LIÈGE : VIE ET SURVIE D’UNE CULTURE (NON-)ESSENTIELLE

Rédaction : Anthony Katone, Mel, Olivier Sogan
Photos : Emilie Cronet, Mel, Juliette Reip, Julie Van Overstraeten

Hier, la Belgique fêtait sa première année de confinement. Un anniversaire amer pour les artistes, opérateurs et institutions culturelles. Entre angoisse existentielle et espoirs vacillants, Quatremille a enquêté sur la vie, la survie et les soubresauts du secteur culturel liégeois.

Still Standing For Culture - Liège, février 2021 © Emilie Cronet
Still Standing For Culture – Liège, février 2021 © Emilie Cronet

« Ah bon, c’était pour la culture hier en fait ? » Derrière l’effervescence, les activistes s’activent et les protestataires protestent. DJ set sauvage, performances spontanées, concerts en vitrine et fanfares inopinées… Hier, pour la seconde fois en moins d’un mois, le monde culturel criait son (dés)espoir. « Rendez-nous la scène », « rendez-nous la culture », « on meurt et même pas sur scène » et autres « no culture, no futur ! » on été scandés par les manifestants. La révolution est-elle en marche ? 

Qu’on ait compris ou pas le but des dernières manifestations Still Standing For Culture, impossible de rester indifférent. Des milliers de personnes déferlent alors dans les rues, transformant les villes en festivals grandeur nature. Contact humain, bières à gogo, parc à Covid. Pour qui, pourquoi : comment en est-on arrivé là ?

L’interruption
Chronologie de la crise sanitaire belge © Quatremille
© Quatremille

« Les citoyens sont tenus de rester chez eux (…). Et tous les rassemblements sont interdits. » À l’annonce de Sophie Wilmès, le temps se suspend… Nous sommes le 17 mars 2020, et la Belgique s’apprête à entrer en confinement. Mais les mesures sanitaires sont d’abord accueillies avec patience et compréhension par le secteur culturel, qui voit en cette interruption momentanée une occasion de se réinventer. Car l’interdiction de se rassembler ne doit pas nécessairement rimer avec l’arrêt des activités culturelles. C’est l’heure de la grande utopie de la culture en ligne ! Il faut adapter son offre, avec en filigrane une question que tout le monde se pose : comment le monde culturel peut-il vivre, puisque les rassemblements sont interdits et que les citoyens sont invités à se cloîtrer chez eux ?

La réorganisation

Pour Mireille Latour, coordinatrice de la branche liégeoise de Présences et Actions Culturelles (PAC), il faut se réorganiser. ​« Nous avons essayé de poursuivre le travail là où c’était possible, de façon à avoir quelque chose à montrer au public. » La tendance est alors aux retransmissions via les réseaux sociaux, mais pour le PAC et ses activités d’éducation permanente, les évènements on-line ne sont pas systématiquement la meilleure option. Organiser des manifestations telles que les Tempo Color ou Les Fêtes de la musique dans ces conditions signifie d’inlassables reconstructions des programmations, sans aucune garantie que les événements aient lieu. Car si le premier trouve finalement une porte de sortie grâce à 48FM (qui a consacré une journée spéciale à ce festival en retransmettant des interviews et des groupes musicaux), le second est purement et simplement annulé. ​« On a beaucoup travaillé pour rien »se désole Mireille Latour.

Le sentiment d’injustice

Un événement programmé puis annulé a un impact direct sur la trésorerie. Pour pallier ce manque à gagner, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FW-B) a permis à certains de ne pas couler pendant la crise sanitaire en débloquant un fond d’urgence exceptionnel de 50 millions d’euros. ​« Les subventions publiques ont été maintenues pour notre secteur, ce qui est quand même une chance » explique Perrine Vanmeerbeek, coordinatrice de Barricade ASBL. ​« Ils ont décidé de ne pas imposer les objectifs quantitatifs que nous devons atteindre d’habitude pour recevoir nos subsides. » Les structures non-préalablement subventionnées ont, elles, dû attendre février 2021 pour pouvoir solliciter une aide de la FW-B.

