FIG. LIÈGE 2020 : LA VALORISATION DU DESIGN GRAPHIQUE

Rédaction : Joéllie Sprumont // Photos : Loris Arnoux

Immanquable. Impeccable. Inopiné. Inspirant…. And so it goes. La quatrième édition du Festival International de Graphisme (Fig. Liège) s’est clôturée après quatre jours. C’est via six conférences, sept expositions, une projection, un workshop et deux tables rondes dans différents lieux culturels en Cité ardente que les initiateurs de l’événement ont souhaité valoriser le métier du design graphique en Belgique, mais surtout en Wallonie.

Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux
Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux

La naissance du Fig.

En septembre 2016, une bande de copains* ont une envie commune : faire un truc lié au graphisme en février 2017. « On ne savait pas encore trop quoi, mais il fallait que l’on fasse quelque chose » explique Jérémy Joncheray, un des organisateurs du Festival. C’est comme ça qu’est créé le Festival International de Graphisme. Des conférences, des expos, un workshop, des projections et concerts sur quatre jours à Liège. 

Depuis, des partenariats se sont formés avec notamment Les Brasseurs et les Chiroux. Le nombre de conférences et d’expositions a augmenté au fil des années pour en arriver à six conférences et sept expositions lors de cette édition. Une évolution piano piano pour garder l’esprit « convivial » du Festival. « Même si les choses évoluent, nous voulons continuer de faire partie du festival, être sur le terrain avec les personnes, plutôt que derrière nos écrans« . 

La valorisation du design graphique

Même si affichant une programmation internationale, le Fig. entend toutefois valoriser le métier du design graphique en Belgique, et surtout en Wallonie. « Nous nous sommes rendu compte du manque de culture graphique en Wallonie surtout (en comparaison à la Flandre et ailleurs). Nous avons une histoire du graphisme relativement peu connue en Wallonie, très peu communiquée. En fait, il manque un vrai « patrimoine », voilà ce serait le mot adéquat »

Valoriser le graphisme, mais aussi proposer une visée pédagogique. « Dans le sens où jusqu’où le graphisme peut-il aller ? Nous nous adressons autant aux professionnels qu’au grand public, mais celui-ci public reste encore composé à 80% de praticiens. Toutefois nous sommes heureux cette année d’avoir vu beaucoup plus de scolaires venir voir les expos. Nous avons envie aussi de développer les workshops parce que nous avons eu des demandes de dingue pour celui de Wallonie Design ‘Spécimen typographique’« .

Une vision engagée ?

« La visée est quand même engagée dans le sens où on invite des praticiens qui portent des messages politiques, sociaux… » Par exemple, pensons à la projection du documentaire « Sign Painters » qui a été projetée aux Chiroux dans le cadre du Festival. Un documentaire célébrant la technique des enseignes peintes traditionnelles à la main aux USA et qui questionne les liens entre art et commerce. Ou encore l’exposition de “As, Not For: Dethroning Our Absolutes” donnant « un aperçu historique non-exhaustif du travail de graphistes afro-américain.e.s (…) absent.e.s de l’enseignement des grandes figures du graphisme et leurs travaux sont pour la plupart invisibles ou non crédités dans le champ du graphisme contemporain ». A voir d’ailleurs jusqu’au 28 mars 2020 aux Chiroux. 

Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux
Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux

Comment se réalise la programmation ?

Les choix s’opèrent en réunions d’équipe. La règle ? « La parité, l’équilibre dans la représentation des pratiques, artistes représentatifs du métier. Mais cela vient aussi du réseau, du bouche-à-oreille. Liège n’est pas encore lié au graphisme, mais on commence à asseoir notre légitimité comme c’est la quatrième année qu’on organise le Fig. On a aussi un réseau de partenaires, de festivals avec lesquels on a des échanges. C’est très précieux et constructif ».

Un Fig. Liège en 2021 ?

« On espère ! Il faut savoir que nous sommes tous bénévoles (nous cinq plus quelques stagiaires et étudiants) donc cela dépendra des subsides que l’on reçoit. On a quelques trucs en tête pour 2021 en tout cas… On espère aussi pouvoir faire de plus grosses expos en créant des partenariats. Et toujours avec la volonté que cela reste gratuit, bien entendu ! « .U

*La bande de copains du Fig., c’est qui ?
Loraine Furter est graphiste, enseignante et chercheuse, basée à Bruxelles, mais originaire de Suisse. Son travail de recherche s’articule notamment autour de l’édition et des publications hybrides (relations entre le web, le papier et les autres formes de publications), dans une approche féministe. « C’est une approche féministe dans le sens où dans les choix des éléments, comme les typos, cela provient essentiellement de réalisations faites par des femmes. Par exemple, pour le Festival, on devait réaliser un drapeau. J’en ai réalisé un avec un esthétique, mais qui pourrait aussi servir dans une manif féministe. Je parle de ‘tactique féministe joyeuse’. Mon travail porte également sur  les personnes minorisées. En ce moment, j’apprends d’ailleurs l’arménien. C’est un script très peu représenté. Pourquoi j’en parle ? Parce que par rappport au Festival, on veille vraiment à donner une chance aux minorités d’avoir une voix. »  En savoir plus sur le travail de Loraine : https://www.lorainefurter.net/

Please Let Me Design (PLMD) est un studio de design basé à Liège (ancienne à Bruxelles), composé de Pierre Smeets et Damien Aresta. « Notre spécialité : la tarte à la rhubarbe ! Mais nous travaillons surtout dans l’édition et la typographie, dans la manière d’utiliser la typo pour créer des identités. Avec des jeux ludiques, des mises en scène » explique Pierre.  Leur site web : https://plmd.me/ Leur page Facebook : https://www.facebook.com/pleaseletmedesign/

Signes du quotidien est un atelier graphique basé dans le quartier Saint Léonard dont fait partie le Strasbourgeois Jérémy Joncheray et le liégeois Benjamin Dupuis. « Nous travaillons notamment à la communication du Kultura. Nous avons refait la signalétique de la librairie Livres aux Trésors. Nous avons comme projet la signalétique notamment de la nouvelle partie permanente du Musée universitaire de Louvain, le Musée L. Nous travaillons avec les galeries d’art avec l’industrie ».  Leur site web : https://www.signesduquotidien.org/ Leur page Facebook : https://www.facebook.com/signesduquotidien/
Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux
Le Fig. 2020, 4ème édition du festival de graphisme à Liège © Loris Arnoux
Il reste encore une exposition à aller voir : “As, Not For: Dethroning Our Absolutes” aux Chiroux (Place des Carmes 8) jusqu’au 28/03/20 !

Et pour la suite… »Suivez les réseaux sociaux du Fig. pour connaître les dates de la prochaine édition et bien sûr n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions !« 

Liège, un jour terre du design graphique contemporain ? Et bien pourquoi pas ! C’est en voyant le Fig. Liège que l’on se rend compte que nous n’avons pas à rougir par rapport à d’autres festivals dans le genre. 

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