LE SOUTIEN DE 48FM AU SECTEUR CULTUREL LOCAL 

Rédaction : Ludovic Minon / Patrick Ndibwalonji Badibanga, Romain Dejardin, Marine Mélon // Visuels © 48FM

Pas évident de faire tourner une radio associative quand les restrictions sanitaires n’autorisent qu’un animateur en studio à la fois ! Du côté des ondes alternatives, 48FM fait le taf et met en place des initiatives de soutien au secteur culturel. Cartes blanches, programmation locale… C’est sur le 100.1 que ça se passe !


« Donner de la visibilité aux artistes »

L’ambiance de La Zone à la radio ? C’était vendredi passé sur les ondes de 48FM ! Une séquence découverte avec une playlist signée Mathieu Belotte, programmateur musical invité par Martha Regueiro. « On espère se revoir en 2021 à La Zone ! »

Les cartes blanches musicales, c’est un des moyens que 48FM a trouvé pour soutenir le secteur culturel liégeois. « L’idée c’est de proposer une émission par semaine dédiée aux lieux et institutions culturels en arrêt forcé » explique Fred Cools, directeur de 48FM. « C’est une mise en avant, qui s’accompagne d’une programmation musicale de leur choix. » Et la radio cherche toujours des projets et lieux liégeois à mettre en avant… n’hésitez pas à les contacter ! Au-delà de ces cartes blanches, 48FM a renforcé son soutien aux artistes belges et liégeois en particulier. Ce soutien passe principalement par un plus grand temps d’antenne consacré à la diffusion de musique locale. Mais aussi par des émissions consacrées à des artistes locaux, des portraits, etc. « L’objectif, c’est de donner de la visibilité aux artistes qui, malheureusement, n’ont plus la possibilité de s’exprimer dans les circonstances actuelles » développe Fred.

Radio confinée

Malgré le confinement, 48FM ne s’arrête pas d’émettre, loin de là. La plupart des émissions continuent d’être diffusées, avec les aménagements nécessaires. « Certaines sont enregistrées à distance, chacun chez soi ou avec l’animateur principal en studio, ou encore via des lives facebook » explique Fred. « On cherche des solutions ! Difficile de garder les créneaux horaires intacts pour les émissions de soirée quand le couvre-feu est à 22h par exemple… » D’autres émissions encore se sont arrêtées temporairement, faute de contenu à traiter. « Une émission consacrée au football provincial, ben… fatalement, c’est mort ! » lâche Fred.

48FM, radio universitaire et associative depuis 1995

En janvier 2021, 48FM devrait enfin déménager vers ses nouveaux locaux à la Grand-Poste. Une petite révolution pour l’asbl, qui occupe les derniers étages de la Maison de la Fédé, place du 20 Août, depuis 1995. Mais les premières traces d’une radio étudiante liégeoise, elles, remontent aux années 80 !

Début des 80’s, alors que seule la RTB est autorisée à émettre, s’installe une radio dans les Homes étudiants du Sart Tilman : la RST, pour Radio Sart Tilman. C’était l’époque des « radios libres » ! Mais la RST ne survivra pas longtemps, et il faudra attendre 1995 pour voir s’implanter son successeur « 48FM » place du 20 Août. « Les fréquences étaient complètes, 48FM a commencé par squatter les ondes de Ciel FM et Equinox FM » raconte Fred Cools. « On a fait du chemin depuis. »

48FM, c’est une radio universitaire et associative. C’est-à-dire ? « Universitaire, c’est qu’elle est un centre de formation financé par l’ULiège. Elle accueille et encadre les projets radiophoniques des étudiants, entre autres » développe Fred. « Associative, c’est qu’elle est l’hôte de projets citoyens et associatifs. En termes de temps d’antenne, c’est globalement du 50-50. » Voilà le savant mélange qui confère à 48FM un esprit alternatif et une accessibilité sans pareille. Pour créer une émission sur ses ondes, il faut simplement… la proposer ! « Faire de la radio, c’est déjà du stress pour beaucoup de monde. Si en plus tu dois remplir un dossier de 15 pages pour monter ton émission, la plupart laissent tomber ! » défend Fred. « Nous encadrons les propositions pour qu’elles soient diffusables. Ça demande entre trois à quatre séances en studio, soit environ un mois, un mois et demi. Puis s’il y a de la place, c’est parti. Cette année, on a reçu une quarantaine de projets rien qu’en octobre ! »

Voilà de quoi garantir une programmation éclectique à souhait ! Pour écouter 48FM, rendez-vous sur le 100.1 ou sur leur site web. Trop de choix pour vous ? Quatremille vous a préparé une petite sélection !