Pourtant, un sentiment d’injustice et de révolte s’installe dans le secteur culturel. Les opérateurs dénoncent un manque de considération. ​« On a l’impression de ne pas être considéré comme essentiel » déplore Perrine Vanmeerbeek. La Culture, non-essentielle ? Très tôt, des mouvements de protestation revendiquent l’importance de la culture au sein de la société : Still Standing For Culture, Solidarité Culture Liège, No Culture No Future.

Les artistes
Still Standing For Culture - Liège, février 2021 © Juliette Reip
Still Standing For Culture – Liège, février 2021 © Juliette Reip

Et les artistes dans tout ça ? Coupés de tout contact avec le public, certains en profitent pour se réinventer. Fin mars 2020, la poétesse et performeuse Catherine Barsics met ainsi en place la série d’interventions ​Instant Poétique​, rendez-vous de poésie téléphonique. ​« Dans ces déclamations poétiques par téléphone, le plus important et le plus marquant était de garder un contact humain » confie l’autrice du recueil ​Disparue.​ ​« C’est ce qui rendait ces échanges plus authentiques.»

Construire du lien, malgré tout ? Durant sept semaines, ce sont près de 89 appels poétiques qui ont été échangés ! ​« Je ne connaissais pas toutes les personnes que j’appelais » ajoute Catherine. ​« Mais par la suite, nous en venions à prendre des nouvelles l’un de l’autre. » Afin de mettre du soin dans les soins, comme diraient les infirmières, la poétesse invite à partager un moment suspendu. Mais aussi de conserver ce contact extérieur de plus en plus restreint par les mesures sanitaires. Malgré l’investissement personnel et la démarche artistique, la fatigue émotionnelle est aussi un symptôme bien présent. ​« On doit composer avec une réalité qui évince les artistes de la carte, j’ai l’impression qu’on ne fait plus partie de l’équation »​ confie-t-elle. ​« C’est difficile de se projeter dans le futur. »

D’autres artistes en ont profité pour laisser couler le flow de la création, comme une réelle invitation à se nourrir d’art et de mots. ​« Je n’ai jamais autant créé dans ma vie, car mon activité professionnelle s’est arrêtée et j’ai eu énormément de temps » confie la slameuse et massothérapeute Julie Lombe, qui mêle poésie aux soins, nourrissant le corps et l’esprit. L’artiste entrepreneuse voit là un rééquilibrage dans sa vie, pour une meilleure répartition de ses temps de création. Elle a d’ailleurs pu terminer son ouvrage épistolaire, écrit à quatre mains au côté de Christ Éteint.

Mais les réjouissances et la retraite créative ne font cependant pas partie de tous les quotidiens durant cette période. Quand l’artiste à temps plein retourne à la case départ, carte de pointage à la main, c’est un autre requiem qui opère, une autre considération…. Dégringolade des agendas, contrats reportés : l’argent manque. Un gros surligneur en cette période pour marquer l’étroitesse entre précarité et statut d’artiste. Et malgré la centaine d’heureux élus de « Place aux Artistes », le ressenti d’oubli flotte et essouffle.

Durant le deuxième confinement, la fragilité se fait ressentir et la création n’est pour certains plus à l’ordre du jour. ​« On a besoin de dates butoirs. Sans ça, difficile de trouver la motivation. » Ce sont les mots de la chanteuse Peggy Lee Cooper, qui ne manque pas de partager un événement via sa chaîne Youtube en nous invitant à l’annuel « Massacre de Noël », qui chaque année se déroule au Pot Au Lait. L’artiste de music hall explique l’impossibilité de se projeter. ​« Dans le cabaret, la planification est primordiale, cela demande beaucoup de travail et de préparation en amont.» Pour ces artistes qui tentent de garder la tête hors de l’eau et des démarches administratives, c’est l’heure de la déprime et du manque de perspectives. ​« Difficile d’avoir des objectifs qui nous permettent de remonter quand il manque l’énergie »​ se livre Peggy.

