LES GRIGNOUX EN (DÉ)CONFINEMENT : RENAÎTRE APRES LA PANDÉMIE

Rédaction : Giula Calamia, Giorgia Calamia, Anthony Katone
Photos : Hélène Legrand, Alain Janssens

Paralysé par la crise sanitaire les Grignoux s’efforce de maintenir un lien avec leur public via différentes diffusion en ligne comme la programmation du Cinépilou. Une situation qui tend vers une réouverture prochaine mais qui demande une préparation particulière. Nous revenons avec Laurence Hottart, directrice du Caméo, sur cette dernière année.

Les Grignoux © Hélène Legrand
Les Grignoux © Hélène Legrand
Un an de fermeture…

Comment faire son cinéma en temps de crise ? En s’assurant de garder un lien avec le public pour commencer. Durant le premier confinement, les Grignoux ont surtout cherché à préserver le contact avec les spectateurs grâce aux réseaux sociaux via l’organisation de lives ou encore de quiz. Puis est venue la (brève) réouverture estivale, suivie de la deuxième fermeture. Cette fois, les Grignoux ont saisi l’opportunité de tester de nouveaux formats de diffusion et de partage à distance. On citera la plateforme La vingt-cinquième heure, salle de cinéma virtuelle proposant des films selon votre géolocalisation et grâce à laquelle vous avez peut-être vu Light of my life de Casey Affleck (2019).

À souligner aussi : la participation des Grignoux au festival Imagésanté dont l’édition 100 % digitale a pris lieu notamment dans les locaux désertés du cinéma. Mais c’est surtout le projet Cinépilou qui s’est le plus démarqué en cette période. Tous les vendredis soir (ou presque), laissez entrer le cinéma dans vos chaumières grâce à un film familial à destination des plus petits. Mais l’expérience ne s’arrête pas là : chaque séance peut être poursuivie par des activités ludiques en lien avec le film et soigneusement élaborées par les membres de l’équipe pédagogique d’Écran Noir sur Tableau Blanc.

Et après ?
Les Grignoux Still Standing © Hélène Legrand
Les Grignoux Still Standing © Hélène Legrand

Concurrencé par les nouvelles plateformes de streaming, les salles de cinéma n’ont pu que s’incliner durant cette crise sanitaire face aux nombre croissant de catalogues. « Avec l’essor des plateformes, la salle de cinéma doit apporter plus qu’un film. La rencontre, des débats sociétaux, un cadre agréable. Il faut opérer ce virage là sinon ça ne fonctionnera plus, sauf pour du cinéma grand spectacle destiné au grand écran. » nous explique Laurence Hottart.

Un autre problème s’annonce lors de la reprise concerne la masse film accumulée durant ces mois de fermeture, car si les salles n’ont pu projeter de contenu, les tournages ne se sont pas pour autant arrêtés. « Le problème sera de choisir ! Il y aura trop de films. On travaillera comme on l’a toujours fait, en privilégiant le contact avec les spectateurs via des rencontres et animations. Ce qui est notre valeur ajoutée. Travailler avec des associations spécialisées dans un domaine thématique pour les débats, faire une programmation équilibrée entre films pour les purs cinéphiles et grand public » se préoccupe Laurence. Si l’embouteillage qui s’annonce pourrait être fatal pour la viabilité d’un grand nombre de production, les Grignoux n’augmenteront pas pour autant le rythme de diffusion pour compenser : « Le film a besoin d’un temps en salle pour faire fonctionner le bouche-à-oreille. On ne peut pas rajouter sans cesse de nouvelles productions sans laisser vivre un projet ».

Les grignoux, c’est quoi ?
Cour Sauveniere © Alain Janssens
Cour Sauveniere © Alain Janssens

Les Grignoux est une ASBL en place depuis 1982 et qui, au fur et à mesure de ses initiatives, a investi le territoire liégeois, namurois et bruxellois avec 19 écrans actifs. L’association des Grignoux a pour objectif de promouvoir la culture à travers des valeurs sociales et démocratiques. Elle s’engage également auprès d’autres associations, dans l’éducation permanente pour adultes et dans des activités pour enfants (voir Cinépilou !).

Les films qui y sont diffusés permettent d’avoir accès, pour un prix accessible à tous, à un monde du cinéma alternatif en proposant des productions singulières. Elle possède également trois salles d’exposition et, en des temps plus sereins, propose une cinquantaine de concerts par an. Que ce soit dans son fonctionnement — il faut souligner ici son entreprise autogestionnaire — ou dans sa vocation culturelle, les Grignoux gardent depuis leurs débuts cette volonté de partage et de proximité avec tout un chacun.