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JACQUES STOTZEM, TROUBADOUR DES TEMPS MODERNES

JACQUES STOTZEM, TROUBADOUR DES TEMPS MODERNES

Interview : Cécile Botton / Photos : Giuseppe Cordaro, Cédric Paladini, Pascal Schyns & Manfred Pollert

Lors de la Croch’Night, Quatremille est parti à la rencontre de Jacques Stotzem. Ce guitariste verviétois a pour habitude de sillonner le monde guitare au dos. Nous vous livrons les confidences de ce troubadour au parcours peu ordinaire.

Jacques est un inconditionnel du finger-picking, une technique où l’on joue basse et mélodie en même temps. Tout ce qu’il faut pour créer des morceaux solos où rien ne manque !  Compositeur prolifique, il compte plus de quinze albums à son actif et est aussi l’auteur de nombreux arrangements de reprises « Classic Rock ». 

© Giuseppe Cordaro

Mais d’où vient cet amour pour le finger-picking ? « Un jour, j’ai vu le guitariste américain Stefan Grossman à la TV. C’est ainsi qu’à l’âge de 16 ans, j’ai décidé d’apprendre la guitare », confie le musicien, «ce monsieur arborait un style que je ne connaissais absolument pas, je n’avais d’ailleurs aucune approche de la musique. J’ai appris par la suite qu’il jouait du picking, du blues, du blues acoustique. »

Cette découverte est une révélation pour l’adolescent qui s’achète une guitare. Le début d’une longue histoire ! À l’époque, pas d’internet, pas de vidéo, pas de cours liés à cette technique peu connue en Europe ! C’est en autodidacte que Jacques apprend à jouer de cet instrument. Il écoute en boucle tous les vieux bluesmen américains des années 20. Ce sont ces pionniers du blues acoustique qui ont créé cette manière de pincer les cordes ! « J’ai usé mes disques jusqu’à la corde, car ce n’était pas facile de se les procurer vu que cela venait des États-Unis », explique-t-il, « mais ça a complètement bouleversé ma vie et depuis je n’ai plus lâché ma guitare. »

© Cédric Paladini

Seuls les quelques écrits de Grossman l’ont aidé. Des transcriptions de morceaux extrêmement sommaires, car c’est une musique qui se transmet à l’écoute. Ainsi, on peut reproduire le son et le swing. « Tout au long de mon apprentissage, j’ai suivi ses conseils et je ne l’ai jamais regretté. Dans mon esprit, la musique est une matière ouverte, je n’ai aucune barrière de genre. »

© Cédric Paladini

En parlant de style, ce voyageur inconditionnel extrêmement polyvalent franchit sans cesse ces frontières de genres. Se rapprochant parfois du folk, du rock, du jazz ou du blues, son style ne s’y limite pas ! Il en possède un bien à lui, qui invite ses auditeurs à voyager par la pensée au rythme de ses doigts agiles. « Le blues, c’était juste un point de départ, mes premiers pas », conclut le guitariste.

© Giuseppe Cordaro

Son envie, être tout à fait autonome et s’adonner à sa passion en solo afin de faire découvrir toutes les facettes d’un instrument qui le passionne ! La musique change sa vie. À 18 ans, lors de son premier concert, la sensation est tellement forte que c’est une vraie révélation. « Ce soir-là, je me suis dit que je devais être musicien, que je ne saurais pas faire autre chose de ma vie », poursuit-il.

Depuis, il ne se passe pas un jour sans qu’il ne joue de la guitare. Soutenu par son épouse, c’est à deux qu’ils arpentent les scènes du monde entier. Une vie passionnante, extraordinaire, faite de voyages et de rencontres que Jacques n’échangerait pour rien au monde.  

© Pascal Schyns

Et pourtant, ce n’est pas toujours facile d’être reconnu. La musique instrumentale est peu soutenue par les médias. On est loin de la vie d’une star de rock, mais que ce soit à Montréal, en Chine ou au Japon, le musicien sait que des gens l’attendent. Qu’il soit à Londres ou à Tokyo, les barrières de langues sont inexistantes ! Jacques peut alors partager la passion qui rythme sa vie, livrer les émotions transperçant les morceaux qu’il a composés. « L’émotion est un sentiment universel », lâche-t-il. Toujours très touché par les retours de son public qui en sont souvent empreints, il poursuit… « Avec mes morceaux qui sont à écouter, des morceaux très lents qui font la part belle à l’émotion et à l’interprétation, je suis chaque fois bouleversé par ce que les gens me disent : « on a une vie à 300 à l’heure et ici on écoute de la musique que quelqu’un prend le temps de laisser résonner où les silences ont leur importance, … « , les gens sont vraiment touchés, ça me fait tellement plaisir ! » 

© Cédric Paladini

Le portrait de cet homme aussi passionné que passionnant s’achève ici avec ces quelques mots en guise de notes finales. «  Pour moi, la musique est avant tout un vecteur d’émotions, de partages et de passions provoquant un sentiment infiniment positif ! » Une parole qui fait écho à son dernier album, The Way To Go, comme le temps d’un voyage avec ce troubadour des temps modernes. 

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