L’ODC & LE 77 AU REFLEKTOR

Chronique : Anaïse Lafontaine / Photographies : Marine Rigo et Gilles Fischer / Rédaction : Thomas Renauld

 

Ce samedi 21 octobre avait lieu au Reflektor un double concert placé sous le signe du hip-hop belge. Le collectif Le 77 et L’Or du Commun étaient là pour mettre le feu. Le public du Reflektor a chaussé ses plus belles sneakers et s’est paré de sa casquette préférée pour une soirée « rap bruxellois ». L’ambiance a commencé gentiment, les « cool kids » de la Cité Ardente sont arrivés au compte-goutte – mais en nombre – vers 20h, enthousiastes à l’idée du show qui les attendait.

Chauds, ils l’étaient : l’ambiance a très rapidement décollé, dès que Le 77 est arrivé sur scène. La salle s’est remplie en un instant, les derniers retardataires ont comblé les espaces de la foule pour se joindre à ce joyeux désordre dansant. Le public était très réceptif et il y avait beaucoup d’échanges avec les rappeurs. La musique du 77 est prenante, le contraste entre le beat et les voix est hypnotisant. Le son est doux, posé, suave, et les voix sont tantôt énervées et agressives, tantôt douces et magnétisantes. Le rap est moderne est les punchlines se mélangent aux jeux de styles sonores. La manière de poser les mots est calculée et personnelle. Les deux voix de Peet et FéléFlingue se complètent et la complicité entre les deux rappeurs est transparente. Cette façon dont chacun complète l’autre donne de la force à leur musique. Le beat est vraiment bon, mélange entre sonorités électro, jazz et rythmées. Le DJ, Morgan, fait clairement partie de la bande : on perçoit un réel travail de groupe entre les trois. Plus la prestation avance, plus le public est bouillant, Le 77 finit son concert dans la foule, le DJ saute par dessus son matériel, sur la scène. Les deux rappeurs restent durant toute une chanson dans le public, au plus proche de leurs fans. Ils se retrouvent même dans un pogo, le sourire aux lèvres.

C’est donc avec les cheveux collés sur les fronts transpirants que le premier concert se termine, sous les applaudissements et les cris. La salle se vide, le temps d’une petite pause d’une demi-heure avant de voir L’Or du Commun, trente minutes durant lesquelles les gens se dispersent dehors, aux toilettes et au bar. L’ambiance est bonne, ça rit pas mal, ça discute. Personne ne s’attarde trop longtemps, de peur de rater le début du second concert.

L’Or du commun commence sont concert avec « Mets la gomme », histoire de bien faire participer son public. Là aussi, il y a de vrais échanges à la fois sur scène, entre les trois rappeurs, Loxley, Primero et Swing mais aussi avec le public liégeois. Ils parlent de leur premier concert à Liège, aux Fous d’en face, lors de leurs débuts sur scène. Les gens crient, il y a de nombreux fans de la première heure, on peut voir que les trois rappeurs sont touchés. L’ambiance est posée et suave à certains moments, on dirait qu’il s’agit là d’une signature du rap bruxellois. On comprend que les deux groupes présents s’influencent et se connaissent, notamment car Féléflingue (Le 77) faisait partie de l’ODC lorsque le groupe était encore un quatuor. Les deux rappeurs du 77 viennent d’ailleurs sur scène pendant quelques minutes pour rapper et danser avec leurs potes de l’ODC. Telle une grande famille, l’entente entre ces jeunes hommes fait plaisir à voir, ça nous rappelle que la musique, c’est du partage avant tout. C’est un rap qui fait du bien, très narratif, rempli de jeux de mots. Les trois styles de voix se mélangent et se complètent sur un fond musical signé Vax1, beatmaker lyonnais. L’ODC tire définitivement son identité de ce pluralisme de sonorités. Le groupe se fait plaisir et fait plaisir à ses fans en chantant ses plus grands succès, les mots résonnent : « Un pied et puis l’autre » est chanté en fusion par 400 personnes. Le groupe nous offre un moment freestyle ainsi que des chansons plus engagées. Le trio finit en beauté avec « Apollo » et embarque toute la salle sur le « Faucon Millénium ».

Le concert se termine sous les applaudissements et les remerciements. La salle s’assombrit, les silhouettes quittent la salle dans le noir. Nous avons pu discuter un peu avec les membres du groupe lorsque les photographes de Quatremille, Marine et Gilles leur tiraient le portrait. Ils se sont révélés très naturels et sympathiques ; ça fait du bien de voir que malgré le succès qui arrive, ce sont des gens qui restent très accueillants et proches du public.

On vous invite à les suivre sur Facebook (voir lien ci-dessous) et à écouter leur dernier EP !

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QUELQUES IMAGES © MARINE RIGO

 

 

& DES IMAGES © GILLES FISCHER