GRANDMASTER FLASH, DE LA LÉGENDE À LA SCÈNE

Chronique : Ludovic Minon et Carris Nsinga / Photographies © Marine Rigo

Début mars, Liège a eu l’honneur d’accueillir le légendaire DJ GrandMaster Flash. Fondateur de la culture hip hop, ce DJ ne cesse de brûler des platines du haut de ces 60 balais. Véritable figure incontournable du mix, ce monstre a réussi, l’ombre d’une soirée, à donner un aspect sympathique à une salle pourtant aussi sombre et étroite que la cave de l’oncle Dédé, aménagée en boite de nuit pour épater ses voisins.

Balance ta cave

Le Cadran, on aime ou on n’aime pas. Danser sous terre cerné par autant de jeux de lumière électrisants reste pour certains une expérience parfois presque angoissante. Et cette pente qui n’en finit pas : jusqu’où descend-t-elle exactement ?! Force est cependant d’admettre que le cadre est propice à vivre une véritable apnée musicale. « Sortie définitive, monsieur ! ». De quoi se couper du monde le temps d’une soirée… Ou de prendre une claque de claustrophobie dans la tronche, au choix. Mais le Cadran peut se targuer d’accueillir régulièrement de bonnes grosses fiestas. Où on se marche dessus agréablement. Ajoutez-y une affiche comme celle de la dernière Superfly, et vous aurez un fidèle aperçu de ce que signifie l’expression « bondé massacre ». À l’entrée, on affiche sold-out et le désarroi se lit sur les visages des quelques optimistes désirant se procurer une place à la dernière minute. C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir GrandMaster Flash.

Une chose est certaine : quelque chose de spécial se prépare. La salle brille par sa diversité culturelle et sociale, mais aussi par le côté inter-générationnel de l’événement. Mehdi, 15 ans, l’a compris. Il a donc décidé de tenter sa chance à l’entrée et il a réussi. Le voilà tout seul en plein milieu du grand hangar, aussi émerveillé qu’un gamin dans un magasin de jouet, prêt à accueillir les cuttings, les remixes et scratches du maître.

Jusqu’au bout de la nuit

Attraction majeure de l’événement et raison principale du sold-out, GrandMaster Flash n’est prévu qu’à 1h. D’ici là, on se chauffe, on picole, on danse… Mais pas trop : la foule se préserve, se place et attend. Après le warm-up rondement mené par le DJ organisateur Bernard Dobbeleer suivi de l’univers afro-funk du Liégeois Arno Gomez, la pression monte dans la salle. À l’approche de l’instant fatidique, les danses se font simple houle et le suspens est à son comble. Est-il là ? Est-ce bien lui ? Lorsque la salle est plongée dans le noir, les smartphones prennent immédiatement le relais, sacralisation toute contemporaine d’une légende d’un autre temps.

En guise d’introduction, une vidéo relatant l’histoire de la création de la culture hip hop est diffusée sur grand écran. Le voilà enfin. Le temps est comme figé et les regards sont rivés vers le DJ. Sapé comme un ado des 90’s, le sexagénaire est toujours aussi efficace aux platines. C’est parti pour 30 minutes de mix très techniques où les nombreux cuts et scratches séduisent. Cette première demi-heure de set impressionne à raison : Flash semble venu légitimer son titre de GrandMaster ! À coups de transitions sèches, charcutées mais bien ficelées, il accroche un public qui pourtant peine à s’y retrouver face à cet enchaînement au rythme inhabituel. Les diapositives en arrière-plan nous entraînent dans une visite guidée des différents quartiers de New-York. Dans un premier temps, la sélection musicale met en avant des artistes originaires du Bronx. Ensuite, elle se fait hommage aux rappeurs décédés. Heureusement que ce cours de hip hop n’a pas duré  trop longtemps : on peut enfin danser. La piste de danse est piétinée à n’en plus finir. Cet homme de scène qui s’en donne à coeur joie paraît inépuisable. Et l’audience le suit, réagissant à la moindre note connue et au moindre scratch. C’était gagné d’avance, Flash, mais tout de même : chapeau bas !

Prochaine Superfly ce samedi 7 avril ! Toutes les infos et préventes -> https://www.facebook.com/events/754250861432653/

 

 

QUELQUES IMAGES © MARINE RIGO

 

 

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