JÉRÉMIE RENERS, LE MAGICIEN VAGABOND

Rédaction : Naomi Bussaglia, Anthony Katone, Marine Mélon // Photos : Simon Verjus

Allier magie et voyage, est-ce un rêve digne d’Alice au pays des merveilles ? Non, c’est l’objectif de Jérémie Reners, liégeois de son état. Après avoir bourlingué à Londres, au Mexique et au Guatemala, tours de magie en poche, il est à l’affiche du Théâtre de Liège en octobre prochain, à 24 ans seulement ! Pas mal non ?

Jérémie Reners, The Travelling Magician © Simon Verjus
Jérémie Reners, The Travelling Magician © Simon Verjus

Un magicien, c’est un gars avec un haut de forme, un lapin et des ballons en forme de chiens ! « C’est l’image qu’on a tous en tête » raconte Jérémie Reners, l’air un peu blasé. « Je cherche à dégager cette image un peu ridicule, et à embrasser réellement la part du vrai magicien moderne. » Faire en sorte que la magie reste un domaine mystérieux, avec ses initiés, ses secrets, et une envie de se démarquer, c’est une des raisons d’être du club de magie de Liège.

À 12 ans, Jérémie a une révélation : il veut devenir magicien ! Directement soutenu par ses parents, il est conduit par son père dans le club liégeois situé dans le quartier Saint-Léonard. Pourtant encore jeune dans le monde de la magie, Jérémie rencontre sur son chemin des personnes plus expérimentées que lui. Il entame alors le chemin vers une adolescence pas comme les autres.

Pourtant, ce premier pas dans le milieu de la magie aurait pu ne jamais avoir lieu… « Une semaine après que je sois arrivé dans ce club, ils ont sorti la règle qu’aucun participant de moins de 18 ans n’aurait le droit de les rejoindre » explique-t-il avant de continuer en souriant, « moi j’étais déjà là donc on ne pouvait plus me sortir. » Hormis le désir de vouloir être en paix pour boire une bière en soirée, les affiliés avaient une bonne raison pour cette nouvelle règle : la magie doit rester un domaine mystérieux !

Par la suite, Jérémie rencontre Philippe Bougard et Clément Kerstenne, fondateurs de In the air, une société spécialisée dans les services de magie promotionnelle. Ces deux jeunes deviennent rapidement des amis proches et des « soutiens » dans sa découverte du monde de la magie. Vers l’âge de 15 ans, Jérémie signe son premier contrat et s’installe sur la scène liégeoise. 

A 18 ans, armé de son sac à dos et de ses économies de jeune magicien, Jérémie part un an en Australie. Là-bas, il découvre la magie de rue. « En Belgique, ça n’existe pas. (…) et j’ai rencontré des gens qui ne vivaient que de ça depuis 20-30 ans. Certains gagnent énormément d’argent par rapport à ce qu’on pourrait croire. » Ni une, ni deux, Jérémie Reners allie ses deux passions, à savoir la magie et les voyages, et devient The Travelling Magician. Son diplôme de tourisme en poche, il se rend six mois à Londres, véritable temple pour l’artiste de rue où le métier est reconnu et encadré par la mairie. Ses débuts londoniens étaient difficiles mais « il faut faire et refaire jusqu’à être brisé. Et quand tu es brisé, c’est là que ça commence à fonctionner. » Il doit redoubler d’inventivité pour pouvoir arrêter les gens dans la rue, avoir toute leur attention et les contenir durant les 25 minutes que dure son spectacle. « Et après ça, ils doivent payer. Donc c’est toute une expérience que j’ai du apprendre. »En 2020, le jeune liégeois est parti un mois au Mexique. C’est le premier voyage qu’il a documenté, GoPro sur le front. « C’était super ridicule » nous raconte-t-il en rigolant, « mais ce qui est cool c’est que ça apporte l’angle de vue du magicien. On ne voit jamais mon visage, uniquement la réaction des gens ! » On peut maintenant retrouver ses aventures sur sa chaîne YouTube The Travelling Magician.

Liège, terre de stand up et d’art de rue ? — Anthony Katone

Si le modèle américain des comedy club prend de l’ampleur dans les capitales européennes depuis quelques années (ouverture du Kings of Comedy Club à Bruxelles en 2018), Liège est en reste concernant cette culture du stand up où les jeunes artistes et les plus expérimentés se croisent pour tester des bribes de leur spectacle. Il en va de même pour l’art de rue qui n’est pas inscrit dans les mœurs de notre cité. « Si je fais ça ici, on va me prendre pour un SDF. A Londres par exemple où je suis resté 8 mois, c’est un métier à part qui est reconnu par la mairie. Il y a un encadrement, des règles, des policiers qui sont là pour nous ! » se désole Jérémie.
« Ce besoin de voyager, je l’ai eu parce qu’il manque énormément de chose à Liège. Les tours de magie il faut les essayer, ce n’est pas quelque chose que tu peux essayer chez toi à l’infini ! On n’a pas la possibilité de le faire ici à Liège, il n’y a pas de bar stand-up, il y a peu de scène ouverte, ce sont des trucs très fermés en tous cas. » Malgré des festivals comme le VOO Rire ou le Festival International de la Magie de Liège réservés aux artistes déjà confirmés, notre ville manque encore de laboratoire créatif dédié aux artistes désireux de faire leurs armes.

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