Quelle voie emprunter et comment se réinventer, quand l’auto-production fonctionne mieux sur scène que via des médias où les gens donnent moins ? ​« On devient un produit de consommation, mais il faut être content que les gens nous regardent. On est au milieu du meilleur et du pire… » raconte l’actrice. ​« L’absence de public, c’est vraiment bizarre. Il faut se débrouiller pour que notre art devienne public, mais sans être confronté à un public ! » Se réinventer, composer, prendre soin de soi et patienter sont les éléments qui ressortent le plus chez les artistes qui vaille que vaille restent solidaires pour assurer la pérennité de leur arts.

Still Standing - Liège, Mars 2021 © Julie Van Overstraeten
Still Standing – Liège, Mars 2021 © Julie Van Overstraeten
L’appel à la considération et la solidarité
Appel à la solidarité et à la considération de Solidarité Culture Liège
© Mel

Malgré quelques initiatives réjouissantes, la révolution culturelle 2.0 fait rapidement face à ses limites. Parce que les artistes ne peuvent vivre de clics et le public de prestations en pixels, la réponse se devait d’être politique et non numérique. Dès mars 2020, la FW-B propose un fond d’urgence covid pour les opérateurs déjà subventionnés et reconnus : ce sont près de 8,5 millions d’euros qui sont dégagés pour 321 institutions. ​« On a rempli un dossier exprimant qu’on avait perdu 30.700€, et trois mois après on a reçu 30.700€ » relate Pierre Clément, directeur technique du Festival de Liège et initiateur de Solidarité Culture Liège. ​« En remplissant le dossier, je me dis ​“​c’est quand même dingue, c’est de nouveau tous ceux qui sont subventionnés qui vont recevoir du pognon !” »

Si l’aide octroyée fut nécessaire pour nombre d’opérateurs, la fermeture due à la crise rendait la situation asphyxiante pour les plus petites structures dépendantes exclusivement du public. C’est face à ce constat et le silence de la Province et la Ville de Liège que Pierre Clément, soutenu par le Comptoir des Ressources Créatives (CRC) et d’autres représentants du tissu culturel local, créent le mouvement Solidarité Culture Liège en mai 2020. Leur demande ? La considération des pouvoirs locaux (Ville et Province) envers les structures ne bénéficiant pas de conventions ou de contrat-programme. En parallèle, un sondage lancé par le mouvement révèle une perte de 1,2 millions d’euros pour 48 associations culturelles sur les premiers mois de confinement. Un chiffre indicatif du gouffre dans lequel s’écroulaient nos écoles de danses, petits théâtres, salles de concerts et autres espaces de vie artistiques.

« Place aux Artistes », une première réponse pertinente ?

Face à ces revendications fortes de plus de 1400 signataires dont 300 asbl, la Ville de Liège répond par la mise en place de l’événement « Place aux Artistes ». Financé par la Ville et la Province de Liège à hauteur de 100.000€ chacune et coordonné par le Théâtre de Liège, le projet se donne pour but de proposer gratuitement au public liégeois une série de prestations des arts de la scène. Les performances sont réparties sur quatre places du centre liégeois : l’Esplanade des Guillemins, la Place du 20 Août, le Parc d’Avroy et la Place de l’Yser. Le dispositif estival rémunère ainsi plus d’une centaine d’artistes sélectionnés parmi les 448 candidatures.

L’ambition de cette programmation ? ​« Avec “Place aux Artistes” nous nous sommes dit “il faut absolument continuer de fournir des cachets à des artistes, à notre échelle, parce que nous ne pouvons pas rester indifférents » » développe Jean-Pierre Hupkens, Echevin en charge de la Culture, du Tourisme et de l’Interculturalité. ​« Nous voulons essentiellement que tout aille aux artistes. Pour ça, nous avons confié au Théâtre de Liège le soin de la coordination. » Légitimement bridé par des réalités budgétaires, il ne fut possible de satisfaire qu’une poignée d’artistes face à l’océan de candidats. Honorable, l’initiative soulève cependant diverses critiques. Choix des lieux d’accueil, non-participation des plus petits opérateurs dans la coordination de l’événement ou encore l’urgence dans laquelle la sélection des artistes s’est faite.

