MIDNIGHT VOODOO :

UNE ALTERNATIVE AUX SOIRÉES

TECHNO ET HIP-HOP

Chronique & interview : Olivier Sogan /Photos © Midnight Voodoo

Midnight Voodoo, ça vous dit quelque chose ? Un collectif formé par quatre amoureux de vinyles. Les gars prennent un malin plaisir à piocher dans les décombres musicaux des morceaux qu’ils remettent aux gouts du jour par des mix endiablés. Le temps d’une soirée folle, ils balancent leurs trouvailles. Dernier crime en date ? Le 1er décembre dernier au KulturA. Ils étaient accompagnés de Radio Martiko, un label belge tout autant mordu qu’eux de musique et qui a fait de la ré-édition de trésors oubliés son fond de commerce.

Quatre collectionneurs, une multitude d’influences

Tout commence six mois auparavant, lorsqu’Adam, de retour de Thaïlande, contacte Thomas. Une rencontre hasardeuse de laquelle nait l’idée d’un collectif. Par la suite, ils approchent Jeremy et Smez, également collectionneurs de disques. Une rencontre musicale d’abord, pas du tout animée par le profit : seule compte l’envie de partager les pépites multiculturelles qu’ils ont en stock, entre eux dans un premier temps, et avec le reste de Liège ensuite. « Nous voulions trouver une alternative aux soirées techno ou hip-hop qui tournent dans la ville, un moyen de brasser un plus grand nombre de cultures et de genres », explique Thomas. Très vite, les choses se mettent en place. Ils démarchent des lieux, s’organisent entre eux, puis prennent contact avec d’autres partageant le même engouement. Et hop, une soirée de lancement est organisée, au cours de laquelle ils mixent leurs perles aux côtés d’African Diplomat.

D’autres dates sont ensuite planifiées à la Casa Nicaragua ou encore à l’Armande Kurth. « Nous souhaitons changer régulièrement d’endroit, pour ne pas être affilié à une seule salle et éviter ainsi que les gens s’ennuient », précise Thomas. Et si les salles sont différentes, les invités le sont aussi. Ce qui nous amène à cette nuit du 1er décembre 2018 où la grande salle du KulturA était dédiée au collectif liégeois et à Radio Martiko, un label avec qui ils partagent la même vision.

© MIDNIGHT VOODOO

Une soirée mémorable

La salle est presque vide en ce début de soirée. Il est encore tôt, à peine 23 heures. Au fond, derrière les platines décorées d’un pagne africain, les lettres « Midnight Voodoo » trônent derrière Adam qui mixe. Une canette géante portant la devise « Quand c’est trop, c’est Martiko » indique la future présence sur scène des DJ gantois à l’aura internationale. Sur la piste, balayée par les spots de lumières, il n’y a que quelques personnes. Mais parmi celles-ci, il y en a un dont la présence ne trompe pas, et qui préfigure que la soirée sera endiablée. Si certains le nomment le Prophète, pour d’autres, il est juste celui qu’on croise dans toutes les soirées liégeoises. Svelte, cheveux grisés et vêtements fluorescents, il est la garantie que la nuit sera intéressante.

La KulturA se remplit par vague. Dehors, rue Roture, les amateurs de musique du monde écrasent leurs mégots et entrent dans la file afin d’être tamponnés. Au bar, les serveurs vident les fûts au gré des commandes qui s’accélèrent. Il faut dire que maintenant, l’endroit est bondé. Sur la piste, les corps se rapprochent au rythme de Loose up yourself, de Rob. « J’étais un peu stressé au début, les gens ne viennent pas gratuitement », confie Adam après son set. Il jette un œil autour, rassuré par la présence d’un public visiblement ravi. Le Prophète retire son pull – on a chaud quand on danse autant – l’assistance bouge dans tous les sens et, sur scène, le speaker de la soirée coupe le son pour introduire les stars de l’événement : Radio Martiko.

© MIDNIGHT VOODOO

Des chercheurs de trésors

Créée en 2012, Radio Martiko est de la même veine que Midnight Voodoo : des collectionneurs effrénés qui prennent un malin plaisir à déterrer de petits bijoux musicaux longtemps négligés, ou jamais diffusés au grand public parce que les producteurs de l’époque pensaient n’en tirer aucun profit. Le label ré-édite des merveilles abandonnées, comme le Dansons avec Ry-Co Jazz du célèbre groupe de rumba congolaise ou bien des morceaux jamais sortis, à l’instar des Nuits d’été du compositeur marocain Abdoul El Omari. Avant tout collectionneur de vinyles, les DJ se sont produits dans le monde entier : à New-York City durant le Our Wicked Lady, pour le Tokyo Sabroso 5th Anniversary à Tokyo, ou encore au Spiti Bar d’Athènes. Ils ont posé leur valise à Liège le temps d’une nuit mémorable, ponctuée de mouvements saccadés, qui s’achève au petit matin.

Fort heureusement, ce n’est pas la dernière soirée du genre, bien au contraire. « Nous essayons d’organiser des événements une fois par mois » indique Adam, même si ni lui, ni ses acolytes ne souhaitent dévoiler trop tôt le lieu et l’affiche des prochains rendez-vous. Ils préfèrent garder ça secret, afin de ne pas gâcher la surprise. Tant pis, pas d’exclusivité pour Quatremille, mais une promesse tout de même : les prochaines seront démentes !

© MIDNIGHT VOODOO

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