MICROFESTIVAL, SOLD OUT GARANTI POUR LE RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLE DE DÉBUT AOÛT

Entretien : Julie Hanique / Photographies © Quentin Perot, Microfestival 2017

Quelques jours avant la 9e édition du Microfestival, ses deux programmateurs nous livrent la recette  d’un succès basé sur la consolidation des relations avec des tourneurs séduits par l’affiche et la  convivialité du projet, et avec un public fervent de découvertes dans le champ élargi du rock.

Quatremille : Bonjour ! Pourriez-me présenter l’équipe qui porte le Microfestival ?

Jean-François Jaspers (JF) : Bonjour !  Au quotidien, la préparation continue à être le fruit du travail des créateurs historiques du concept : l’équipe de JauneOrange et moi-même. Yannick et moi programmons et organisons, Most s’occupe de la production logistique, Thomas du graphisme et Justine est en charge des volontaires, particulièrement  essentiels sur la dernière ligne droite.

Yannick Grégoire (Y) : Il y a aussi l’équipe en charge de la décoration, qui vient toujours avec de nouvelles propositions : les Microfolies, le Digital, et, depuis l’année dernière, Sauvage Sauvage. Dans l’asbl Microfestival, il y a une vingtaine de personnes, dont un trio constitue le noyau dur, présent  depuis le début.

Q : En tant que programmateurs, comment construisez-vous votre affiche ?

Y : C’est un peu étrange parce que ça se construit de manière assez organique autour des premières confirmations, qui tombent souvent en janvier-février. En fonction de nos goûts, nous épiçons à partir d’une base, un peu comme en cuisine.

JF : Dorénavant, le festival est identifié par une série de tourneurs qui comprennent ce que nous essayons de faire et viennent avec des propositions. Nous ne cherchons pas la grosse tête d’affiche (même si la présence de Notwist cette année est un contre-exemple), mais plutôt des groupes qui ont une certaine notoriété dans des niches spécifiques, plutôt alternatives. Notre ADN, c’est la musique rock, ou, en tout cas, la musique jouée avec plus ou moins d’instruments. Un artiste très connu derrière son laptop, ça ne nous a jamais vraiment intéressé. Nous préférons proposer des lives qui sortent des sentiers battus. Nous aimons défricher, trouver un groupe happant, qui ne laisse pas indifférent, des choses intéressantes que le public du Micro est susceptible d’apprécier même sans connaître le groupe à la base.

Cette année, l’affiche s’est bouclée assez facilement en fonction des opportunités et des convergences. Le jeudi est plutôt doux avec une affiche de tendance pop. Vendredi, nous démarrons avec un set un peu plus nerveux, post-punk, qui évolue vers le kraut rock et l’électro. Samedi, c’est plus expérimental avec une évolution vers la world. Ca s’est dessiné au fur et à mesure des confirmations et il y en a un peu pour tous les goûts. Nous espérons que le fan de rock qui pourrait être intéressé par les Mystery Lights et Limiñanas va peut-être prendre une claque sur Rizan Said, qui clôture en nous emmenant dans un univers électro arabisant. Un sens se dégage car un groupe ou un dj set assure un lien entre les différents artistes. C’est une articulation par maillon qui fait qu’entre le début et la fin de la journée il n’y a peut-être pas de rapport mais qu’il y a une progression.

Q : Avez-vous déjà analysé le public qui vient au Festival ? Est-ce le même qui vient voir ce que vous programmez au KulturA. ou ailleurs pendant l’année ?

Y : Lors de la 2e ou 3e édition, nous avions réalisé une première enquête qui montrait qu’il s’agissait essentiellement de personnes entre 25 et 65 ans habitant la région liégeoise. Nous devrions le refaire, surtout que nous vendons surtout en ligne et ça faciliterait donc le sondage. Par contre, c’est difficile de comparer avec les concerts pendant l’année car, si la programmation est similaire, la jauge est très différente.

JF : Grosso modo, je dirais que nous touchons 80 % de public de la ville ou de la province de Liège et 20 % de Belgique ou autres pays limitrophes. Nous avons déjà eu des Anglais, des Suisses…, des fans qui viennent pour des artistes spécifiques. Chaque année, nous avons des demandes pour un camping. Il y a souvent un chouette mélange entre un public extérieur et les locaux, essentiellement des fidèles des events alternatifs. Il y a une belle communauté qui nous soutient et nous suit tant que nous respectons nos principes de base, que nous continuons à privilégier la découverte. Nous avons la chance d’être à chaque fois sold out.

Q : En 2018, la neuvième édition s’étale sur trois jours. Ce festival est-il encore « micro » ?

