DICTAM: SOIGNER LE CORPS PAR LA MUSIQUE

Photographies © Fabian De Backer
Interview > Céleste Kabanyana

 

 

 

 

 

Quatremille a rencontré Karim Barouni aka Dictam, producteur, beatmaker, remixer et DJ aux influences hip hop, electro et electronica ! Découvrez ce qu’il a à nous dire !

 

 

 

 

 

Quatremille : « Quelle est ta punchline ? »

Karim Barouni : « Je fais de la musique pour les autres. » Je m’explique : lorsque je construis un morceau, je pense toujours à son rendu en live c’est-à-dire s’il fera bouger le public ou le touchera d’une manière ou d’une autre. Le partage et le ressenti du public font partie intégrante de mon processus de travail. C’est peut-être les vestiges de mon expérience de Dj.  Mais je vous rassure, je trouve vraiment beaucoup de satisfaction quand les gens s’éclatent sur ma musique. »

 

Quatremille : « Pourquoi avoir choisi Dictam comme nom de scène ? »

Karim Barouni : « C’est assez simple en fait. J’étais en retenue, le temps ne passait pas et je feuilletais le dictionnaire à la recherche d’idées pour un nom de scène. Je suis tombé sur « dictame ». C’est une fleur qui pousse en Grèce et dans la mythologie, Aphrodite l’utilisait pour soigner son fils. Je trouvais ça sympa… peut-être dans l’idée de soigner le corps par la musique. Il a y aussi sa cousine, le « dictame blanc » qui peut s’enflammer par temps sec. Je trouvais ces deux choses intéressantes et j’ai gardé le pseudo sans le « E ». J’ai décidé de prendre ce nom car au final, il représente ce que je peux proposer dans mon projet. Des atmosphères douces et aériennes et en même temps des choses plus dynamiques qui s’enflamment souvent lors de mes prestations live. »

 

Quatremille : « Tu te présentes comme un producteur, beatmaker, remixer, DJ,… D’où es-tu parti et, aujourd’hui comment tes divers projets créatifs se répandent-ils ? »

Karim Barouni : « J’étais un malade du scratch et du mix. Depuis le départ, j’ai toujours adoré que les gens puissent s’éclater sur mes sélections de disques. Mais c’est surtout par la rencontre de deux disquaires que je me suis ouvert à des univers plus alternatifs et plus éclectiques. Ensuite, pendant quelques temps, j’ai mixé pour un label namurois, « Carte Postale Records ». L’envie de produire de la musique a fait son chemin pendant toutes ces années. J’ai également fait partie d’un groupe de Post-rock où j’apportais le côté électronique. C’est à ce moment-là, qu’est né le plaisir de la scène.

Le deuxième moment important, c’est mon entrée dans le collectif namurois « Drash ». C’est là que les choses sont devenues plus sérieuses. Les premiers lives et les rencontres ont encore joué un rôle très important, ce qui a fortement influencé le projet Dictam d’aujourd’hui. Toutes ces années ont permis de construire une base solide que ce soit dans la production de morceaux, le remix d’artistes, la confection de beats pour d’autres projets ou l’aspect Djing que j’adore toujours autant. Toutes ces casquettes font que Dictam est un projet multifacette adaptable à divers contextes. »

 

Quatremille : « Pourrais-tu nous parler de Low Kick Records ? »

Karim Barouni : « Low kick Records est le label du Namurois Olvo. Nous nous sommes croisés lors de plusieurs évènements, notamment avec les Crewstacez (Crab Boogie Records). Grâce aux potes de chez Drash, on est entré en contact car j’avais quelques titres à sortir et je cherchais un label. Les choses se sont faites naturellement parce qu’on a vite été sur la même longueur d’onde quant à la direction à donner au projet. Ce que j’aime beaucoup, c’est que Low Kick bosse sur des éditions limitées avec un travail important sur le visuel. En ce qui me concerne, c’est 100 Vinyles numérotés. Tout est artisanal, les pochettes sont sérigraphiées et collées une par une chez Low kick. Pour la pochette de mon EP, c’est « Démos » (Drash) qui s’est attelé à la tâche du visuel et je dois dire que je suis super content du résultat. »

 

Quatremille : « Actuellement, il pleut des beatmakers. Qu’est-ce qui fait la force de tes prods, selon toi ? »

Karim Barouni : « C’est vrai, ces derniers temps, le beatmaking est mis en avant, mais en ce qui me concerne ce n’est qu’une partie de mon projet. La force de mes prods vient de mes multiples influences hip-hop, électro, électronica, … J’essaye de mettre de la force dans mes beats et mes basses. On me dit souvent que mon son est « fat » mais j’arrive à le marier avec des ambiances plus aériennes et plus mélodiques. Cependant, l’une des vraies forces du projet, c’est le live que j’essaye d’améliorer constamment. Je travaille toutes mes prods de manière plus dynamique pour mes lives. Je les rejoue/remix en direct avec mes pads (finger drumming) ou avec des loops/boucles en direct, ce qui me permet d’avoir une certaine liberté dans mes prestations. Le but est de jouer avec le public, de fournir un live vivant et énergique et surtout de proposer mes morceaux de manière inédite. C’est à nouveau les deux faces de la fleur « dictame » qui ressortent, un côté doux mais qui peut vite s’enflammer. »

