LIEGE WEB FEST #4 – INTERVIEW DE MARINE HAVERLAND

Photo © Emilie Cronet
Rédaction > Arthur Perini, membre du Collectif Ascidiacea

 

 

Quatremille est parti il y a peu à la découverte du Liège Web Fest (au Réflektor, à Cité Miroir & au Point Culture). Co-fondatrice du festival, Marine Haverland répond à nos questions et nous en dit un peu plus sur cette quatrième édition de l’événement, de quoi patienter jusqu’à l’année prochaine! Notre compte-rendu vous arrive très vite, restez connectés!

 

 

Quatremille : « Comment décrire le Liège WebFest ? Quels sont les éléments qui le constituent années après années ? »

Marine Haverland : « Le Web Fest est né en 2013 d’une envie de montrer – ce qu’on appelait encore à l’époque les web docs / documentaires pour le web – en public et sur grand écran. On voulait faire en sorte, d’une part, que des créateurs de ces web docs puissent rencontrer un public et échanger avec lui ; et, d’autre part, qu’un public – qui n’est pas celui d’internet – puisse découvrir des œuvres qui a priori n’existent que sur internet. La base, c’était donc d’aboutir à ce type d’échange : une ouverture à un public en dehors d’internet et, par ailleurs, une possibilité pour les créateur de rencontrer et échanger avec leur public… En vrai. Le festival est né de cette idée-là. En plus de cela, on propose une réelle orientation professionnelle, notamment avec le  case study : une étude de ces projets en ligne et à destination d’autres (jeunes) créateurs. Pour les porteurs de projets, cela donne l’opportunité de montrer comment ils ont développés leurs idées, quelles ont été les difficultés rencontrées, mais aussi d’aborder les modes de financement et les partenaires qui rendent les choses possibles, ou pas. On voulait donc créer un lieu d’échange professionnel – ou du moins créatif – rassemblant à la fois des confirmés et des plus jeunes, motivés à monter ce genre de projets. C’était aussi un moyen de susciter des vocations, au travers de différents partenariats avec, par exemple, la Haute École de la Province de Liège (HEPL) et les sessions organisées par les professeurs venant directement, avec leurs élèves, à la rencontre des professionnels. On considère ces étudiants comme les futurs créateurs dans ce domaine : on veut les attirer, les inspirer pour leur donner envie de se lancer! »

 

Quatremille : « Autour de quel élément spécifique cette édition 2016 s’organise-t-elle ? Quel est le thème de cette 4ème édition du festival ? »

M.H. : « La grande nouveauté dans notre festival cette année, c’est la réalité virtuelle. D’où notre choix d’afficher un cardboard. En fait, l’idée qu’un simple bout de carton permette de se plonger dans une réalité virtuelle nous correspond bien. Le Web Fest c’est ça ! C’est un événement gratuit qui permet d’appréhender un ensemble de techniques et de développements actuels dans le numérique et la VR – Virtual Reality. À côté de ce domaine central de la VR pour cette édition, d’autres moments phares remplissent le programme, comme les projections de web séries et de projets transmédias ont eu lieu le vendredi soir. À côté de ça,  il y a encore le « coder dojo »- un atelier de codage (informatique) destiné aux enfants – car c’est essentiel à nos yeux que la maîtrise du langage de code s’organise dans l’avenir. Selon nous, l’initiation des enfants à ce langage dès leur plus jeune âge est essentiel. Dans le même esprit, on a également un focus sur l’occasion que les filles et les femmes en général doivent saisir dans ce domaine qui semble quasi naturellement destiné aux garçons – acceptation à laquelle on s’oppose. On milite beaucoup pour qu’autant de filles que de garçons s’inscrivent à ce « coder dojo ». À chaque édition, on poursuit d’ailleurs cette réflexion sur le genre à  travers les œuvres, les invités et les speakers, afin de faire au moins prévaloir une égalité. On tente également de porter plus loin cette réflexion et on agit, comme dans le cadre de la rencontre « intimités numériques » qui a eu lieu le samedi après-midi au Point Culture, en coproduction avec Voix de Femmes. »

 