Antonio Gomez Garcia, conseiller communal PTB © Mel
Antonio Gomez Garcia, conseiller communal PTB © Mel

Questionné sur le sujet, le conseiller communal PTB Antonio Gomez Garcia se désole du manque de diversité des lieux choisis : ​« Il y a cette idée que si la culture ne sert pas à attirer des touristes, c’est de l’argent dépensé pour rien. Ce n’est pas pour rien que l’échevin est également en charge du tourisme. Plus profondément, ça ramène au débat d’à quoi sert l’art et la culture. Les lieux ont été choisis pour amener des consommateurs dans le centre commercial. Avec cette conception-là, rien n’a été amené dans des quartiers comme Saint-Léonard avec des jeunes qui ne se sont pas déplacés jusque le centre. »

Et comme en réponse à cette utopie de propagation culturelle, la Ville de Paris identifie 60 lieux en plein air mis à disposition des professionnels du secteur culturel/événementiel afin d’organiser des événements en toute légalité. Un exemple qu’approuve Elena Chane-Alune, conseillère communale Vert Ardent : ​« “Place aux Artistes”, c’est pas mal mais ça ne fait pas vivre les opérateurs ! Ça ne fait vivre que les artistes. Il faudrait un système qui combine l’aide aux artistes et aux opérateurs. Que le Théâtre de Liège confie une partie de la programmation au Kultura par exemple et qu’il organise le management d’une scène. »

Plus dur dans ses propos sur l’initiative trop peu ambitieuse à son goût, Pierre Clément pointe le fait qu’il ne s’agissait nullement d’une réponse à la demande formulée de base : ​« C’était de la poudre aux yeux ! Il y a effectivement une nonantaine d’artistes qui a touché un cachet pendant l’été, c’est super. Il y a eu un peu d’animation en ville, c’est super. Mais par rapport à notre demande, c’est-à-dire aider tous les petits lieux, les asbl qui sont dans la merde : rien du tout. Et ça ils ont du mal à l’entendre, encore maintenant. »

Convié lors de la programmation et donc la sélection des artistes, Pierre Clément nous décrit une organisation surréaliste où chaque demande est analysée en 30 secondes. ​« Il y en a un qui a proposé de s’attarder sur ceux qu’on connaît et sinon on passe… » s’étonne-t-il. Loin d’être une direction artistique cohérente et juste, ce semblant de planification aurait pu être optimisé par la participation d’opérateurs conscient du paysage artistique local, selon le directeur technique du Festival de Liège : ​« Il fallait faire confiance aux petites structures et ceux qui font la programmation à Liège, plutôt que de faire un appel à projet… ça laisse peu de place pour les nouveaux. On a pris des gens reconnus ou connus. » c​onclut-il.

Still Standing For Culture - Liège, février 2021 © Emilie Cronet
Still Standing For Culture – Liège, février 2021 © Emilie Cronet

Conscient des mécontentements, l’Échevin Jean-Pierre Hupkens se défend : ​« Il a été question de déplacer les lieux, et notamment de venir à Saint-Léonard. Sur ce point, nous avons rencontré la demande pour la prochaine édition 2021. Maintenant si c’est dire que ce dispositif devrait être dispersé dans des quartiers comme Sainte-Walburge, Wandre, Chênée, Grivegnée, etc. Je ne pense pas que ça corresponde à l’idée. Ce n’est pas qu’il faut négliger les quartiers mais le dispositif de “Place aux Artistes” vise à capter le public où il se trouve. Donc des zones bien alimentées. Tout ne peut pas être adapté partout. Faut-il s’occuper des quartiers périphériques ? Oui, bien sûr. Nous le faisons autrement et avons mené au fil des années un programme d’équipement des quartiers en infrastructures. »

Quant à la participation des opérateurs à la programmation, Jean-Pierre Hupkens accorde que l’option pourrait être envisagée : ​« Nous pourrions faire comme ça, ça serait une autre formule. Nous ne serions alors que des prescripteurs de fonds. Donner à ces structures intermédiaires le financement et les laisser organiser l’événement. Sauf que ça n’est pas nécessairement de cette manière qu’on atteint le meilleur niveau d’équité. Ce n’est pas que ce soit bon ou mauvais, mais ce n’est pas forcément la bonne formule. Nous l’avons déjà choisie auparavant dans certains secteurs, en collaboration avec des partenaires spécifiques. Est-ce que nous ne travaillerions pas avec des opérateurs de type Kultura ? Ce n’est pas écarté mais nous ne devons pas choisir tout le temps cette solution non plus. »

