LEDE MARKSON: DEVERSE SON NAPALM

Photographies © Baudouin Straetmans, Timerlan Arbiev, Exonatif
Interview > Céleste Kabanyana

 

 

Quatremille a rencontré le rappeur liègeois Ledé Markson ! Nous vous livrons l’interview de Céleste Kabanyana !

 

 

Quatremille: « Money, weed, fuck bitches : crédo ou provoc ? »

Ledé : « C’est une référence à la chanson Pussy, Money, Weed de Lil’ Wayne, pour laquelle il utilise le même sample qu’Outkast dans la chanson Jazzy Belle. C’est également un clin d’oeil à Haitch – avec qui j’ai collaboré pour le morceau « Liège Flippe » – qui disait dans un de ses derniers textes « Je peux pas courir pour une bitch ». Via cette ritournelle, j’ai essayé de rallier nos deux univers, assez distincts à la base. »

 

Quatremille : « Comment as-tu débuté dans le monde du rap ? Est-ce lié à ton frère, SmartOne ? »

Ledé : « Effectivement, c’est mon frère qui a amené le premier micro d’enregistrement à la maison et qui m’a fait découvrir FruityLoops (logiciel de composition, ndlr). C’est également avec lui que j’ai fait mes premières scènes en réalisant ses backs. »

 

Quatremille : « Dans ton titre Liège, Liège, tu dis vouloir « Partir fissa » mais tu dis aussi que la ville exerce un effet puissant sur toi. Peux-tu expliquer ce paradoxe ? »

Ledé : « Quand je dis ça, je parle au nom de ma génération. Depuis que je suis petit, j’entends les gens se plaindre de Liège et dire qu’ils veulent se casser. Au final, personne ne bouge vraiment… Comme si Liège exerçait un effet d’attraction, un peu comme la gravité, qui t’empêche de t’envoler. Comme on le souligne souvent lors de mes interviews : il existe une certaine relation amour/haine entre Liège et ses habitants. »

 

Quatremille : « Pourquoi avoir appelé ton dernier EP Napalm ? Un mot sur ce projet ? »

Ledé : « Napalm, c’est la suite de Delta. Plane. Dans Delta. Plane., le titre signifie que le « Delta », c’est-à-dire la lettre D en grec – c’est-à-dire moi –, plane au-dessus de son environnement et commente ce qu’il en observe. Pour Napalm, j’ai lâché la bombe de napalm depuis le ciel pour tout niquer ! On ne chipote plus et on rentre en guerre. C’est fini de planer, il est temps de montrer au monde la puissance du napalm que je déverse depuis le ciel. Le napalm descend sur terre pour tout brûler : ce n’est pas beau à voir. »

 

Quatremille : « Dans ce dernier opus, les prods sont assez travaillées. Qui s’en est chargé ? Est-ce que l’écriture inspire le son, ou l’inverse ? »

Ledé : « Pour les prods, j’ai fait appel à deux musiciens – Olibass et Pierre Beaulieu – afin d’y amener un feeling humain, avec des lignes de basse de feu et des solos de guitare électrique. Il y a aussi Mataya qui a fait trois prods et j’ai moi-même composé trois instrus. En général, je fais d’abord les instrus et puis j’écris dessus. La seule exception, c’est pour « Liège Flippe » : j’avais commencé à écrire le refrain et mon couplet à la guitare acoustique, en mode remake français de Cocoa Butter Kisses de Chance The Rapper. Ensuite, j’ai lâché la guitare et j’ai continué le couplet dans ma tête et sans musique, pour finalement le poser sur l’instru de Mataya. »

 

Quatremille : « Tu exposes le fait qu’à Liège, on va lentement mais que quand on se bouge on ne fait pas les choses à moitié. Parles-tu uniquement de toi ou y a-t-il d’autres artistes/projets/… qui sont concernés par ces mots ? »

Ledé : « Dans la chanson PS, je ne dis pas qu’on ne fait pas les choses à moitié, je dis qu’on emploie des moyens drastiques. Ce n’est pas la même chose. Le truc, c’est que le Liégeois type ne va rien faire pendant 10 ans mais, à partir du moment où il va se bouger le cul, il va vouloir lancer un projet trop ambitieux pour lui et va donc déployer des moyens d’actions et des investissements déraisonnables par rapport à la réalité de la situation. Au final, il se plante… (rires) ! On veut passer directement de la première à la cinquième vitesse. Ce n’est pas comme ça que ça marche. »

 

Quatremille : « Quelle serait ta collaboration de rêve ? »

Ledé : « Kendrick, Eminem, André 3000, Kanye West, et plein d’autres. »

 

Quatremille : « Comment comptes-tu faire évoluer ton rap ? »

Ledé : « Je ne compte pas forcément le faire évoluer. Ou, je compte plutôt le laisser évoluer de façon naturelle, sans trop me poser de questions. Par contre, je compte bien faire évoluer ma musique. Le rap, c’est juste une technique vocale et une manière d’écrire. Au final, je fais de la musique avant de faire du rap. J’ai commencé à créer des instrus avant de me mettre à l’écriture. En somme, c’est l’évolution de ma musique qui va faire évoluer mon rap, et pas l’inverse. »

 

Quatremille : « Quelles sont tes futures actus et où peut-on les suivre ? »

Ledé : « J’ai pas mal de morceaux en stock. J’attends, afin de les sortir de la meilleure des façons. Tu peux me suivre sur Facebook (@lede4zoo), sur Instagram (@lede.markson), sur ma chaine Youtube et sur ma newsletter (https://bit.ly/2kgrZ0u) où je balance des exclusivités. Au niveau des concerts, je serai le 30 septembre au Reflektor, pour commencer. »

 

Quatremille : « Merci ! »

 

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