LOUISE KOPIJ: CREATIVE, ORIGINALE, ETHNIQUE ET SUPER SYMPA

Photographies © Aurore Graide, Charlotte Delleur

Quatremille a rencontré Louise Kopij ! Nous vous livrons la chronique d’Aurore Graide !

Louise Kopij : « J’ai un côté sorcière !  »

Si je vous dis : créative, originale, ethnique et super sympa vous me répondrez tous en cœur ? Louise Kopij bien-sûr ! La créatrice de bijoux, autodidacte, Mesdames et Messieurs, a ouvert les portes de son atelier à Quatremille.

Louise Kopij, créatrice de bijoux ethniques respire la sympathie. Avant l’interview, une tasse de thé à la main nous avons discuté de tout et de rien affalées dans les canapés du « Comptoir des ressources créatives ». L’artiste, qui a travaillé 10 ans chez elle, exerce aujourd’hui au sein de cet atelier communautaire. Véritable vivier d’artistes, il y a 5 ans que cet espace a émergé dans le quartier Saint-Léonard. Après la présentation des différents corps de métier et des quelques artistes présents ce jour-là, Louise livre les bénéfices du travail en atelier. « Créer ici me sort de chez moi… lorsqu’on reste à la maison, il y a une isolation sociale assez difficile à vivre. Les métiers créatifs sont prenants, on n’arrête jamais de penser à son travail du coup être seul, c’est aliénant. Je viens chercher ici une ouverture vers les autres, surtout ceux ayant des métiers créatifs. Ils connaissent les rythmes d’un tel travail, les hauts, les bas, les moments d’hystérie ou de bas régime liés à la création. Ici, personne ne pose de question si on te voit dormir dans un canapé parce que tu as travaillé jour et nuit pendant une semaine ». Les interactions avec les autres artistes poussent également la créatrice à collaborer : « Tu vas vers les personnes qui t’inspirent et les échanges commencent. Par exemple, Simon est sculpteur et comme je vais travailler sur un projet de création d’objets, du coup on s’est mis en relation.  On obtient un résultat plus intelligent, meilleur, plus professionnel en collaborant avec différents artistes ».

DU FLASH VERS LE CLIENT

Même si son lieu de travail évolue, l’artiste reste la même et garde ses lames de fond. Elle opte pour une double façon de travailler. « La première, c’est par flash. J’ai un cerveau créatif et visuel, il produit des images ». Ce n’est pas sans humour que Louise Kopij détaille : « Il produit des images, de la musique et des grosses vannes, parfois je dois les garder pour moi car ce n’est pas « sortable » ». Une fois son image en tête, la bijoutière repousse ses limites. Elle essaye de synthétiser ce qui lui apparait comme un tableau large, une histoire claire et pleine de détails. « Une fois que j’ai à peu près mon idée, je vais décliner cela en quelque chose de portable pour la personne. Donc, je vais du flash vers le client. Je respecte ses goûts, sa morphologie… c’est lui, qui à la fin du mois, me permet de vivre donc c’est normal de créer quelque chose qui lui plait. De toute façon, j’aime les gens et leur faire plaisir ». Sa deuxième manière de travailler est à l’opposé de la première. « Je sers le client, j’étale mon matériel : les pierres, les plumes, les éléments en métal et de là, je vais vers lui. Je me dis que je dispose de tel budget et que je dois respecter ses goûts. C’est nettement moins technique, mais c’est intéressant de trouver une solution pour atteindre l’objectif posé au départ. Comme je viens d’une famille un poil de gauche, avant, j’avais du mal avec la notion de commercial. Maintenant, je me rends compte que c’est nécessaire pour vivre. Pour arriver à quelque chose de commercial, il faut pouvoir plier son intellect à la discipline collective et finalement c’est un exercice intéressant ».

« LES BIJOUX RACONTENT UNE HISTOIRE »

Marquée dans son imaginaire par les bijoux africains, son papa lui en ramenait régulièrement durant son enfance, la créatrice assume son côté ethnique. La narration présente dans cette culture fait partie intégrante de sa création. « Les pièces africaines ont un sens, les bijoux racontent une histoire. Or en Europe, on a une bijouterie démystifiée. Je trouve cela un peu barbant, du coup j’assume le côté ethnique, bohème et parfois un peu rock de mes bijoux ». L’histoire ne s’arrête pas là, Louise place une vraie philosophie derrière ses pièces. Les matériaux éthiques et nobles sont de mise quitte à apprendre à vivre avec le fait de proposer du haut de gamme. « Au départ, il y a un côté instinctif dans les matériaux que j’emploie. J’ai un côté sorcière et je résonne avec la matière. Physiquement, quand je touche une pierre, je la sens parler en moi, j’espère qu’il n’y aura pas de jugement social face à cela mais c’est quelque chose de réel. Donc simplement, je ne sais pas travailler avec des matières qui ne sont pas nobles car je trouve ça « dégueulasse ». Le plastique transmet à la peau des atomes que je ne trouve pas chouettes. J’aime réaliser un bijou qui dure dans le temps. Je n’ai pas envie de travailler avec du laiton même si je pourrais vendre moins cher… mais cela va s’oxyder, mal vieillir et ce n’est pas ce que je veux.  Le côté haute couture et noble, j’ai dû l’assumer. Il découle de cette résonance que j’ai avec la matière. J’ai dû accepter que ce que je crée dégage quelque chose de haut de gamme, de sophistiqué, alors que dans la réalité, je ne suis pas comme ça. Je produis des choses raffinées mais il y a un vrai paradoxe parce que ce n’est pas forcément ce que je recherchais au départ ».

L’UTERUS D’HYSTERIE COLLECTIVE

En plus des matériaux nobles, la réelle marque de fabrique des bijoux de Louise, c’est l’asymétrie. A nouveau, une gymnastique intellectuelle prend place : « Créer un truc joli, c’est facile, créer une harmonie avec différents éléments, un peu comme un Ying et un Yang, c’est plus intéressant ». Louise Kopij innove encore avec des thèmes inattendus. Elle peut s’inspirer de la science comme pour sa ligne « Einstein » emprunte de la relativité. Elle pioche aussi ses idées chez les dinosaures, dans l’explication des trous noirs ou encore en réalisant un test matière. Cette folie douce nous emmène dans un univers unique et poétique. Sa prochaine collection « Hystérie collective » qui sortira en septembre en surprendra plus d’un. En effet, l’artiste a fait réaliser des pièces représentant un utérus qu’elle associera à des pierres et à des dents de bison ! Que les amis des animaux se rassurent, Louise reste fidèle à elle-même et les dents sont récupérées par des Amérindiens sur des animaux morts de leur belle mort.  » On va bien rigoler, ce sera super fun. Il y aura des pièces à 65 euros avec une jolie plume, une touche d’or, ce sera mignon et plus accessible. Je suis devenue maman, c’est peut-être ça qui m’a inspiré l’utérus. Chacun y voit ce qu’il veut, une œuvre rigolote, revendicatrice ou féminine… c’est ça qui est chouette. Une autre ligne plus haut de gamme où je n’aurai aucune restriction tant sur les techniques, que la créativité ou les matériaux utilisés sortira plus tard… mais pour le moment, c’est un projet top secret ». On attend impatiemment la sortie de cette collection surprise, tout ce que je peux vous dire c’est que ça va envoyer ! Et pour patienter, voici en avant première, quelques images d »Hystérie collective ! ». Merci qui ?

Quelques photos de ses travaux !

     

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