INTERVIEW : INDOCILE !

Questions > Anaïse Lafontaine / Correction > Julie Hanique / Photographies © Kinzi Creativity / Pochette de l’album © Maxence Dedry

 

Un peu de rap liégeois : Quatremille est allé à la rencontre du trio Indocile et vous propose leur interview !

Quatremille : Indocile, quelle est votre punchline, votre credo ?

Indocile : Tu peux avoir le nombre de followers de Justin Bieber, mais ta musique n’a pas d’âme, si elle ne touche pas le cœur !

Quatremille : Indocile signifie « qui ne se laisse pas diriger ou conduire ». En quoi ce terme vous définit-il, vous et votre musique ?

Indocile : Parce que nous ne suivons pas les tendances, mais construisons notre musique au feeling. Depuis le début, nous avons dû nous auto-produire et organiser des concerts pour pouvoir jouer. Nous avons aussi créé notre propre structure « Nectar asbl », qui nous a permis de tracer notre chemin pour nous faire entendre.

Quatremille : Comment votre trio s’est-il formé ? Quelles sont les forces de chacun au sein du groupe ?

Indocile : Tout a débuté sur les bancs de l’école. Nous avons vite accroché, car nous étions tous passionnés de rap et nous avons décidé de créer un groupe, d’abord à cinq, puis à trois. Chaque membre du groupe a sa propre personnalité. Une de nos forces, c’est de ne faire plus qu’un en musique ! Chacun amène ses influences, ses idées pour des thèmes ou du visuel… Chaque personnalité complète l’autre.

Quatremille : Quel message tentez-vous de faire passer à ceux qui vous écoutent ? Considérez-vous que vous faites du « rap engagé » ?

Indocile : Comme dit précédemment, nous fonctionnons au feeling, donc tout dépend de notre ressenti. Quand on écoute Indocile, on constate rapidement que notre musique est polyvalente : on y retrouve de l’humour, de la « punchline », ou encore des morceaux par lesquels nous proposons notre vision de la société, comme sur « Industrie » ou « Cash Money ». Cela dit, nous ne sommes pas à proprement parler des « rappeurs engagés ». Il est trop facile de se dire engagé dans ses textes et, en arrière-plan, de ne rien faire de concret. Il existe encore des rappeurs engagés, mais c’est rare !

Quatremille : Comment avez-vous atterri dans le milieu du rap ? Provenez-vous d’autres horizons musicaux ou le hip-hop a-t-il toujours fait partie de vos vies ?

Indocile (Fonix) : À la base, Komc et moi, avons fait du break dance et un peu de graff par la suite. Toucha vient lui aussi du break. Notre atterrissage dans le rap est dû à notre entourage familial et à nos potes qui écoutaient beaucoup de pera et d’autres styles de musique (soul, funk, r’n’b, jazz, musique africaine). Nous baignons dedans depuis toujours !

Quatremille : Au cours de votre évolution, vous avez entamé de nombreuses collaborations : MCs, musiciens, beatmakers, vidéastes, etc. Est-ce qu’à vos yeux la musique est une histoire de collectivité ?

Indocile : Oui. Un projet ne se construit pas tout seul et nous aimons travailler en équipe. Un photographe ou un beatmaker peut changer la perspective d’un projet et, surtout, créer une alchimie qui embellit et sublime notre travail, par exemple.

Quatremille : Y a-t-il une collaboration qui vous ferait rêver ? Tout est possible !

Fonix : Mick Jenckins ou Nneka

Komc : Lauren Hill x AB soul

Toucha : Jay Rock ou Oxmo Puccino

Quatremille : Où puisez-vous le plus de plaisir : pendant la composition, l’écriture, ou plutôt lors de vos concerts ?

Indocile : Les trois. Les compositions, c’est un kiff, car nous partons souvent de zéro. D’un délire, d’un bout phrase qui se transforme en refrain… Et c’est agréable d’écouter le résultat final en équipe et d’être satisfait de son travail. Pour les concerts, nous partageons la musique en direct avec le public et c’est un vrai kiff de pouvoir le faire.

Quatremille : Quelles sont vos sources d’inspiration les plus fortes, qu’elles soient musicales ou autres ?

Fonix : Kendrick Lamar, Cyhi Tha Prince, Mick Jenkins, Goldlink, Damon Dash (fondateur de Roc a Fella)

Toucha : SIR, Sopico, Maxwell, Doc Gynéco.

Komc : Isiah Rashaad, Tidus, André 3000 (trop de talent : rappeur, chanteur, acteur).

Quatremille : Selon vous, quelle est la spécificité du rap belge ? Et liégeois ? Liège a-t-elle joué un rôle particulier dans votre parcours artistique ?

Indocile : La spécificité du rap belge est qu’il n’est pas encore complètement formaté. Il y a encore pas mal de créativité et les gens commencent à faire les choses sérieusement. En ce qui concerne Liège, nous y avons grandi et ça a forcément joué un rôle, à la fois positif et négatif.

Pendant une longue période et encore aujourd’hui, l’endroit où ça bougeait vraiment hormis la Flandre, c’était Bruxelles. Quand nous avons a commencé, les concerts hip-hop étaient relativement rares. Mais cela nous a aussi obligé à nous débrouiller pour faire bouger les choses en organisant nos propres événements. Sinon, la Belgique et Liège en particulier sont très vivantes et sont une belle source d’inspiration.

Quatremille : Comment comptez-vous faire évoluer vos projets et où peut-on vous suivre?

Indocile : Le « Système d 3.0 » est la fin d’une trilogie de mixtapes que nous avons sorties depuis trois ans et qui a servi de laboratoire pour le groupe. Nous comptons continuer à défendre le projet sur scène et ensuite nous travaillerons sur un EP !

Vous pouvez nous suivre sur les réseaux sociaux :

Le projet système d 3.0 est dispo en streaming : https://addictivemusic.lnk.to/Systemed30

Quatremille : Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Indocile : Un grand merci de nous avoir interviewé et big up à toute l’équipe de Quatremille qui se bouge pour mettre en avant la culture liégeoise. Ne lâchez rien !  

Quatremille : Merci !