Vidéo : Pendant la soirée, nous avons recueilli des avis sur quelques tendances.

Cadreuses : Ashton Gnaba & Margaux Dejardin; Montage : Mallaury Lehnertz; Musique : « Jaden Smith – Icon (Instrumental) ReProd by Kay Lewis »

LE LIÈGE FASHION SHOW IMPOSE SA MARQUE

Chronique : Mallaury Lehnertz / Photos : voir les légendes / Photo couverture : Ashton Gnaba

Pour sa seconde édition, le Liège Fashion Show a investi le Grand Curtius transformé, le temps d’un défilé, en temple de la mode. Quatremille était présent afin de dénicher les talents de mode les plus prometteurs.

Quelques minutes avant le défilé, l’équipe de maquilleurs, de coiffeurs ainsi que l’ensemble des stylistes s’affairent aux dernières retouches. Au même moment, les spectateurs parés de leurs plus belles tenues prennent placent au rez-de-chaussée. Annonçant le début des festivités, les premiers mannequins s’élancent en bas des escaliers pour rejoindre le podium principal qui s’étend le long du couloir vitré du Grand Curtius. Dès le crépuscule, le reflet des mannequins remplace la vue sur les jardins extérieurs du musée.

Parmi les dix stylistes présents au Liège Fashion Show, quatre saisissent notre attention. Loin des simples tenues de prêt-à-porter, leur créativité semble interpeller les aficionados de la mode.

Une matière innovante

Le passage de la collection C. Pouki par Chloé Henris, utilisant des matières non-conventionnelles, attise les regards. Les créations de la styliste s’articulent autour d’une matière novatrice imaginée à partir du tressage de colsons.

© Ashton Gnaba

En associant cette matière à du néoprène bleu roi ou orange vif, la styliste belge a conçu diverses robes et pantalons. « J’adore détourner les matières et laisser libre court à mon imagination », explique la jeune femme, « c’est la matière qui inspire mon travail… c’est ma manière d’approcher la mode ». Inspirée par le feutre, Chloé Henris a aussi imaginé des sacs « samossas » conçus à partir du pliage d’une bande de cette étoffe difficilement malléable.

© Photographe: Christophe Bustin / Assistante Photographe: Anne-Sophie Guillet

Une collection éthique

Place ensuite aux silhouettes épurées de la collection de Marisol Perez, la jeune styliste vénézuélienne que nous avions interviewée en août dernier. Les vestes de sa collection, entièrement confectionnée à partir de matériaux recyclés, font partie des pièces les plus mémorables du défilé. Ce positionnement éthique apporte un brin de fraicheur dans un secteur souvent caractérisé par la surconsommation.

L’une des créations de Marisol, faite à partir de jeans retravaillés. – © Margaux Dejardin

Des silhouettes raffinées

À l’inverse, la styliste Elodie Dja a époustouflé l’audience par l’abondance de silhouettes défilant sur le podium. Bénéficiant de deux passages, la jeune femme a d’abord mis en avant des tissus dénichés dans plusieurs pays d’Afrique avec une collection de prêt-à-porter. Place ensuite à plus de sophistication avec sa collection de soirée. En effet, Elodie Dja a imaginé plusieurs tenues de mariées alliant drapés raffinés et pièces plus structurées. Le tailleur jaune satiné issu de cette collection est une de ses réalisations les plus épatantes.

© Ashton Gnaba

Une collection inclusive

Cependant, l’apogée du défilé revient au styliste de lingerie sur-mesure Tony Bland. Le public a acclamé les diverses morphologies mises à l’honneur à travers sa collection. « Le podium appartient à tout le monde », affirme-t-il. Accompagnées de quelques accessoires afin de se sentir moins vulnérables, les mannequins ont défilé fièrement au rythme des applaudissements de l’assemblée. Le styliste nous offre ainsi la vision d’une mode inclusive bien loin des diktats de beautés irréalistes.

© Making of

Une diversité de talents

Hormis tous ces talents, le Liège Fashion Show regroupe d’autres professionnels du monde de la mode. Le maquilleur Jérôme Joway (Jay Makee-up Artist) a collaboré avec l’ensemble des stylistes afin de complimenter les tenues défilant sur le podium. « Lors de notre échange, Elodie Dja m’a demandé un aspect guerrier. Le maquillage est donc très agressif et anguleux », nous explique-t-il devant une des modèles arborant une feuille d’or craquelée dans son cou. « Mais on a aussi joué avec le contraste du doré pour amener une certaine forme d’élégance », ajoute-t-il.

© Ashton Gnaba

Durant ce mois consacré à la mode, le Liège Fashion Show semble s’imposer tranquillement comme un événement incontournable de la Cité Ardente. On espère juste un lieu plus approprié à un défilé de mode que le musée Curtius, déjà trop exigu vu le succès de cette édition.

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