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Chronique : Antoine Grignard / Photographies © Maëva Brifflot

 

De retour avec un nouvel album, Exit Humanity, Channel Zero prouve à nouveau qu’il est l’un des fers de lance de la scène metal belge. Pour supporter cette nouvelle sortie, le groupe s’est lancé dans une tournée de six dates 100 % belges, visitant la Flandre et la Wallonie. Pour l’accompagner, le groupe a jeté son dévolu sur deux autres formations nationales de qualité : King Hiss et Evil Invaders. Récit de l’escale liégeoise de la tournée.

Le Reflekor est certainement la salle la plus agréable de Liège, mais sa scène peut parfois s’avérer un peu étroite lorsque plusieurs groupes doivent se la partager. C’est ainsi que, la batterie de Channel Zero occupant une bonne partie de l’espace disponible, le premier combo de la soirée, King Hiss fait son entrée sur un plateau réduit. Heureusement, les Flamands semblent peu s’en soucier et démarrent leur set sous les applaudissements d’un public clairsemé, mais déjà bien en forme. Il est en effet difficile de résister  à la musique de King Hiss, du stoner teinté de références heavy metal et porté par des riffs lourds et efficaces (sur Mastosaurus par exemple).

Constante dans cette salle liégeoise, le son est excellent dès les premières minutes, ce qui nous permet de nous délecter de la voix de Jan Coudron, très puissante (le début de King Hiss chanté sans micro) et dont les intonations et le timbre ne sont pas sans rappeler ceux de Myles Kennedy (chanteur d’Alter Bridge ainsi que de Slash). Le groupe enchaine les titres en perdant un minimum de temps, les quelques rares interventions des musiciens entre les titres se faisant en français, ce qui peut être grandement salué. Ce set de King Hiss est une franche réussite.

Fin 2015, sortait l’album Pulses of Pleasure et depuis, Evil Invaders connait une ascension de popularité fulgurante, mais méritée, d’autant plus étonnante que le quatuor limbourgeois pratique un speed metal  à l’ancienne, genre peu populaire de nos jours. Armé d’un tout nouvel opus, Feed Me Violence, sorti cette année, les quatre musiciens sont actuellement en train de sillonner l’Europe. Il est donc tout à fait logique de les retrouver sur cette affiche tant le groupe est devenu une valeur sûre du metal belge.

Malheureusement, en début de set, le son s’avère bizarrement loin d’être optimal : la caisse claire de la batterie couvre presque tout et les chœurs que le groupe affectionne lors de ses refrains sont presque inaudibles. Le tout rentre dans l’ordre assez vite et le show se déroule ensuite sans accroc pour Evil Invaders. Même si le quartet se trouve lui aussi un peu à l’étroit sur scène, l’énergie dégagée à chacune de ses prestations et bien présente ce soir à Liège.

Faisant la part belle à l’album Feed Me Violence, la setlist propose notamment le morceau Broken Dreams in Isolation, sans doute le plus calme de tout le répertoire d’Evil Invaders. Mais le combo du Limbourg n’en oublie pas pour autant ses classiques (tels que Stairway to Insanity dédié au regretté Lemmy de Motörhead). Si le public, clairement venu pour Channel Zero et rien d’autre, s’avère très calme pendant une bonne partie de la prestation, un pogo inespéré se déclenche pendant Oblivion, grâce notamment aux invectives du chanteur/guitariste Joe. Une chose est certaine, je vois mal ce qui pourrait arrêter ces quatre Flamands dans leur ascension vers le succès.

C’est l’heure d’accueillir la tête d’affiche de la soirée et la salle commence finalement à bien se remplir. Le public clairsemé se transforme en véritable foule compacte alors que retentit le thème du film 28 Jours Plus Tard annonçant l’arrivée de Channel Zero sur scène ; il ne faut pas longtemps pour que les premiers pogos se déclenchent avec Ammunition.

Le groupe est une machine bien huilée, ça se sent et ça se voit dans leur attitude, les musiciens se permettant juste ce qu’il faut de spontanéité pour rendre leur show vivant et amusant à suivre. Les prises de parole du chanteur, Franky DSVD, sont d’ailleurs particulièrement chaleureuses et souvent teintées d’humour comme lorsqu’il annonce en début de concert : « Je vais essayer de parler français malgré le fait  que je sois un ‘’ flamoutch ‘’ (sic). Je ne m’en sors pas trop mal puisque grâce à mon grand-père je regardais des films en français. Je suis certainement le seul Flamand qui connait Fernandel et Bourvil ! »

Étant donné que le combo est là pour défendre son nouvel album, Exit Humanity est représenté ce soir par pas moins de six extraits. Mais les musiciens n’en ont pas pour autant oublié leur passé et leurs tubes sont évidemment de la partie pour le plus grand plaisir de leurs fans, à en juger par les réactions de la foule lorsque sont joués les classiques Fools Parade, Suck My Energy ou encore Black Fuel qui vient achever la soirée en apothéose.

Channel Zero a démontré que sa place parmi les nombreux groupes de metal belge n’est pas usurpée. Devant un public massivement acquis à sa cause, le groupe est venu et a vaincu.

 

QUELQUES IMAGES © MAEVA BRIFFLOT