JE SUIS UNE HISTOIRE, CLAP DEUXIÈME !

Rédaction : Cécile Botton / photos : Dominique Houcmant

Ce jeudi 24 février, à l’occasion du Festival de Liège, les Écuries de la Caserne Fonck ont accueilli Anthony Foladore et Simon Fransquet pour leur spectacle « Je suis une histoire ». Le projet de cette pièce avait été présenté dans le cadre de Factory en 2019. Notre chroniqueuse Cécile Botton les avait rencontrés à l’époque. Du camion à la scène, que s’est-il passé durant ces trois années ? Une nouvelle rencontre s’imposait !

Petite remontée dans le temps

Février 2019 : « Bercée par la voix d’Anthony et la musique de Simon, « Je suis une histoire » m’a emportée dans un voyage sans fin… Impossible de rester insensible aux histoires de gens qui nous entourent tout en étant souvent invisibles. La sensibilité et la sincérité dégagées par les deux artistes vous emmènent au cœur de leur vie. Et lorsque le rideau tombe, vous n’avez qu’une envie, une nouvelle histoire car vous n’avez pas vu le temps passer. »                                                  
Avant de poursuivre, prenez le temps de lire ou relire « Pile ou face ? Je suis une histoire »
Et oui, vingt minutes, c’était court, beaucoup trop court… Qu’en est-il aujourd’hui ?  
© Dominique Houcmant

De la création à la production

Après Factory, Liège leur octroie un budget pour poursuivre leur création. Les deux artistes sont également suivis par Charleroi et Tournai. Anthony et Simon retravaillent le spectacle en faisant appel à divers regards extérieurs. « Et là, on s’est un peu égaré… On avait toute la matière, mais on avait perdu le côté brut qu’on avait dans le camion » lâche Anthony. Néanmoins, ils jouent cette production devant 90 programmateurs. Mais voilà, Covid s’étant imposé, toutes les programmations se sont annulées. « Être à l’arrêt nous a permis de retravailler uniquement à nous deux et nous avons pu retrouver cette ambiance bar… une ambiance plus intimiste » explique Simon. « Durant cette longue période de travail, on s’est d’abord perdu pour mieux se retrouver après ! » conclut Anthony.

Plus étoffé

Passer de 17 minutes à 50 minutes nécessitait de repenser les histoires. « Il y a six personnages et pour chacun d’eux, la musique de Simon amène un univers différent » poursuit Anthony. Le cœur reste le même, tout tourne autour du café, mais les deux artistes ont pris le temps d’étoffer leurs personnages, d’approfondir leur histoire. Les instruments de Simon apportent de la profondeur et de l’intensité à chacun d’eux. Habités par l’envie de sortir des salles de théâtre, c’est tout naturellement que le binôme choisit de jouer devant le bar des Écuries, l’occasion d’aller chercher d’autres spectateurs. « Et puis, ce sont des histoires de comptoirs et donc c’est bien de les amener dans les bars, mais aussi dans les églises ou les prisons, car on a vraiment envie de sortir des sentiers du théâtre classique » explique Anthony.

A l’ombre d’un lampadaire…

Petites tables rondes, nappes rouges… Acteurs dans ce petit bar de village ou spectateurs de la rue où l’intensité du lampadaire ne peut qu’attirer notre regard, tout n’est qu’une question de point de vue. Comme le dit si bien Anthony, « Peu importe où on se retrouve, on peut toujours avoir un premier rôle. » Ici, dans ce bar, chacun est libre d’endosser le rôle qui lui convient. Au gré de l’alchimie voix-musique, vous ne pouvez qu’être emportés par ces histoires de tout un chacun : des mots qui touchent, une émotion à fleur de peau, des propos emplis de sensibilité. Pour ma part, je fus particulièrement touchée par la Nona, une immigrée quittant la misère de son pays pour plonger, chez nous, dans une autre misère… Des propos bien amplifiés par l’intensité de l’accordéon.

C’est une véritable ode à la vie où « rien n’est jamais fini, rien n’est jamais mort. » En trois ans, quelle évolution ! Ce soir, Anthony et Simon ont conquis le public, on espère vraiment qu’ils vont pouvoir tourner afin de nous offrir d’autres moments suspendus entre textes et musique…