LA ROUTE DU RYTHME : À LA RENCONTRE DES MUSICIENS LOCAUX

Rédaction : Patrick Ndibwalonji Badibanga / Morgane Pérez Lucena

Un tour de Belgique, de France et d’ailleurs à la rencontre d’artistes inconnus ? C’est le projet de Monique Laleeuwe en septembre 2021 ! À l’aide d’un « teuf-teuf » réaménagé en studio, cette aventurière des temps modernes va se lancer dans un road trip qui la conduira sur la route du Rythme.


À l’aube de l’automne 2021, la musicienne bruxelloise Monique Laleeuwe se fera le porte-voix de ses homologues les moins médiatisés. Un mot d’ordre : proximité ! En transportant jusqu’à nos oreilles les créations les plus diversifiées, elle entend promouvoir la culture musicale locale. La méthode de la route du Rythme : des interviews sous forme de capsules vidéo, diffusion radiophonique et enregistrements dans son studio de fortune. En ce début d’année 2021, vous pouvez déjà l’apercevoir qui sillonne la Belgique à la recherche de nouveaux talents…

Car son projet, Monique Laleeuwe l’expérimente déjà. Pourquoi aller à la rencontre des artistes locaux ? « Les artistes connus sont déjà bien accueillis et n’ont pas besoin de publicité » explique Monique. « Mon but est de trouver des talents cachés, qui ne seraient pas visibles si je n’allais pas les chercher au fin fond de la campagne. » L’artiste espère ainsi faire partie d’un changement déjà en marche, ou plutôt, en route !

Une trajectoire pas banale

Tout dans la démarche de Monique sort de l’ordinaire. « Déjà, je joue de la batterie, qui est plutôt un instrument habituellement réservé aux hommes… » raconte la musicienne, qui sourit en rajoutant « mais j’ai eu deux vies avant ce projet ! » 

Faites attention à la route !

Oui, madame ! répond un jeune homme d’une voix suintant le stress.

Arrêtez de m’appeler, madame ! Nous ne sommes pas à l’école !

Sa première vie ? Avant qu’elle ne décide de consacrer son existence à la musique, Monique était enseignante de formation. Vous en connaissez beaucoup qui passent de monitrices d’auto-école à digitales nomades ? Aucunes ? Regardez de plus près et tendez l’oreille, Monique arrive bientôt sur vos routes. La route, c’est l’élément principal autour duquel tournait le premier métier de notre éternelle voyageuse. Et, comme elle aimait rappeler à ses étudiants, la conduite est une danse avec tous les usagers de la route. Alors : du rythme que diable !

Allez, les enfants, on reprend !

Oui, madame ! répondent en cœur les jeunes étudiants.

Voici un instantané pris durant la seconde vie de Monique. De « coach » privée en passant par guide dans un musée et animatrice dans les écoles primaires, elle a toujours voulu former la prochaine génération. Aujourd’hui, à l’aide des radios locales et des réseaux sociaux, elle s’apprête à conquérir l’Europe et à mettre en lumière les bienfaits de la culture musicale locale.

Si Monique se propose de devenir le lien qui unira les artistes délaissés au grand public, elle n’est pas en reste en ce qui concerne les autres formes de divertissement. La musique n’est qu’un des domaines auxquels elle s’est essayée parmi bien d’autres. En artiste touche-à-tout, elle est également passée de l’autre côté de la caméra dans un one woman show intitulé « les élucubrations de Madame Monica ». Ce personnage excentrique et vénal à l’accent résolument polonais vous propose ses conseils « avisés » pour affronter le covid 19 en gardant son humour coupé décalé. Si vous voulez découvrir de nouveaux musiciens dans leur quotidien, abonnez-vous à la page de la route du Rythme : https://www.facebook.com/laroutedurythme. Une envie de vous détendre devant un spectacle entièrement gratuit, YouTube vous livrera tous les secrets de Madame Monica.


JOUER D’UN INSTRUMENT « POUR MEC » — Morgane Pérez Lucena

De jeune rebelle à musicienne accomplie, Monique Laleeuwe a su attirer l’attention sur la place de la femme dans la batterie. Partons avec elle à la rencontre de batteuses pour un débat inter-générationnel.

« Retourne à tes casseroles ! » Voilà le genre de remarques grossières auxquelles Monique a eu droit à ses débuts. Analogie marrante entre la casserole et la percussion ou commentaire sexiste tout simplement ? À chacun d’en juger…

C’est à un concert de Céline Dion que Monique est tombée amoureuse, non pas de Céline, mais de l’interaction entre les musiciens et le public. Son esprit rebelle de l’époque l’a poussée à choisir un instrument alors approprié par la gent masculine, la batterie. De la sorte, elle a fait son entrée dans un monde d’hommes sans se laisser marcher sur les pieds.

Dans une récente interview, elle part à la rencontre d’une jeune batteuse de 18 ans qui n’a pas vécu le même schéma. Le groupe dont fait partie cette femme de la nouvelle génération affirme que la mixité est désormais ce qui est recherché. Nouvelle ère, nouveaux progrès ! L’égalité entre les sexes n’est certainement pas encore atteinte, mais il n’est pas étonnant que l’art soit celui qui jette les ponts entre les deux.

Le sujet de la place des femmes, Monique le relie à une époque plus activiste de sa vie. Elle a su utiliser sa voix pour mettre les batteuses sous le feu des projecteurs. En 2018, elle eut l’occasion d’échanger avec Aysha Djellel, directrice de la Paris Music Academy. Celle-ci explique dans son interview qu’elle s’est donnée la mission de représenter les femmes de ce métier, selon elle, trop victimes de la pression familiale stéréotypée.

Monique s’est construite en tant que femme autour de ce lien affectif qu’elle entretient avec la musique. Lien qui sera le mot d’ordre durant cette nouvelle étape de sa vie qu’elle entame. Lien qu’elle a cultivé avec un instrument autrefois pour homme.

Interview à la Paris Music Academy © Monique Laleeuwe
Interview à la Paris Music Academy © Monique Laleeuwe


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