JF : Nous avons eu l’opportunité unique de faire venir Notwist, dont nous rêvons depuis toujours. Mais nous ne pouvions pas les inviter le week-end pour des raisons budgétaires. Nous avons donc ajouté une soirée. Prenons le pari que les curieux qui ont déjà leur pass seront déjà en partie présents le jeudi et que les fans du groupe se déplaceront. Nous prenons un risque, même si les prix restent similaires et si le retour sur la programmation est positif.

Y : En fait, la notion de « micro » est moins une question de durée que de taille, de convivialité et d’accessibilité. C’est davantage lié à un état d’esprit, à une atmosphère : il n’y a qu’une seule scène live et il y a des pauses entre les concerts. Et c’est vrai depuis le début : nous voulons que ça reste cool.

JF : Pas de marathon, ni de multiplication des scènes. Au cours du temps, nous avons progressivement augmenté la jauge en adaptant l’aménagement du terrain. Je pense que nous pourrions envisager un Microfestival à 5000 personnes sans dénaturer le projet. Cette année, nous avons retravaillé l’implantation pour le dance-floor et la pelouse. Ca devrait permettre d’avoir un site encore un peu plus aéré et agréable.  Mais a priori, l’édition 2019 sera de toute façon différente puisque les travaux pour les nouveaux bâtiments du Créahm démarrent l’année prochaine.

Q : Parvenez-vous à l’équilibre budgétaire avec ce festival ?

Y : Oui, parce que tout le monde y met du sien, fait des efforts. C’est toujours délicat. Si nous ne devions travailler qu’avec des professionnels payés à l’heure, ce ne serait pas rentable. L’énergie bénévole est indispensable.

JF : Pour nous, l’important est de rester accessibles tout en assurant la pérennité du projet. Le public ne se fait pas truander et nous dégageons des marges qui permettent de réorganiser l’édition suivante. En proposant quelque chose qui nous ressemble, qui nous correspond musicalement, nous arrivons à mobiliser un public large. Nous sommes très attentifs à bien les accueillir, à ne pas les décevoir. En général, il y a très peu de souci et tout le monde est super content au final. C’est la preuve qu’il y a moyen de faire la fête de manière un peu libre et saine. C’est positif pour le quartier et pour la ville en général.

Q : Que pensez-vous de la prolifération des événements culturels estivaux à Liège ?

 Y : C’est super et j’espère que tout le monde s’y retrouve. C’est bien qu’il y ait des propositions tous les week-ends et que ce soit plus dynamique qu’avant.

JF : Juillet est depuis longtemps assez actif avec les Ardentes et les Francofolies, des gros festivals qui ont clairement leur raison d’être et qui animent la région. Mais, il y avait un creux entre la mi-juillet et la mi-août. Le Microfestival s’est installé dans ce créneau. Quand le Supervue a suivi il y a trois ans avec un festival fin juillet, nous avons été enthousiasmés par leur identité. Leur projet et leurs envies convergent avec celles du Microfestival, même si la programmation reste bien différenciée. Ce sont des logiques qui sont suffisamment fortes pour se nourrir les unes les autres. Pour nous, c’est une chouette doublette et une occasion pour les Liégeois qui n’ont pas nécessairement l’occasion de bouger d’avoir des choses intéressantes à faire en ville. Nous pensons que la mutualisation et la multiplication de l’énergie nous rend tous plus forts. J’adore aller au Supervue et je leur souhaite de pouvoir se projeter dans l’avenir.

Nous sommes contents de voir que ça bouge bien avec le Festival la Fessée qui démarre l’été juste après la Fête de la Musique en proposant un parcours en Outremeuse. Il y a aussi les dimanches du Kollectif Bunker qui développent une atmosphère très spécifique. Bref, longue vie aux fêtards liégeois !

Micro Festival #9 – Teaser

Jeudi 2 août / Thursday August 2ndJawhar – Condor Gruppe – NotwistVendredi 3 août / Friday August 3rdBayacomputer – KOMPLIKATIONS – Omni – No Age – SNAPPED ANKLES – Dollkraut Band – Flavien Berger – Arthur JohnsonSamedi 4 août / Saturday August 4thPHIL MAGGI – Wyatt E. – White Wine Music – Za! – Robocobra Quartet – The Mystery Lights – The Limiñanas – Bruxas – Rizan said musicVideo by SAUVAGE SAUVAGETickets : https://www.weezevent.com/micro-festival-2018w

Publiée par LE MICRO FESTIVAL sur Vendredi 1 juin 2018

Affiches / Micro Festival 9

Comme promis, voici une galerie des quelques 110 affiches customisées pour LE MICRO FESTIVAL 9 ! Elles seront également exposées sur le site du festival 🎪. Encore un immense merci aux talentueux artistes liégeois qui ont relevé ce petit défi artistique avec nous 👏 !La galerie : https://goo.gl/h1D238

Publiée par LE MICRO FESTIVAL sur Jeudi 12 juillet 2018

© Quentin Perot, Microfestival 2017

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