KING FU ET AUTOBAHN, UN MOMENT ROCK SAVOUREUX

Chronique : Anaïse Lafontaine / Photographies © Marjorie Goffart

Jeudi 22 février, il est 20h30. Je brave le froid et me dirige vers le Kultura pour aller écouter King Fu et Autobahn lors de cette soirée organisée par Silenceless. Je pensais être en retard, comme à mon habitude, mais lorsque j’arrive sur place, le concert n’a pas encore commencé. Je prends donc le temps de boire une petite bière et de sympathiser avec les Liégeois présents, avant que le premier concert ne commence. La foule qui me semblait éparpillée aux premiers abords s’est vite rassemblée devant la scène, lorsque les musiciens de King Fu ont gratté les premiers accords. Il n’y avait pas énormément de monde mais le public était chaleureux et accueillant avec les musiciens. J’ai même eu l’impression que la grande partie du public était constituée des habitués du lieu et des fans des groupes, tellement l’ambiance était bon enfant.

King Fu, c’est du bon rock bien énervé, sans fioriture. Dès les premières notes, ils annoncent la couleur avec des riffs entraînants et une énergie débordante. Le chanteur a une voix puissante qu’il déploie sans ménager ses cordes vocales. Leur musique a un côté à la fois précis et désinvolte, avec des sonorités punk et grunge. Le rythme est soutenu et il est impossible de ne pas dodeliner de la tête ou de ne pas danser du pied. Le public était attentif mais plutôt timide pour ce qui est de la danse. Le chanteur hurle toute sa haine pendant que la batterie, la basse et la guitare se mélangent parfaitement dans un chaos mélodieux qui ne laisse pas de marbre. On peut sentir le plaisir de jouer et la passion de la musique en regardant les musiciens se donner à fond. J’ai adoré les changements de tempo sur certaines chansons, les moments plus lents et planants qui se faisaient hacher par des instants plus rapides et énervés. Le concert était assez court : j’ai ressenti un petit goût de trop peu.

Les membres d’Autobahn, dans un tout autre style, prennent possession de la scène peu après. Les Anglais prennent le temps de se mettre dedans, les yeux clos ; le chanteur semble se mettre dans une transe avant de commencer à chanter. Le tempo lent laisse place à des moments plus intenses et rythmés. La voix du chanteur est suave et le groupe nous offre des sonorités particulières, aux airs goths. D’abord douce et planante, la musique se modifie pour devenir désinvolte et arrachée. Chacun des membres du groupe semble très concentré, dans son univers personnel. Le chanteur, dans son style british un peu pédant, a gratifié quelque fois le public d’un « cheers! » lorsque celui-ci applaudissait et criait pour encourager le groupe.

Dans l’ensemble, j’ai passé durant cette soirée un moment un peu hors du temps et ça m’a fait beaucoup de bien d’écouter du bon rock. Je l’avoue, je ne prends pas assez le temps de me rendre à des concerts de rock sur Liège, alors que ce style musical a bercé toute ma jeunesse. Sans aucun doute, cette soirée m’a motivée à changer cela, et je vous invite à faire la même chose !

 

QUELQUES IMAGES © MARJORIE GOFFART