MAIS QUI SE CACHE DERRIÈRE MATTEO, LE FINALISTE DE « THE VOICE » ?

Interview : Cécile Botton / Photos : Anne Stelen, Stéphane Laruelle & Busking

À l’issue du concert donné par Typh Barrow au Forum, Quatremille est parti à la rencontre de Matteo. Finaliste de la dernière saison « The Voice, il a ouvert cette soirée sous le regard d’un public charmé.

Une demi-heure de pur bonheur acoustique ! Seul avec sa guitare, Matteo surfe les langues passant de l’anglais au français sans oublier l’italien, sa langue maternelle. Alternant reprises et compositions personnelles, son grain de voix mêlé à un accent langoureux entraine le public. Il n’est pas toujours facile de mobiliser la foule lorsqu’on précède une tête d’affiche et, qui plus est, qu’on a les deux mains occupées. Et pourtant, à partir d’un claquement de pied assuré, le public tapera des mains et se calera sur son rythme. Envie d’en savoir plus, je suis partie à sa rencontre.

© Anne Stelen

Matteo ou Soltanto de son nom d’artiste est arrivé dans ce métier un peu par hasard. En 2010, au terme de ses études universitaires, il décide, guitare au dos, de partir quelques mois jouer sur les routes d’Europe. « Ce qui devait être une courte expérience s’est prolongé, car j’aimais tellement cela que j’ai vraiment eu l’impression d’avoir trouvé mon métier ! » explique l’artiste. À l’automne, Matteo rentre en Italie où il continue à chanter dans les rues milanaises. Depuis, il n’a jamais arrêté. Préférant de loin la rue au club, il enchaine : « Jouer dans la rue m’apporte tout ce que je recherche personnellement dans ma relation avec la musique contrairement aux clubs où les gens mangent et bavardent … Dans ces conditions, je n’ai qu’une envie, c’est d’arrêter de jouer ! » Il aime la rue, c’est sa liberté ! Là, pas de contrats, pas d’obligations, mais uniquement des contacts chaleureux avec les gens, des déplacements au gré de ses envies. Bref, un endroit chargé de rencontres, d’émotions qui l’a fait grandir et qu’il n’est pas prêt d’abandonner ! « Si pour quelques raisons qui soient, ça ne marche pas, tu changes d’endroit ou tu reviens un autre jourTu es seul à décider et ça, c’est l’indépendance ! »

© Stéphane Laruelle

En 2013, il lance un crowdfundind en vue de réaliser un premier album. Il récolte plus de 10 000€, ce qui lui permet de l’enregistrer de manière indépendante. « C’était vraiment un super moment ! » lâche Matteo.

Il y a 4 ou 5 ans, notre globe-trotter arrive à Bruxelles comme artiste de rue où il discute avec des personnes qui lui conseillent de venir à Liège. « Je me suis dit pourquoi pas ! Maintenant, je ne joue pratiquement plus qu’ici, car j’aime la ville. Les gens sont chaleureux, c’est comme une famille pour moi. » Un jour, il rencontre par hasard un membre de l’équipe « The Voice » qui l’invite à s’inscrire aux auditions. « Même si j’ai un peu d’expérience dans la musique, dans le live, je n’en avais aucune à la TV… Je ne pensais pas que ça pouvait être mon truc ! En plus, je ne suis pas francophone et j’avais vraiment peur d’apparaitre comme une caricature de l’Italien. » Et pourtant, sous l’œil attentif de sa coach, les semaines s’enchainent et l’aventure se poursuit avec le soutien du public. « À chaque fois, j’étais étonné, surpris… Je n’imaginais pas terminer à la 2ème place ! C’est une superbe expérience et je garderai en mémoire deux choses exceptionnelles : d’une part, ma rencontre avec Typh et d’autre part, le fait d’être entouré de gens très professionnels qui aiment réellement leur travail. Que du bonheur ! »

© Stéphane Laruelle

Un bonheur qui se poursuit, car Matteo a la chance de faire la première partie de tous les concerts de Typh Barrow. Tout un honneur pour notre artiste qui a pour habitude de jouer dans la rue jouxtant le Forum.  « Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour que j’irais jouer là-bas, je ne l’aurais jamais cru. » lâche Matteo.

Être entouré par Typh est une grande chance pour le chanteur. Elle le met à l’aise et l’aide à se focaliser sur le public tout en lui disant de simplement partager ses émotions et de reste lui-même. « Et ça, c’est exactement ce que je recherche dans la musique… j’aime la simplicité. »

Actuellement, il écrit de nouvelles chansons en anglais. Un nouveau projet avec un violoncelliste est également en train de voir le jour et peut-être un EP dans quelques temps. Sa gentillesse, sa sensibilité, son charisme font de lui un artiste attachant. On comprend aisément que le public l’ait mené à la phase finale de la 8ème saison de « The Voice ». Une personne passionnée, entière, qui ne triche pas ! « La musique, c’est une partie de moi… Tu vois, chanter ainsi, c’est vraiment quelque chose qui fait partie de moi et j’en suis reconnaissant pour la vie ! »

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