HEADBANGING, L’ÉMISSION QUI DÉCOIFFE — Patrick Ndibwalonji Badibanga

Si vous êtes amateur de musique rock, de bières et de chroniques décalées, Headbanging vous plaira assurément. Tous les jeudis de 18 à 20h, Jack et ses acolytes vous donnent rendez-vous sur 48fm. Alors, ne manquez pas l’occasion de profiter de ce voyage auditif : vous en redemanderez !

 17 h 50, un nouveau groupe de métal liégeois fait son entrée dans le studio situé place du 20 août. L’atmosphère est conviviale et les bières déjà servies.

–          Halte-là matelot ! Si vous voulez passer, ça vous coûtera une canette chacun.

–          Ne faites pas attention, c’est encore Fourré qui fait étalage de son humour loufoque ! annonce Sévérine.

   Comprenant à qui ils ont affaire, les nouveaux venus se détendent et sortent leurs instruments, prêts à tout faire péter.

S’il y a bien un qualificatif qu’on peut concéder à cette émission, c’est éclectique. On y retrouvera des morceaux de métal, du punk, du rock en tout genre ou encore du hardcore. En définitive, la seule limite, c’est le toit au-dessus du studio.

Il y a huit ans, c’est par l’initiative de deux étudiants en stage de fin d’études que tout commence. Voulant joindre l’utile à l’agréable, ces derniers contactent 48fm et sont surpris de voir leur demande acceptée. Voyant que la sauce prend bien, l’un d’eux convie Jack à les rejoindre. Et ce fut le début d’une grande aventure ! Malgré le départ des deux fondateurs, le programme est plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui, en raison des mesures sanitaires, Headbanging prend une pause momentanée. Pour faire patienter les auditeurs, les animateurs leur proposent des rediffusions.

Headbanging — 48FM © D.R.

–          Restez connecté aux réseaux sociaux pour ne pas rater le retour de l’émission, nous chuchote Jack dans l’oreille.

–           Et si vous souhaitez y être interviewés ou diffusés, tapez Jack Hdbg ou Headbanging sur Facebook, rajoute Fourré.

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UN FREETIME ENTRE AMIS — Marine Mélon

FreeTime est une émission culturelle créée par Amélie Thomas et Tom Léonet en 2018. Tous les lundis entre 16h et 18h30, le duo et leurs chroniqueurs développent une thématique par émission : jeux vidéo, famille, écologie, Halloween,… Le programme est chargé. Entre les coups de cœur des chroniqueurs et l’interview de l’invité de la semaine, l’émission avance vite. Les Naked Passion, Benni ou encore l’auteure liégeoise Manon D’Ombremont sont déjà passés dans les studios de FreeTime.

Durant les 2h30 d’émission, les chroniqueurs s’enchaînent, chacun avec ses préférences et spécialités culturelles. « Par exemple, on a proposé à Julie de rejoindre l’équipe parce qu’elle passe son temps à lire des livres, à Stéphanie parce qu’elle est calée en jeux vidéo… C’est aussi un plus pour nous parce qu’on n’a pas énormément de culture vidéoludique. On se complète tous et on a chacun des choses à apporter aux autres » explique Tom.

FreeTime — 48FM © D.R.

