LÉODIO : DE L’ORDRE DU MÉNESTREL AUX 10 ANS D’UNE ASBL

Rédaction : Sébastien Tong

Léodio, groupe spécialisé dans le chant médiéval du XVème siècle, fête ses dix ans. Recherche d’authenticité historique, diversification des activités… De ses premières foires médiévales à sa constitution en asbl, Quatremille revient sur son parcours.

Le commencement et la découverte du chant médiéval a cappella

Au début de l’aventure, quatre convives seulement sont réunis par Barbara Pierlot autour d’un projet de concert pour les 75 ans de l’ordre du Ménestrel, qui récompense des étudiants créatifs. C’était il y a dix ans déjà. Le répertoire du groupe s’étendait alors de la Renaissance à Mozart. Un deuxième concert s’organise et la question du nom se pose. « Benjamin Thill, un des membres de l’époque, a suggéré Leodium, en rapport à Liège. Mais le nom était déjà pris. Nous avons donc opté pour Léodio. »

Peu à peu, le groupe se passionne plus spécifiquement pour la musique a cappella (sans instrument), puis médiévale. Aujourd’hui vice-présidente de ce qui est devenu l’association Léodio, Barbara nous explique : « Nous avons commencé par la Renaissance, et c’est petit à petit qu’on a reculé vers la période médiévale. Au début, tout n’était pas agréable à notre oreille. On n’apprend pas cette musique et on a dû s’auto-éduquer. » Simon Gilbert, répétiteur actuel du groupe, ajoute que « cette musique rejoint la même problématique que la musique contemporaine aujourd’hui ».  

La constitution de l’asbl et la diversification des activités

Dix ans plus tard, Léodio est une asbl qui preste pour l’essentiel en foire médiévale. « La plupart de nos contrats étant des foires médiévales, nous avons dû acheter du matériel. Des tentes mais aussi tout ce qui ressort de la queurie, c’est-à-dire les tables, chaises, malles, etc. En lien avec le XVème siècle » développe Ann-Melody Reginster, l’actuelle présidente. « Tout ça coûte beaucoup d’argent,  nous nous sommes donc constitués en asbl. C’est pratique, ce n’est pas compliqué, donc on l’a fait. »

La reconstitution historique, propre aux foires médiévales, est un milieu exigeant. « Comme tout débutant, nous venions au début avec des vêtements non-historiques. Ensuite, il faut faire des recherches par soi-même » raconte Barbara. « Nous ne savions alors pas encore dans quel siècle nous voulions nous situer. La recherche de l’authenticité va jusqu’au laçage, aux chaussures, et même aux sous-vêtements ! Sur certaines foires, les organisateurs sont vraiment pointilleux. ». 

Apprentis devenus, la petite quinzaine de membres est aujourd’hui en mesure de proposer plus d’activités au-delà du chant. Ann-Melody nous parle de la dernière nouveauté : « J’en avais marre de faire des stages dans d’autres asbl. Moi aussi j’ai une asbl ! On a donc fait un stage d’une semaine avec des enfants de 6 à 11 ans en immersion dans le monde médiéval. Combats, repas, chant, histoire… ». Le stage, qui a eu un grand succès, a également reçu des demandes d’adultes pour l’élargissement du concept. Pour l’asbl, c’est une bonne manière de diversifier son offre : « Explorer de nouvelles activités en plus de la musique permet à l’asbl de continuer à vivre si, par exemple, les foires médiévales n’intéressaient plus personne. ». 

Côté musical, Léodio a le souhait de faire connaître cette période spécifique. D’abord en passant les frontières et en couvrant plus de foires médiévales, ensuite en enregistrant un album. Mais encore, et dans tous les cas, approfondir la recherche d’authenticité commencée il y a maintenant dix ans.

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