INTERVIEW DE MIRCO GASPARRINI 

Photos © Julien Hayar/ ©Mathieu Gaudin/Jehanne Moll
Interview > Rachel Thonart Nardellotto
Rédaction > Eugénie Baharloo

 

 

Le guitariste et chanteur liégeois, Mirco Gasparrini, a répondu aux questions de Quatremille! On vous livre l’interview dans laquelle il nous parle de ses divers projets musicaux –Blue Velvet, Monster, Everyone is Guilty, Ysun, de ses collaborations et de Liège!

 

 

 

Quatremille : « Quelle est votre « punchline »? »

Mirco Gasparrini : « La musique est plus précieuse que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel. »

 

Quatremille : « Peux-tu nous définir tes projets musicaux/artistiques et tes influences? »

Mirco Gasparrini :  « Cette année, j’ai multiplié les projets, je vais essayer d’être bref.

Mon plus ancien projet, blue velvet (Anorak Supersport). Du rock indé inspiré par la scène anversoise des années 90, plus de dix ans que j’arpente les scènes belges et les alentours aux côtés de Phil Henrion avec deux albums à notre actif. Actuellement, nous sommes entourés de Dominique Huyen à la basse, Jyeph au clavier et Sacha Piccoli à la batterie, avec qui nous avons enregistré notre dernier album « Blood + Rain » et c’est vraiment un plaisir de partager ça avec eux !

Monster (Luik Records), un projet plus conceptuel. Inspiré par les musiques de films et des projets comme Godspeed You ! Black Emperor et Explosion in the Sky. Le seul mot d’ordre “ On est tous le monstre de quelqu’un”. Autour de ça, Yvan Remacle (batterie), Caroline Poisson (projection vidéo) et moi (guitare et effets), nous partageons nos peurs en réécrivant le concert chaque soir autour d’improvisations musique/vidéo.

Everyone is Guilty (Luik Records), influencé par des groupes de la DenverSound comme 16 Horsepower, WovenHand, Slim Cessna’s Auto Club. Je suis entouré de Jon Crespini à la guitare acoustique, Eric Dehareng à la contre-basse et Pierre Mulder à la batterie. Ysun, poésie et musique avec le poète/plasticien Werner Moron. On est plus dans la performance que dans le concert conventionnel. Spoken Words, improvisation, expérimentation et noise. J’ai aussi eu le plaisir de faire de la basse dans Mauvais, le super projet de Christophe Enclin, lors des Beautés Soniques à Namur. J’ai également claqué des guitares sur deux titres du prochain album de Jeronimo qui promet d’être magnifique. Et je travaille sur un projet de musique pour enfant, c’est très drôle.

Des idées, des envies, j’en ai encore plein mais c’est le temps qui me manque! Sinon, en dehors de la musique, je fais des photos d’ami(e)s et d’inconnu(e)s devant un mur. Le projet s’appelle « Behind The Wall ». Jusqu’ici, j’ai un peu exposé mais je compte bien organiser d’autres événements et publier un livre. Dernièrement, j’ai fait un cliché pour la campagne de sensibilisation du cancer du sein. »

 

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 Quatremille : « Y-a-t-il un projet que tu voudrais mettre à l’honneur et pourquoi ? »

Mirco Gasparrini : « Everyone is Guilty, ce projet est certainement mon plus gros travail intérieur.  Nous sommes agnostiques de père en fils. J’ai toujours rejeté toute forme d’endoctrinement religieux, mais il y a quelques années, je me suis intéressé de près aux différents cultes protestants et à la place de la culpabilité dans la religion. C’est devenu ma principale source d’inspiration en réinterprétant, sous forme de psaumes, l’incohérence entre le bien, le partage, le respect et la culpabilité, la peur pour manipuler la masse. »

 

Quatremille : « A une époque où n’importe qui peut s’enregistrer et propager sa musique sur le web en quelques minutes… Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un « vrai » musicien ? »

Mirco Gasparrini : « La technologie a vulgarisé l’art en général. On peut dire que ça a permis à beaucoup de monde de s’y coller, à la maison, sans devoir vendre un rein. »

 

Quatremille : « Faut-il faire une différence? »

Mirco Gasparrini : « C’est super facile de faire du son, de la photo, de la vidéo et la différence est difficile à identifier, on s’y perd un peu. Ca doit être une des raisons pour laquelle ça devient de plus en plus difficile de vivre d’une discipline artistique beaucoup trop accessible. »

 

Quatremille : « Comment te positionnes-tu par rapport à cette réalité? »

Mirco Gasparrini : « J’aime les vrais studios, le fait d’être loin de son environnement personnel, de notre réalité et de pouvoir travailler avec une personne qui a un regard extérieur à la construction des morceaux et une sensibilité complémentaire. »

 

Quatremille : « Quid de la scène musicale liégeoise ? » 

Mirco Gasparrini : « Il y a toujours eu de bons projets et des structures actives avec une volonté de faire de belles choses. J’aime beaucoup les projets qui se trouvent sur le collectif « Honest House » comme It It Anita, Benoit Lizen, Frank Shinobi et Taïfun. »

 

Quatremille : « Faire de la musique, ici, ça amène quoi / ça freine en quoi? »

Mirco Gasparrini : « A un moment donné, Liège et ses groupes étaient très en vogue, ça permettait d’avoir un peu plus de crédit en Wallonie. On a vécu là-dessus un moment, le problème c’est qu’on s’y perd vite. Mais la scène liégeoise reprend son souffle avec de belles initiatives, des projets comme le Micro Festival et le Sioux Festival. »

 

Quatremille : « Liège en deux mots ? »

Mirco Gasparrini :  « Blood + Rain. »

 

Quatremille : « En un QG? »

Mirco Gasparrini : « Grand Maison. »

 

Quatremille : « Quelles actus à venir pour tes divers projets ? »

Mirco Gasparrini : « 2016 était fort chargée, 2017 s’annonce pas mal dans son genre. Plusieurs dates vont tomber pour mes différents projets, un album pour Everyone is Guilty et une tournée hors Belgique! Et un album pour Ysun avec des collaborations avec des artistes. Il me faut beaucoup de café et un plus gros agenda ! »

 

 

On like, on partage et on jette un oeil aux pages facebook des groupes Blue Velvet, Monster, Everyone is Guilty & YsunOn vous laisse découvrir le clip « Jail » de Blue Velvet! Bonne écoute!