Sans aucune concertation, durant quatre mois, les deux artistes ont pris une photo chaque jour à 18h30. En assemblant le tout, ils obtiennent un texte-séquence de la vie de leur couple et de l’enfant de Guillaume qu’ils élèvent une semaine sur deux. « Mais de manière non revendicative », lâche ce dernier. Des moments inédits empreints à la fois d’humour et de banalité !

© Pascal Bernaerts

En face, on trouve la fin de l’abécédaire phallique de Guillaume. Pas moins de septante petits carrés métaphoriques occupent également les quatre murs d’une autre pièce. Lors du dévernissage, ceux-ci seront assemblés afin de former un livre.  Chaque pièce a été dessinée au feutre d’après une photo. « Je n’ai pas hésité à solliciter mon entourage afin d’être le plus exhaustif possible », confie le dessinateur, « et surtout pour freiner mes ardeurs car j’en voyais partout, or je voulais rester réaliste. »

© Pascal Bernaerts

Poursuivons par un petit détour aux toilettes où une multitude de petits personnages mis en réseaux tapissent tout un pan de mur. Une manière de montrer des choses graveleuses, mais de manière discrète.  Des nus au-delà des genres, des races, de la mort, du rêve… des super-héros, mais toujours des adultes consentants.

© Cécile Botton

Que montrer à voir, à qui et jusqu’où aller furent les leitmotive des concepteurs de cette expo aux sujets sensibles, parfois tabous dans notre société marquée par le retour d’un puritanisme certain. Même si son objectif premier était avant tout artistique, il est impossible d’en rester à ce stade. Pour ma part, cette exposition est une réelle porte ouverte à la réflexion, au débat sur des sujets tels que les genres, l’homosexualité, le sexe, les discriminations…

 

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