 

Quatremille : « Que penses-tu de la scène du beatmaking belge et comment t’y situes-tu ?
Quel musicien naissant aurais-tu envie de produire/promouvoir ? »

Karim Barouni : « En ce moment, le beatmaking est en plein boum. C’est plutôt chouette de voir que les beatmakers sortent de l’ombre et soient reconnus au même titre qu’un autre artiste (Dj, chanteur, rappeur) car on en a vraiment de très bons chez nousJ. C’est quelque chose qui est assez nouveau, je trouve. On se rappelle souvent de l’artiste qui pose sa voix sur le beat mais les gens ne connaissent pas forcément les beatmakers qui ont réalisé tous les instrumentaux de l’album. Un exemple un peu facile J : IAM et son album l’Ecole du Micro d’Argent (une de mes influences). C’est en majeure partie Imhotep et Kheops… Par ailleurs, beaucoup de gens connaissent Akenaton par exemple. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Donc, je trouve cet intérêt pour les beatmakers très cool. Maintenant, je pense faire partie de cet univers car je bosse comme un beatmaker, c’est le côté « hip-hop » du projet. C’est par le travail du sampling et par le work flow que je suis proche du beatmaking je pense. J’ai fait quelques beats pour d’autres artistes mais ce n’est pas une habitude. Par contre produire pour quelqu’un d’autre, ça me plairait. En tout cas, je reste très attentif à ce qui se passe dans ce milieu car il y a vraiment beaucoup de créativité et de diversité chez les beatmakers belges. Il y en a un paquet mais si je dois m’arrêter sur un, ce serait le Namurois « Surre » avec qui je travaille depuis de nombreuses années. Ses morceaux ont beaucoup de personnalité et la qualité de ses productions est vraiment top (J’en suis jaloux des fois… MDR). J’aime énormément ce qu’il fait et il gagne à être plus connu. D’ailleurs, je pense qu’il va bientôt sortir des choses.

(https://soundcloud.com/surre-2) »

 

Quatremille : « Tu es l’un des lauréats de Ça Balance Electro (CBE). Qu’est-ce que cela a apporté à ton parcours et à ton travail ? »

Karim Barouni : « Ça balance m’a vraiment permis de passer à une étape supérieure. J’ai appris beaucoup de choses sur la gestion d’un projet musical dans sa globalité. En tout cas, j’étais très motivé et j’ai travaillé énormément pour faire avancer mon projet. C’est une belle opportunité car on y est soutenu et très bien entouré. On fait des rencontres très intéressantes tant au niveau musical qu’au niveau des contacts. C’est un accompagnement personnalisé qui permet de se concentrer sur les aspects à améliorer. C’est un programme unique en Wallonie qui verra sûrement défiler quelques artistes qui deviendront des incontournables de la scène Electronique Alternative Wallonne. »

 

Quatremille : « Ton EP est sorti le mois dernier, comment le décrirais-tu ? Peux-tu donner un paradoxe fort ? »

Karim Barouni : « Oui tout à fait, avec un remix du morceau « Dream du Liégeois Richard Colvaen ». Un pressage de 100 vinyles édition limitée, une sortie digitale en téléchargement sur « Bandcamp » en prix libreJ et en écoute sur Souncloud, Spotify, Youtube etc… L’EP peut-être vu en 2 parties. Il y a des morceaux plus mélodiques et aériens où le côté émotionnel est davantage recherché. C’est un peu le style de production que je fais depuis longtemps. Maintenant, j’ai envie d’autre chose… De plus, l’année 2016-2017 est une période de transition très positive tant au niveau musical que personnel. Et ça se ressent dans mon EP je pense. On a d’autres morceaux qui sont plus rythmés, plus dynamiques et plus dansants. C’est vers ce genre de choses que je vais me tourner à l’avenir. Je clôture un univers pour m’ouvrir à un autre. Les futurs morceaux sont en chantier mais j’ai déjà une idée de la direction que je vais prendre et des collaborations que je souhaiterais développer.

En ce qui concerne le paradoxe, « endormissement du réveil »… (rires)…  je ne sais pas trop…»

 

Quatremille : « Quelles sont tes actualités à venir ? »

Karim Barouni : « Je serai en set live au Supervue Festival qui se déroulera à Liège les 28, 29 et 30 juillet.

Fin de cette l’année, il y aura aussi une sortie sur la future compilation de Low Kick Records. Sinon pour suivre l’actualité, c’est sur ma page Facebook et sur Soundcloud.

Et pour du contenu un peu plus exclusif, tels que les coulisses des évènements, les studios, le travail en cours etc… c’est sur Instagram »

 

 

Pour écouter Dictam cliquez ici !

 

 

Et quelques images de l’artiste !

 

    

    

 

Ci-dessous l’appel à candidatures de Ça balance, attention la date limite pour s’inscrire au programme d’accompagnement électro est le 1er septembre :

 

 

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