Quatremille : « Quels sont vos liens avec Voix de Femmes ? Les spectateurs des événements festifs et digitaux de la semaine dernière auront d’ailleurs retenu la présence du « Love Bot » dans le manège de la caserne Fonck… C’était déjà vous ! »

M.H. : « La rencontre avec Voix de Femmes a eu lieu il y a deux ans. Une dimension importante du Web Fest est la relation humaine, fondamentale pour notre organisation. On privilégie donc les rencontres et les projets sur le long terme. Avec Voix de Femmes, notre première rencontre fut tout de suite géniale – notamment parce qu’on avait tous en tête les questions politiques du genre. On a mis en place ensemble le Prix Voix de Femmes qui récompense un projet centré sur les questions de genre ou porté par une femme. Le prix consiste en une carte blanche donnée à un(e) créateur/trice au Web Fest – projet coproduit par Voix de Femmes – pour l’édition de l’année suivante du festival. La première lauréate fut Yaël André pour son œuvre Synaps en 2014. L’année suivante, c’était Elisabeth Meur Poniris qui recevait le prix avec Providence, elle a donc eu une carte blanche cette année. »

 

Quatremille : « Quels sont les différents types d’acteurs de votre programmation ? Et comment vous inscrivez-vous dans l’action culturelle de la région ? »

M.H. : « On fait partie de la sélection de la Saison des Cultures Numériques de la FWB (Fédération Wallonie-Bruxelles). Beaucoup d’acteurs nous aident à développer nos différents projets : la province, la Digital Wallonia et la FWB, un peu tout le monde y met du sien. On est aussi soutenu pour notre action par l’Égalité des Chances qui soutient notre volonté de donner accès à certaines cultures à des publics minoritaires, notamment les femmes. Le soutien politique et associatif est là! Par ailleurs, en interne, on laisse de manière générale la place aux créateurs, dont les œuvres sont toujours représentées en leur présence. C’est important pour nous et ça nous différencie d’autres festivals du même genre qui, parfois, se contentent de projeter les œuvres sans donner la parole à leurs créateurs. On intervient sur ce terrain-là. Ce sont donc parfois des réalisateurs, des scénaristes, des graphistes, des producteurs – en fonction du projet et de ses particularités – qui interviennent. On a aussi proposé deux conférences consacrées à la réalité virtuelle. La première concernait les communautés belges de la VR – qui s’organisent beaucoup en communautés pour se développer -, ainsi que les méthodes de « community management ». En deuxième partie, nous avons présenté les projets destinés au cinéma en réalité virtuelle accompagnée d’une compétition, lancée pendant le festival, entre 5 projets prometteurs. Le vendredi ont eu lieu des « concours de Pitchs », en partenariat avec la SACD, visant à présenter des projets en cours de développement dans le domaine de la VR – à la recherche de producteurs ou de financements. Le meilleur pitcher de cette année a reçu un prix pour son projet My room in the Yanggakdo Hotel . Ensuite, on a organisé trois retours sur expérience afin de mettre en lumière les étapes de réalisation d’un projet : comment il s’est construit, comment il est produit, quelles ont été les difficultés dans ce processus créatif. »

 

Quatremille : Vous l’aurez compris, entre rencontres publiques et moments festifs, le Liège Web Fest constitue le haut lieu de l’immersion technologique et de la transmission de savoirs. Avec une édition orientée sur la créativité dans le domaine de la réalité virtuelle, un nouveau bain de sensations ludiques, de découvertes d’univers aux codes artistiques en pleine mutation et d’échanges avec les acteurs de ce milieu aussi mystique qu’envoutant s’offre au public liégeois. Jeff, Didier, Vincent et Marine, les 4 co-organisateurs du festival, nous proposent de mettre les mains dans les mondes de demain, pour susciter aujourd’hui de futures vocations parmi les curieux qui ont goutté aux produits de cette 4ème édition.

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On like, on partage et on suit la page du Liège Web Fest pour découvrir les lauréats et leurs projets plus fous les uns les que les autres!

On se donne rendez-vous l’année prochaine pour d’autres aventures numérico-technologiques, virtuelles mais bien réelles!