À l’écoute, on a surtout l’impression de faire partie d’une bande d’amis qui débattent de leurs passions. Même si, au fil du temps, certains chroniqueurs partent et d’autres débarquent, la bonne entente est toujours au rendez-vous. « On essaie de garder contact avec ceux qui sont partis. L’année dernière, pour Noël, on voulait réunir tous les chroniqueurs qui sont passés dans le studio. On ne pensait pas qu’ils allaient tous répondre positivement. On s’est retrouvé à une bonne dizaine dans le studio, avec quatre micros. » raconte Amélie en riant. « C’était un peu compliqué mais on s’est super bien amusé ! »

Le petit plus de l’émission ? Ils ne diffusent désormais que des chansons d’artistes belges. « L’idée est venue pendant le premier confinement. On avait envie de les soutenir. Et puis, on avait aussi envie de découvrir des artistes qu’on n’a pas forcément l’habitude d’écouter, des personnages moins connus. Avant, la programmation musicale était principalement constituée de musiques commerciales. Aujourd’hui, on a un peu une identité musicale » expliquent Tom et Amélie.

Pour ceux qui seraient tentés par l’écoute de l’émission, l’invitée de cette semaine sera la ministre de la culture, Bénédicte Linard, qui viendra parler des droits des femmes. Rendez-vous donc demain, à partir de 16h, sur les ondes de 48fm !

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BLACK OUT, LA CULTURE NOIRE AUX ANTIPODES DES MÉDIAS MAINSTREAM — Romain Dejardin

Vous voulez soutenir les artistes occultés des grands médias ? Le transmag Black Out diffusé sur 48FM, tous les mercredis de 18h à 20h, met en lumière la culture noire et ces artistes “blackoutés” des médias mainstream. L’émission est également accessible via son site internet et une chaîne youtube inaugurée à l’occasion du premier épisode de « L’ Alcôve » avec Dumbeat.

Selon Laurenne, éditrice en chef radio et co-fondatrice de Black Out aux côtés de Yves, rédacteur en chef web et de Chris, directeur artistique « Les objectifs premiers de Black Out étaient et sont toujours la diffusion d’information liée à la musique et la culture noire, la mise en lumière d’artistes « blackoutés » des médias mainstreams, la promotion des acteurs et actrices qui œuvrent pour la musique et la culture noire en Belgique, et la commémoration des genres et artistes à l’origine de la musique noire que nous connaissons aujourd’hui. » « L’émission est née d’un besoin de parler et d’aborder des sujets qui nécessitent d’être abordés et partagés et de diffuser des genres musicaux qui, bien que les plus écoutés au monde, sont généralement difficiles à entendre sur des médias à grande audience. La demande est réelle et importante. Autour de nous, peu de gens se reconnaissent dans les médias qui leur sont imposés » nous confie Yves.

Black Out sort la culture noire de l’ombre et met en valeur ses actrices et acteurs, les sujets traités concernent majoritairement cette culture ce qui n’empêche pas que « Black Out s’adresse à tout le monde sans distinction, à tous ceux qui recherchent une actualité des artistes qui échappent aux principaux médiums et médias » précise Yves avant de laisser la parole à Laurenne : « La musique noire est indissociable de l’histoire et de la culture à laquelle elle est liée. Tout comme elle est indissociable de ses acteurs et actrices actuel·le·s. Et Black Out s’adresse surtout à toute personne se reconnaissant dans ces principales valeurs. » Car oui, la culture noire n’est ici pas résumée à son aspect musical et est embrassée dans son entièreté avec son histoire, une histoire qui nous concerne toutes et tous et dont nous devons nous souvenir.  

Black Out — 48FM © D.R.

Parmi les artistes qui sont passé.e.s par le studio de Black Out se retrouvent notamment la chanteuse et actrice Martha Da’ro ainsi que les chanteuses ‘NKEY et Suejenn. Dans la continuité des valeurs de l’émission et afin de répondre aux enjeux audiovisuels actuels, Black Out a introduit « L’ Alcôve » dont le premier numéro avec Dumbeat a récemment été diffusé sur Facebook et Youtube. Une première capsule réalisée en partie au Blaes Bar à Liège en partenariat avec Tiny Prod qui ouvre la voie à bien d’autres.

Aujourd’hui, Black Out a fait du chemin et est porté par une équipe passionnée polyvalente et complémentaire bien décidée de continuer à donner la parole à celles et ceux qui n’en ont pas l’occasion et bien sûr, de représenter la culture noire, aussi riche et incontournable soit-elle.

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