Fond d’urgence

Occultées par le premier plan d’aide et privées de leur public, les petites structures continuent donc lentement leur déclin. En réaction à cette détresse, la Ville de Liège a répondu par la mise en place d’un fond d’aide d’urgence de 200.000€ destiné aux petites structures. Fin 2020, 30 opérateurs ont ainsi reçu un montant variant de 5.000 à 20.000€. ​« C’est une enveloppe qui est limitée dans une ville qui est elle-même soumise à une pression budgétaire très forte. » explique Jean-Pierre Hupkens. ​« Malgré ça, nous sommes la ville qui consacre le plus à la culture par habitant en Wallonie francophone, deux fois plus que Charleroi ! »

Si la somme consacrée aux opérateurs peut être considérée comme insuffisante, l’opposition et le mouvement Solidarité Culture Liège pointent un autre problème. ​« Il y a eu ce fond covid attribué par Jean-Pierre Hupkens. Lui, tout seul. C’est-à-dire qu’il a appelé des opérateurs culturels en disant qu’il proposait un peu d’argent. Il les a vu entre quatre yeux pour discuter. C’est un choix complètement arbitraire, il n’y a aucun critère »​ s’étonne Pierre Clément.

Un réel problème de transparence qui fut abordé lors d’un conseil communal par Elena Chane-Alune : ​« Je leur ai demandé comment allaient-ils répartir ces 200.000€, sous quels critères, et la liste des structures choisies. À ce moment-là, je ne sais pas pourquoi, l’échevin ne répond pas à ma question explicitement posée concernant les critères. Surtout que dans cette liste figurait le MNEMA et le Trocadéro, contre qui je n’ai rien mais qui ne font pas partie des “petites structures” comme l’intitulait le fond. » C’est suite à ce silence que la conseillère communale met en ligne la répartition du fond de soutien​. De son côté, Jean-Pierre Hupkens se défend de tout arbitraire en expliquant que la Ville de Liège a simplement aidé les structures qui en avaient fait la demande. ​« En fonction de ça, nous avons fait trois catégories : 5.000€, 10.000€ et 20.000€ en fonction des jauges, c’est-à-dire des places que l’opérateur peut proposer en intérieur. Sachant que c’est extrêmement complexe… mais il fallait bien essayer d’avoir une approche ! »

Une approche qui reste contestable pour Solidarité Culture Liège qui réclame dans son appel un guichet d’information clair à disposition de toutes structures demandeuses d’aide, qui bien souvent ne savent pas à qui s’adresser pour obtenir une subvention. En ligne de mire figure notamment la démarche de demande d’exploitation de lieux publics par les opérateurs culturels.« Aller sur le site de la Ville de Liège, trouver puis remplir le formulaire, c’est compliqué. » argumente Pierre Clément. ​« Et puis le formulaire est surréaliste, il faut donner le nombre de frigos, etc. Il faut une facilitation à ce niveau-là et un interlocuteur général à contacter. » « Je me suis attelé à faire simplifier ce formulaire » répond Jean-Pierre Hupkens, qui relève également sa complexité. Quant au guichet d’information visant la transparence, il estime qu’il s’agit d’une mission que la Province pouvait prendre à charge : ​« Nous avons convenu que cette mission pouvait être accomplie dans le cadre de la coordination culturelle dirigée par la Province. Il y a donc une équipe qui est en train de se monter. »

La suite ?

Si on en croit le dernier comité de concertation, une réouverture du culturel serait envisagée pour le mois de mai. Certains lieux planchent d’ores et déjà sur une reprise de leur programmation. À ce stade, le constat prend des airs de cliffhanger bon marché… Ankylosées, enthousiasmées : dans quel état retrouverons-nous nos structures culturelles ? Après près d’un an d’arrêt des répétitions, comment opérer une reprise saine des théâtres et autres spectacles vivants ? Quels enseignements et quels jugements émettre sur l’état de la politique culturelle belge ? Quel avenir pour la culture post-covid ? À suivre…